Personnes âgées : La famille doit assumer…





Tunis - Le Quotidien La séminaire de réflexion organisé hier par le CREDIF sur la protection des personnes âgées a souligné le rôle de la famille qui doit préserver la dignité de cette population. Il est un fait que les personnes âgées en Tunisie ne sont pas toujours choyées dans leurs familles. C’est une réalité souvent inavouée certes, mais qui gagne du terrain dans notre société. Afin de se pencher sur la protection de cette catégorie sociale importante, le Centre de Recherche, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF) a organisé hier un séminaire de réflexion qui a réuni des spécialistes en la matière. Il va sans dire que le nombre de personnes âgées en Tunisie a nettement augmenté entre 1966 et 2004. Ce qui est valable chez nous l’est également à l’échelle mondiale. Les statistiques des Nations Unies révèlent que le nombre de personnes âgées de plus soixante ans dans le monde est passé de deux cent millions en 1950 à six cents millions en 2000. Ce chiffre atteindra les deux milliards à l’horizon 2050. A ce niveau, les pays en voie de développement seront particulièrement concernés par cette évolution durant la prochaine décennie. Mais la protection de cette population ne se fait certainement pas en chiffres. Najet Brahmi, juriste, a en effet mis l’accent sur le rôle de la famille. Le législateur a précisé à ce titre que c’est la famille d’abord qui assume la responsabilité d’une personne âgée. Et ensuite, c’est l’Etat qui intervient en tant que forme auxiliaire pour aider la famille à accomplir sa mission. Et Najet Brahmi de préciser qu’il ne s’agit aucunement d’une responsabilité juridique mais plutôt une volonté de préserver la dignité et les droits humains de cette population : “C'est une loi d’ordre impératif pour éviter les pratiques abusives”, a-t-elle souligné. Santé mentale Ces pratiques abusives existent effectivement. Le silence qui entoure cette réalité ne l’exclut pas pour autant. D’ailleurs, un séminaire sur la santé mentale, organisé l’année précédente, a expliqué que les personnes âgées sont souvent violentées morales et physiquement. A propos de cas d’agressions sur les mères, Najet Brahmi a cité hier des exemples qu’elle a rencontrés dans son parcours professionnel. Entre une mère qui refuse de se réconcilier avec son fils devant le juge à cause des atrocités qu’il lui a fait subir et une autre ligotée et torturée par sa propre progéniture, les drames ne finissent pas. Car la prise en charge de ces gens est une question principalement morale et humaine. Si on n’est pas convaincu de ces valeurs, c’est difficile qu’on nous fasse changer d’attitude. Toutefois, Najet Brahmi a soulevé les règles spécifiques relatives à cette prise en charge. Le législateur a différencié entre une personne âgée disposant d’une quelconque aise et une autre démunie de tout moyen. Au premier niveau, c’est à la famille naturelle qu’incombe la responsabilité. Au second niveau, la famille substitut prend la relève. Vient par la suite le rôle de la société qui assure le relais par le biais des centres d’accueil. Mohamed Laroumi Fehri, président de l’association régionale de la protection des personnes âgées, a présenté l’expérience de son institution créée il y a un peu plus de deux ans. Il a souligné l’importance du travail bénévole dans ce cadre. Et l’association d’envisager de lancer un centre de jour en réponse au nombre en augmentation continue de ces personnes. Au lieu que ces gens aillent dans les cafés où ils ne sont pas toujours bien traités ni respectés, ils pourront s’adresser à ce centre où plusieurs activités leur sont dédiées ... M. KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com