Femmes exemplaires … Aicha Bent Abi Bakr (2) : La Mère des croyants






De temps en temps, un de ses compagnons demandait :


"Ô Messager de Dieu, quelle est la personne que tu aimes le plus en ce monde ?" Il ne répondait pas toujours la même chose, car il ressentait un amour énorme pour ses filles et leurs enfants, pour Abou Bakr, Ali , Zayd et son fils Oussama. Mais de ses femmes, la seule qu’il nomma dans de telles circonstances fut Aïcha. Elle l’aimait également énormément et cherchait souvent à se rassurer du fait qu’il l’aimait. Une fois, elle lui demanda "comment est ton amour pour moi ?"


Son amour pour le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était un amour jaloux et elle ne supportait pas que le Prophète ait des égards vis-à-vis des autres, au-delà de ce qu’elle considérait suffisant.


Quelques années plus tard, Aïcha parla de sa jalousie en ces termes : "Je n’étais pas aussi jalouse des femmes du Prophète que je l’étais de Khadija, parce qu’il la mentionnait constamment et parce que Dieu lui avait ordonné de lui annoncer la bonne nouvelle de la disposition pour elle de pierres précieuses dans le Paradis. Et à chaque fois qu’il sacrifiait un mouton, il en envoyait une partie à toute personne ayant fait partie de ses amis intimes. A maintes reprises, je lui ai dit : "On dirait qu’il n’y a jamais eu d’autre femme sur terre à part Khadija".


Malgré cette jalousie qui n’était guère destructrice, Aïcha avait l’âme généreuse et patiente. Elle supporta la pauvreté dans le foyer du Prophète ainsi que la faim qui duraient souvent de longues périodes. Pendant plusieurs jours, aucun feu n’était allumé dans la demeure très pauvrement meublée du Prophète — paix et bénédictions sur lui — pour cuisiner ou préparer du pain, et ils se nourrissaient surtout de dattes et d’eau. La pauvreté ne fut pas une cause d’humiliation ou de chagrin pour elle ; se contenter du peu qu’elle avait, quand cela fut nécessaire, ne troubla en rien son style de vie.


Une fois, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se tint à l’écart de ses femmes pendant un mois, car elles l’avaient chagriné en lui demandant ce qu’il ne possédait pas. Ceci se passa après l’expédition de Khaïbar quand l’accroissement des richesses aiguisa leur appétit pour les présents. Lorsqu’il revint de cette retraite qu’il s’était imposé, il alla tout d’abord chez Aïcha. Elle se réjouit de le voir mais il avait reçu une révélation qui lui imposait de lui donner deux possibilités. Puis il récita les versets :


"O Prophète ! Dis à tes femmes : Si vous désirez la vie de ce bas monde et ses ornements, alors venez et je vous accorderai ces biens, et je vous laisserai libres. Mais si vous recherchez Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà, alors Dieu vous a préparé une immense récompense pour ce que vous avez fait de bien".


La réponse de Aïcha fut la suivante :


"En vérité, je recherche Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà" et sa réponse fut suivie par celles de toutes les autres.

Elle resta fidèle à son choix durant toute la vie du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et après. Plus tard, lorsque les musulmans eurent accès à de grandes richesses, on lui offrit un don de cent mille dirhams. Elle était en état de jeûne lorsqu’elle reçut cet argent et elle le distribua entièrement aux pauvres et aux nécessiteux alors qu’elle n’avait aucune provision chez elle. Peu de temps après, une servante lui dit : "peux-tu acheter de la viande pour un dirham afin de rompre ton jeûne ?". "Si je m’en étais souvenue, je l’aurais fait" dit-elle.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com