Femmes exemplaires … As-Sayyidah Nafisah (2) : La petite-fille bénie du Messager de Dieu





L’Imam Ash-Shâfi’i, qu’Allah lui fasse miséricorde, vint en Egypte. Il fit connaissance d’As-Sayyidah Nafisah et entretint de relations solides avec elle. Ils avaient en commun leurs efforts pour diffuser la lumière de la religion, chacun à sa manière. L’Imam Ash-Shâfi`î avait coutume de lui rendre visite sur son chemin à la mosquée d’Al-Fustât où il enseignait le savoir et sur son chemin de retour. Pendant le mois du Ramadan, il accomplissait les prières du Tarawîh avec elle, dans sa mosquée (la mosquée d’As-Sayyidah Nafisah). L’Imam lui rendait visite en la compagnie de certains de ses amis et disciples, et il insistait, lui qui est un soleil de piété, à ce qu’elle invoque Dieu pour lui en espérant bénéficier de sa bénédiction. Lorsque la maladie l’empêchait d’aller la voir, il lui envoyait un disciple comme Ar-Rabî` al-Jîzî en le chargeant de lui dire : «Ton cousin Ash-Shâfi`î est malade et te demande d’invoquer Dieu pour lui». Elle levait alors les yeux vers le ciel et invoquait Allah, la guérison atteignait l’imam avant même le retour de son disciple. Lorsqu’il fut atteint de la maladie de sa mort, fidèle à son habitude, il lui envoya un messager pour qu’elle prie pour lui. Elle dit au messager : «qu’Allah lui accorde la douceur de regarder Sa Face Honorée». Au retour du messager, l’imam lui demanda ce qu’elle lui avait répondu. Il comprit alors qu’il allait quitter la vie ici-bas et qu’il allait bientôt retourner à Dieu. Il lui demandait qu’elle fasse la prière du défunt sur lui. Il mourût en 204 et au passage de son cercueil porté par la foule devant chez elle, elle pria sur lui et les pieux qui assistèrent à cela pensèrent que la prière d’As-Sayyidah Nafisah sera une miséricorde pour l’imam.


Le grand savant Al-Ajahwarî dit : As-ayyidah Nafisah creusa sa noble tombe elle-même. Elle ordonna sa construction tellement elle languissait pour la rencontre de Son Créateur, témoignant de son désintérêt pour les vains ornements d’ici-bas. [Sa tombe] fut couverte de nuages de miséricorde, elle y descendait pour faire ses œuvres d’adoration, pour évoquer l’au-delà et elle y multipliait les prières surérogatoires. On dit qu’elle y récita le Coran six mille fois et qu’elle a offert la rétribution de cela aux défunts des musulmans.


Zaynab, sa nièce, dit : «Ma tante ressentit une douleur le premier jour du mois de Rajab, et elle écrivit donc une lettre à son mari Al-Mu’taman, qui était absent, où elle lui demanda de venir, car elle ressentait qu’elle allait bientôt quitter la vie ici-bas au profit de l’au-delà. Elle restait dans sa maladie jusqu’au premier vendredi du mois de Ramadan, où sa douleur fut croissante alors qu’elle jeûnait. Les médecins vinrent et lui conseillèrent alors de rompre son jeûne afin de reprendre des forces et mieux combattre la maladie». Elle dit : «Grand est mon étonnement ! Cela fait longtemps que je demande à Dieu de retirer mon âme pendant que je serais à jeun, quelle idée de rompre mon jeûne maintenant, que Dieu m’en préserve». Et elle dit : «Eloignez de moi mon médecin et laissez-moi avec mon Aimé.


Ma langueur pour lui s’est accrue et mon coeur s’est embrasé».


Les médecins s’étonnèrent de la force de sa foi, ils lui demandèrent d’invoquer Dieu pour eux, chose qu’elle fit, et ils s’en allèrent. Puis Zaynab rajouta : «elle resta dans cet état jusqu’à la 2e décade du mois de Ramadan, usée par la maladie jusqu’à son agonie. Elle commença par la récitation de sourate Al-An`âm, elle récita jusqu’au verset : «Dis à Dieu, Il inscrivit sur Lui-même la Miséricorde» et son âme noble retourna à Dieu. On dit qu’elle avait perdit connaissance en récitant «Ils ont auprès de leur Seigneur la Demeure de la Paix et Il est leur Allié pour ce qu’ils œuvraient». Zaynab dit : «je l’ai alors serrée contre ma poitrine, et elle attesta la parole de la Vérité, et son âme retourna à Dieu, Dieu la choisit pour Sa Proximité, et l’a transférée à la Demeure de l’honneur. Cela fut en 208, après la mort de l’Imam Ash-Shâfi`î de 4 ans», qu’Allah leur fasse tous miséricorde.


As-Sayyidah Nafisah avait demandé que ce soit son mari qui se charge d’elle après sa mort. Lorsqu’il arriva de son voyage ce jour, il prépara son cercueil et décida de l’enterrer près de son grand-père, Mohamed, paix et bénédiction de Dieu sur lui. Les habitants d’Egypte le supplièrent de l’enterrer en Egypte et lui ont demandé par Dieu de ne pas l’enterrer ailleurs. Mais il refusa. Ils rassemblèrent une grande fortune et le supplièrent de la laisser parmi eux, mais il refusa. Ils laissèrent l’argent chez lui, et passèrent la nuit un profond chagrin. Lorsqu’il vinrent à lui le matin, ils furent surpris de son comportement : il accepta volontiers de la laisser en Egypte et il leur rendit l’argent. Ils l’interrogèrent sur cela. Il dit : Je vis le Messager d’Allah, paix et bénédiction d’Allah sur lui, en songe et il me dit : «ô Ishâq retourne aux gens leur argent, et enterre-la chez eux». Le cœur des Egyptiens s’emplit de joie et leurs voix s’élevèrent avec «Allahou Akbar».

A sa mort, les gens se sont rassemblés de tous les coins, ils allumèrent les bougies et l’on entendit les pleurs dans toutes les maisons. Un voile de deuil et de tristesse s’abattit sur l’Egypte et une grande foule accomplit la prière sur elle et on l’enterra dans la tombe qu’elle avait creusée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com