Boom de l’immobilier en Tunisie: Vers la légalisation de la propriété pour les étrangers





Les autorités tunisiennes s’orientent vers la légalisation de la propriété immobilière pour les étrangers en vue de donner un second souffle au tourisme résidentiel. D’autant plus que les mégaprojets en cours de réalisation devraient aboutir à une surcapacité de l’offre de logements dans les quelques années à venir.


 


Tunis-Le Quotidien


 La légalisation de la propriété immobilière pour les étrangers constituera, selon de sources bien informées au ministère du Développement économique et de la coopération internationale, un résultat logique du boom que connaît le marché de l’immobilier en Tunisie.


Le pays ressemble depuis quelques années à un immense chantier à ciel ouvert. Des dizaines de nouveaux quartiers et des villes entières ont jailli un peu partout, portant à 80 % le taux des ménages propriétaires de leur logement. Un record en la matière pour un petit pays peu nanti en ressources naturelles.


Il y a seulement une vingtaine d’années, la société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) était le seul intervenant sur le marché. Aujourd’hui, le pays compte 1460 promoteurs immobiliers, en majorité des privés.


La multiplication des acteurs réalisation devrait aboutir à une surcapacité de villas et d’appartements surtout qu’on compte actuellement près de 200.00 logements vides, selon les statistiques de la chambre nationale de promoteurs privés relevant de l’Union Tunisienne de l’industrie, du Commerce et de l’Artisanat.


Ainsi, le marché de l’immobilier tunisien soit en passe de devenir l’un des plus dynamiques en Afrique du Nord. Outre les promoteurs locaux, plusieurs groupes étrangers viennent de lancer la construction de complexes touristiques et résidentiels de grand luxe près de Tunis.


Le groupe émirati Sama Dubaï vient de réviser à la hausse ses estimations relatives au coût du mégaprojet immobilier qu’il compte lancer sur les berges du lac sud de Tunis. Initialement, l'investissement était estimé à 14 milliards de dollars et devait couvrir 830 hectares. Désormais, la future "Porte de la Méditerranée", telle qu'elle a été baptisée, qui s'étalera sur 1.000 hectares, coûtera 25 milliards de dinars. C’est ce qu’a dévoilé récemment Farhan Faraïdouni, président exécutif de Sama Dubaï lors de la présentation du projet à la presse, en présence du ministre tunisien de la Coopération internationale et de l'Investissement extérieur, Mohamed Nouri Jouini.


Le projet vise à faire de la Tunisie une destination attractive pour les investisseurs et les touristes africains, moyen-orientaux et européens et les sociétés internationales en quête d'externalisation et d'opportunités off-shore.


Sama Dubaï, qui ouvrira ses bureaux de vente vers la fin d’octobre prochain, ne pourra toutefois vendre des biens immobiliers à des étrangers sans avoir à demander des autorisations préalables du gouvernement tunisien. Une fois achevée d'ici une quinzaine d'années, la nouvelle ville accueillera de 300.000 à 500.000 résidents et environ 100.000 visiteurs par jour, selon les promoteurs du projet.


La Porte de la Méditerranée, qui représente le plus gros investissement direct étranger jamais réalisé en Tunisie, aura un impact positif sur la croissance économique du pays estimé à 0,6 point de plus par an. Le gouvernement tunisien table surtout sur la création de quelque 350.000 emplois une fois le projet finalisé et environ 50.000 emplois durant l'ensemble de la phase de construction


Une autre société émiratie, Al Maâbar International Investments Company, avait annoncé en février dernier un investissement de 11,7 milliards de dinars pour la construction d’un complexe immobilier à l’Ariana, au nord de Tunis. Outre un quartier résidentiel et des centres commerciaux, les promoteurs du projet prévoient la construction d’une cité médicale haut de gamme destinée à améliorer l’offre tunisienne en matière de tourisme de santé.


De son côté, le groupe Abou Khater vient également de lancer la construction d’une cité sportive dans la région du lac nord de Tunis pour un investissement estimé à 5,8 milliards de dinars (3, 2 milliards d’euros).


Le projet conçu sous formes d’îlots entourés comprend neuf centres sportifs de formation dont une académie de football dotée s’un stade d’une capacité de 20.000 spectateurs, un terrain de golf de 88,5 hectares et treize terrains de tennis.


 


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com