Les jeunes et le mauvais usage du GSM : Des pinces sans rire… Juste pour rire





A n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, on peut être dérangé par des appels téléphoniques, en majorité anonymes. Il parait que les jeunes sont les auteurs principaux de ce genre de…désagrément : appels en absence, message grognon, discours téléphoniques inconvenables et parfois injurieux… Pourquoi les jeunes s’adonnent-ils à de telles pratiques ? Jusqu’où peuvent-ils aller dans ce genre de farces de mauvais goût ? Tunis — Le Quotidien Les jeunes peuvent harceler leurs parents et leurs proches pour avoir un téléphone portable. La famille ne met généralement pas beaucoup de temps avant d’accepter. Pour les géniteurs, l’enjeu en vaut la chandelle ne serait-ce que parce qu’un cellulaire pourrait protéger leurs enfants qui seront d’ailleurs joignables à tout moment, ce qui permet aux parents de les contrôler à distance. C’est ce que disent en fait les jeunes pour pouvoir convaincre leurs parents de leur acheter un portable. Or, il parait que cela n’a rien à voir avec leur réelle intention. Pour bon nombre de jeunes qui ne veulent pas être contrôlés, le portable ne servira pas à grand-chose aux parents en tant qu’outil d’espionnage… S’ils tiennent à avoir un cellulaire, ils veulent aussi préserver à tout prix leur liberté. Une liberté qui peut être très mal traduite et qui peut leur faire croire que tout est permis. Dans ce cadre, nombre de jeunes s’adonnent à des pratiques incorrectes. Le cellulaire devient du coup un outil inégalable pour déranger les autres à travers des appels et des messages vraiment impolis. Pourquoi ? Certains disent que c’est juste pour rire, d’autres le font pour se venger de leurs correspondants et entre les uns et les autres, il y a ceux qui ne dérangent que les personnes…aimées ! Tout y passe, mauvaises blagues, énigmes, langage codé, humour noir, photos osées et aussi des injures et des grossièretés. Ce qui compte, c’est de toucher au but. Hamid Ridene, 17 ans, élève, nie toutefois avoir commis de tels actes. Le jeune homme pense que c’est très impoli d’agir avec une manière aussi fruste «je ne peux pas agir de la sorte pour la pure et simple raison que je trouve cela très impoli et puis j’ai moi-même été victime d’un harcèlement par téléphone et si les autres trouvent cela amusant eh bien, ce n’est pas du tout le cas pour moi. Dans ce genre de situations j’ai l’impression qu’il y a quelqu’un qui n’arrête pas de penser à moi, que je suis une idée fixe qui l’obsède et qu’il ne lâche pas même si je ne décroche pas, même si je réponds gentiment ou au contraire avec des propos injurieux. On m’appelle à des heures très tardives et on m’envoie des messages qui ne sont pas du tout plaisants. Si personnellement j’ai vécu ces atrocités, je ne le ferai pas subir aux autres.», dit-il Nader Haj Ali ,18 ans, élève, reconnaît avoir fait quelques “coups bas’’ via le cellulaire. «Oui j’ai appelé plusieurs numéros que je ne connais pas, mais je n’avais pas l’intention de les déranger, ce que je voulais, c’est communiquer avec des inconnus, mais les gens se montrent trop coincés. Il n’y a pas de mal à composer un numéro au pif et essayer de passer un agréable moment, ce n’est pas très différent du chat à mon avis. Hier par exemple, j’ai appelé un numéro russe, la semaine dernière c’était la France et l’Italie et je dois avouer que cela me coûte de l’argent, beaucoup d’argent et il est rare de tomber sur quelqu’un qui a lui aussi envie de parler. Et s’ils refusent de parler avec moi je commence à les déranger via des appels répétitifs juste pour répondre à leur refus et pour faire écouler le temps», dit-il Mehrez, 20 ans, candidat au bac semble être un vrai professionnel du dérangement par téléphone. Le jeune homme n’a jamais pensé aux conséquences de ses actes, et n’a jamais pris en considération non plus l’état dans lequel peuvent être les correspondants «je fais ça juste pour rire et je m’en fous de ce que peuvent sentir les autres. Lorsque je ne trouve rien à faire, je me mets à composer des numéros généralement commençant par l’indicatif “98“. Ce sont les premiers qui ont eu des GSM et ils doivent être aisés pour pouvoir acheter des téléphones et des lignes chers. Je leur fais un bip et ils me rappellent dans la majorité des cas. Là je choisis ce que je veux leur dire. Je leur fais une mauvaise blague, je leur annonce une mauvaise nouvelle, je les tourne en dérision ou je me moque d’eux… C’est pour rire, c’est tout !», avoue-t-il Haythem, 18 ans, ne fait jamais ce genre de choses avec des inconnus. Le jeune homme se paye la tranche de ses amis «je n’oserai jamais tourner en dérision un inconnu, à moins qu’il ne s’agisse d’un règlement de compte. En principe, j’appelle d’un numéro inconnu mes amis juste pour leur faire une blague et pour s’amuser un peu. Il m’arrive aussi d’agir ainsi lorsque l’un de mes amis me boude. Je le torture par téléphone jusqu’à ce qu’il décide de décolérer et ça marche presque tout le temps. Par contre, je ne le fais jamais exprès avec des inconnus, car il faut penser que c’est un acte puni par la loi». Salma, 16 ans, utilise aussi son téléphone pour déranger celui …qu’elle aime ! «Je n’appelle pas les inconnus, mais j’aime jouer de mauvais tours à mes amis, c’est si drôle ! En outre je n’arrête pas de composer le numéro de celui que j’aime et je ne parle pas parce que je ne veux pas qu’il sache que c’est moi surtout qu’on est au même lycée. Mais je ne peux pas m’empêcher de l’appeler même pour écouter sa voix. Et il faut dire que cette envie de l’appeler peut me prendre même à l’aube…», dit-elle Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com