Mohyiddîn Ibn Arabî (16) : «Le Seigneur interdit le désespoir… Il efface, Il pardonne, Il est indulgent»





Nous allons encore plus en profondeur dans la pensée de Ibn Arabî, car c’est l’unique manière de saisir le personnage du cheikh dont le cheminement intellectuel n’est pas uniquement un trait de personnalité mais une question d’identité et une raison d’être. Ce sont ses faits d’armes, si l’on ose dire, autant qu’une part importante de soi qu’il a invariablement et ardemment voulu faire passer à la postérité.


Dans le troisième des cinq conseils sur quelque 300 dans les «Futûhât al-Makkiyah» de Ibn Arabî, il souligne avec force que le Seigneur interdit le désespoir, qu’Il efface, qu’Il pardonne et qu’Il est indulgent. Des mots qui tombent comme une bise bienfaisante sur nos âmes tourmentées entre nos innombrables devoirs et nos désirs encore plus innombrables.


Pour parvenir à cette paix de l’âme qui est l’espoir de tous, Ibn Arabî nous objurgue d’avoir la bonne attente (hosn al-zhann) et non la mauvaise au sujet du Seigneur en toute circonstance (fî kolli hâl). Une disposition positive qui nous entraîne, semble-t-il vouloir nous faire comprendre, vers un esprit général enclin au positif et au bien. Dans ses propres paroles, c’est une excursion sereine auprès du Seigneur : «Chasse de toi le propos de celui qui parle d’avoir la mauvaise opinion (zhann) pendant la vie (présente) et la meilleure opinion à l’égard d’Allâh à l’heure de la mort. Chez les savants par Allâh, cette attitude est considérée comme ignorance, eux qui demeurent avec Allâh dans tous leurs souffles et en retirent un profit spirituel.


La science par Allâh t’impose d’accomplir ce qui Lui revient de droit : d’exiger de toi la Foi, conformément à ce verset : «Nous vous avons fait exister dans ce que vous ne savez pas». Il se pourrait qu’Allâh te fît arriver au moment du souffle qui, pensais-tu, provoquerait en toi le processus de la mort et te ferait retourner à Lui, tout en ayant la mauvaise opinion à l’égard de ton Seigneur et que tu Le rencontres alors dans cette disposition.


On rapporte du Prophète -sur lui la Grâce et la Paix d’Allâh- cette nouvelle reçue de son Seigneur, loué soit-il : "Je suis auprès de la pensée que Mon serviteur se fait de Moi. Qu’il pense donc le meilleur de Moi !"


Allâh n’a pas privilégié un temps plutôt qu’un autre. Que ta pensée à l’égard d’Allâh soit empreinte de la connaissance certaine qu’Il efface, pardonne et est indulgent. Allâh t’incite à garder cette pensée à Son égard dans le verset suivant : "O Mes serviteurs qui avez été excessifs envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allâh". Il t’interdit donc le désespoir et tu dois t’abstenir de ce qu’Il défend. Il t’informe ensuite - et Son information est véridique - qu’Il ne tolère pas de dérogation (naskh) qui constituerait un désaveu bien impossible de Sa part. N’a-t-Il pas dit : "Certes, Allâh pardonne tous les péchés», sans spécifier tel ou tel péché. Il a même insisté en ce sens en précisant bien : tous les péchés. Il ajoute : «En vérité, Lui est bien le Très-Pardonneur et le Très-Miséricordieux». Le pronom "Lui" se rapporte à Allâh en tant qu’Il possède ces [deux] attributs attendu que «Sa Miséricorde précède Son Courroux" (selon un hadîth)».


Des paroles divines réconfortantes qui sont comme un baume au cœur, n’est-ce pas ?


 


Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com