Crise financière : Les Européens règlent leurs comptes avec Washington





Le Quotidien-Agences


Les Européens s'estiment confortés par la crise financière dans leur volonté de renforcer rapidement la surveillance des marchés, face à des Etats-Unis coupables à leurs yeux d'avoir longtemps refusé d'intervenir au nom du libéralisme.


"Nous ne pouvons pas accepter de payer les pots cassés d'une régulation défaillante", a prévenu  le Premier ministre français François Fillon, dont le pays préside l'Union européenne.


"Aux Etats-Unis, les acteurs financiers ont une sérieuse responsabilité dans ce qu'il faut bien appeler un dévoiement du capitalisme", a-t-il ajouté, soulignant que "l'Europe attend des autorités américaines qu'elles prennent leurs responsabilités".


La mobilisation massive de l'argent des contribuables aux Etats-Unis face à la débâcle, la nationalisation de l'assureur AIG au pays du capitalisme roi et les promesses de Washington de mieux réguler à l'avenir les marchés remettent au goût du jour le rôle de l'Etat et la nécessité de ne pas tout laisser au seul marché.


"Je suis assez impressionné de constater que dans le monde anglo-saxon, on traite aujourd'hui les choses de la manière que nous aurions choisie face à ce phénomène", a ironisé cette semaine à Bruxelles le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.


"Ils redécouvrent à présent qu'on a toujours besoin des gouvernements", a-t-il ajouté.


Avant le déclenchement de la crise financière, les pays continentaux de l'UE ont prêché largement dans le vide, dans les forums internationaux comme le G7, en faveur de mesures contraignantes pour discipliner la spéculation financière, notamment celle venant des "hedge funds", des fonds spéculatifs.


Les plaidoyers de l'Allemagne dans ce domaine, début 2007, étaient restés largement vains du fait de l'opposition des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.


La donne a été modifiée avec la crise, et notamment la quasi-faillite de la banque britannique Northern Rock qui a convaincu les Britanniques d'aller de l'avant en Europe.


L'Union européenne examine à l'heure actuelle deux projets phares, l'un visant à encadrer strictement les activités des agences de notation, censées vérifier la solvabilité des emprunteurs, mais accusées aujourd'hui de ne pas avoir fait leur travail.


La Commission européenne a aussi présenté un texte pour mieux coordonner au niveau de l'UE la supervision du secteur de l'assurance.

Un projet similaire pour les banques est attendu dans un mois environ, qui entend amorcer une architecture pan-européenne pour tenir compte des fusions transnationales multiples des dernières années.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com