Les jeunes, la rentrée et Ramadan: Les études ?… Il faut attendre l’Aïd !






Certains élèves se la coulent douce durant le mois de Ramadan. Ils semblent incapables de donner un plein rendement et de se concentrer tout en étant à jeun. D’autres conçoivent mal le mois de Ramadan sans grasses matinées et école buissonnière. Ils n’arrivent pas à carburer. Avant la rupture du jeûne, ils sont somnolents. Quant aux études, ils les mettent en stand-by en attendant l’Aïd. Les jeunes vont-ils pouvoir concilier entre la rentrée et l’ambiance ramadanesque ?


 


Tunis-Le Quotidien


Mohamed Amine, 17 ans, ne se sent pas du tout prêt pour la reprise. Le jeune homme se sent incapable de concilier entre les études et la rentrée. «Je me sens déjà très fatigué. Après deux semaines de jeûne, je commence à m’affaiblir d’autant plus que les douze premiers jours de Ramadan ont été atrocement chauds. A vrai dire, je ne me sens pas du tout en forme pour la rentrée. Je me suis habitué à me lever tard pour pouvoir résister à quatorze heures de jeûne par jour. A présent, je vais devoir me réveiller beaucoup plus tôt pour joindre l’école à 8h du matin, et cela va m’affaiblir davantage… Franchement, je ne crois pas que je vais assister aux cours. Pour moi, la rentrée, la vraie, aura lieu après l’Aïd. Et puis, l’animation bat son plein tous les soirs. Les grandes avenues ne connaissent pas de répit. Et je ne peux pas résister à la tentation d’autant plus que je suis un fan de l’animation, du karaoké, des cafés, des jeux de cartes, etc. Après la rupture du jeûne et jusqu’à l’aube, je vibre au rythme du programme du soir. Si je vais me coucher de bonne heure, cela sera contre la nature des soirées de ce mois», dit-il.


 


Youssef, 16 ans, partage le même avis. Le jeune homme a tout préparé : fournitures, livres, vêtements, etc. Mais c’est son psychique qui ne suit pas… Il ne se sent pas prêt pour la rentrée. «Je ne sais pas pourquoi les vacances d’été m’ont semblé beaucoup plus courtes que d’habitude et plusieurs de mes amis partagent cet avis. C’est peut-être Ramadan qui nous a donné cette sensation. Cela dit, je n’arrive pas à concevoir encore que les vacances soient bien finies. Et puis l’ambiance de Ramadan n’encourage pas du tout à étudier. Il est difficile d’être en pleine forme le matin lorsqu’on veille jusqu’à une heure tardive le soir. Il est aussi difficile d’être concentré lorsqu’on meurt de faim et qu’on n’a pas pu déguster un bon café le matin. Ramadan, pour moi, rime plutôt avec veillées, farniente et absentéisme. Je ne suis donc pas très enthousiaste à l’idée de reprendre les cours parce que je ne peux rien saisir si je somnole. Je m’efforce bien sûr de comprendre les explications des professeurs. Mais péniblement. Si j’arrive à me concentrer en classe, c’est déjà un grand acquis. Mais je ne crois pas pouvoir y arriver», dit-il.


 


Haythem Arfaoui, a aussi du mal à concilier entre l’envie interminable de dormir et la nécessité de garder ses sens en éveil en classe. «C’est fou ce que je peux avoir envie de dormir pendant le mois de Ramadan ! J’ai pris l’habitude de veiller jusqu’à l’aube et de me réveiller vers 14h. Le rythme de Ramadan ne me permet pas d’étudier comme il se doit et j’ai peur que cela ne se répercute sur mon rendement… Mais pour être franc, il m’est totalement inadmissible de me réveiller à 7 h du matin pour aller étudier. Et puis, si je me réveille aussi tôt, je ne vais sûrement pas pouvoir résister durant une aussi longue journée de jeun. Donc, je crois que je vais faire l’école buissonnière et continuer à profiter des grasses matinées. Après l’Aïd, je vais pouvoir reprendre mes études pour de vrai», dit-il.


 


* Haythem Lâajimi, 17ans, arrive à peine à trouver le temps pour dormir. Le jeune homme a du mal à s’abstenir de profiter des soirées ramadanesques. Ce qui lui donne une mine lugubre de bon matin. «En temps normal on peut aller tous les jours au café et cela n’a rien d’exceptionnel, mais durant le mois saint, cela a un goût vraiment spécial. Il y a une atmosphère très sympathique. Je veille et je rentre assez tard. Si je ne dors pas jusqu’à midi, j’aurais de terribles maux de tête au réveil. Le matin, j’aurai tout le mal du monde à me concentrer en classe surtout durant les premières heures. Et c’est très important d’assimiler les cours en classe, cela facilitera la révision plus tard. Cela dit, je n’arrive pas à avoir toutes mes capacités en classe, surtout que je me suis habitué aux veillées durant la première quinzaine. J’ai beau essayer de dormir plus tôt, je n’ai pas pu ! Je ne pense pas que je vais m’absenter, mais je ne crois pas que je vais assimiler grand-chose pendant ces deux semaines non plus. La vraie rentrée pour moi aura lieu après l’Aïd», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com