Femmes exemplaires … As-Sayyida Nafissa : La petite-fille bénie du Messager de Dieu






Notre dame bénie et purifiée, As-Sayyida Nafissa naquit en 145 A.H. Son père est Abou Mohamed Al-Hassan Al-Anwar Ibn Zayd Al-Abladj Ibn Al-Hassan - le petit-fils du Messager- Ibn Ali Ibn Abi Taleb, qu’Allah soit satisfait d’eux.


As-Sayyida Nafissa grandit dans un milieu imprégné de la bénédiction du Noble Messager, notre bien-aimé Mohamed. Elle passa ses premières années à la Mecque entourée de soins et du respect qui lui sont dus, puis, âgée de cinq ans, son père l’emmena à Médine. Il commença alors à lui prendre ce dont elle avait besoin pour sa vie ici-bas et pour l’au-delà et elle partait à la mosquée du Messager pour écouter les savants du hadîth et pour apprendre la jurisprudence par les jurisconsultes.


Depuis sa plus tendre enfance, son cœur s’attacha au Noble Coran qu’elle récitait régulièrement. Elle se consacra à son apprentissage et finit sa mémorisation en un an et demi. Quant aux actes d’adoration, il est rapporté que notre bien-aimée accomplissait de façon régulière les cinq prières avec ses parents, alors qu’elle n’avait que six ans.


Au fil des années, elle grandit, son corps se renforça, son âme s’éleva et son cœur se raffina. Elle multiplia les actes de piété, jeûnant le matin et priant le soir, recueillie dans son adoration d’Allah et animée par la soif du savoir. Son cœur s’ouvrit aux illuminations divines et s’attacha à la Parole d’Allah et aux hadiths de son grand-père, l’Envoyé d’Allah. Elle apprit et relata des hadiths par son père, les membres de sa famille bénie, et les savants de son époque dont elle apprit également la jurisprudence. C’est ainsi qu’on lui donna un surnom qui resta très célèbre Nafisa’t’ul-ilm, la (dame) au savoir précieux.


La dame honorée dans les deux demeures, As-Sayyida Nafissa, a accompli dans sa vie bénie trente pèlerinages en se rendant à la Mecque la plupart du temps à pieds. Elle marchait ainsi sur les pas de son grand-père l’Imam Al-Husseïn, paix sur lui, qui disait : «J’ai honte d’aller à la rencontre de mon Seigneur sans avoir marché pour cela». La nièce d’As-Sayyida, Zaynab Bent Yahya Al-Moutawwadj (frère de notre bien-aimée) : «j’ai été au service de ma tante pendant quarante ans où je ne l’ai point vu dormir le soir (i.e. elle priait) ou ne pas jeûner pendant la journée, sauf les jours de l’Aïd et ceux du Tachriq. Je lui dis : ne veux-tu pas être plus clémente envers toi-même ? Elle répondit : et comment cela alors que j’ai devant moi des épreuves difficiles qui ne seront surmontées que par ceux qui seront du nombre des réussissants». Et elle disait d’As-Sayyida Nafissa : «Ma tante connaissait par cœur le Coran et son exégèse, et elle récitait le Coran et ses larmes coulaient».


Cette dame pieuse était une ascète désintéressée des vains ornements d’ici-bas et faisant preuve d’une grande observance d’Allah et d’ascétisme, en prenant pour modèle le maître des fils d’Adam, le Sceau de la Prophétie, Mohamed, paix et bénédiction d’Allah sur lui. Malgré les plaisirs et l’abondance qu’elle pouvait trouver dans la maison de son père, le prince de la ville, elle avait opté pour l’ascétisme et une grande simplicité dans la vie. Elle se contentait de peu de nourriture et préférait le jeûne. Elle avait un panier accroché près de l’endroit où elle accomplissait la prière. Lorsqu’elle ressentait faim, elle tendait la main pour en prendre la nourriture. Zaynab, sa nièce, disait : je trouvais chez elle ce qui n’effleurait même pas mon esprit et je ne savais comment elle avait cela. Cela provoqua mon étonnement. C’est alors qu’elle me dit : ô Zaynab, quiconque fait preuve de droiture avec Allah, l’univers entier est dans sa main». On rapporta que dans son ascétisme, il n’y avait pas d’excès, et elle ne s’écartait que des ornements d’ici-bas qui risquent de la détourner de sa fin première qui est la Satisfaction d’Allah et le Cheminement vers Sa Majesté. Elle pensait en permanence à la mort et l’au-delà, si bien qu’elle creusa elle même sa tombe et passa son temps à évoquer Dieu et à accomplir les bonnes œuvres. Elle fut aussi l’épouse attentionnée, fidèle, accordant ses soins à sa famille, si bien que son époux répétait qu’elle est un bienfait certain de Dieu pour lui et que jamais elle n’a négligé le moindre de ses devoirs envers son mari.


En 193 A.H., notre bien-aimée arriva en Egypte. Sa bénédiction et quelques-uns de ses prodiges (karama) furent à peine divulgués, que les habitants d’Egypte se précipitèrent vers la petite fille du Messager cherchant auprès d’elle ses pieuses invocations et sa lumière puisée dans celle de son grand-père. Sa maison ne se vidait que rarement d’une foule qui lui vouait un profond amour. Elle pensa à quitter les lieux pour trouver un endroit calme où elle pourrait se consacrer entièrement à l’adoration d’Allah. Voyant son insistance à partir, les Egyptiens se ruèrent chez le gouverneur d’Egypte, As-Sirrî Ibn Al-Hakam Ibn Youssef. Ce dernier se dirigea vers elle et la supplia de faire preuve de générosité en restant parmi eux. Elle dit : «J’avais l’intention de rester parmi vous, sauf que je suis une femme faible, et la foule s’est rassemblée autour de moi et les gens me rendent visite très fréquemment si bien qu’ils m’empêchent de réciter mes awrads (dhikr) composé de vers et d’invocations et de préparer la Rencontre de l’au-delà. Et ma demeure est si petite pour accueillir cette grande foule et la cour de mon grand-père, l’Elu, paix et bénédiction d’Allah sur lui, me manque énormément». Il répondit : «ô fille du Messager d’Allah, je me charge de mettre fin à ce dont tu te plains. Je m’emploierai à ton confort et ta satisfaction. Et pour ce qui est de ta petite maison, j’ai une grande demeure à Darb As-Siba, et je prends Dieu pour Témoin en te l’offrant, et en te demandant de bien vouloir l’accepter et ne point me décevoir». Après un long silence, elle répondit : «je l’accepte de toi». Puis elle dit : «ô Sirrî, que faire de ces grandes foules et assemblées ?». Il dit : «Tu leur consacres deux jours par semaine pour leurs visites et tu consacres le reste à tes œuvres d’adoration et au service de ton mari. Accorde aux gens le samedi et le mercredi».

(A suivre)


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com