Dr. Evgueni Korendiassov, directeur du Centre des relations russo-africaines: « On cherche un partenariat gagnant-gagnant avec l’Afrique »





En visite en Tunisie ces derniers jours, M. Evgueni Korendiassov a présenté au «Quotidien» les grandes lignes de la nouvelle stratégie de la Russie concernant ses relations économiques et scientifiques avec l’Afrique et la Tunisie en particulier.  Interview.


 


Le Quotidien : Quel est l’objectif de votre visite en Tunisie ?


M. Evgueni Korendiassov : Nous sommes ici pour nous renseigner sur les opportunités et les moyens de renforcer nos relations économiques et scientifiques avec la Tunisie en particulier et l’Afrique en général. Notre mission a également pour objectif d’établir les volets prioritaires au niveau de nos relations avec la Tunisie…


En effet, cette mission s’inscrit dans le cadre général de la stratégie russe visant à renforcer ses relations économiques avec les pays africains, et à prospecter de nouveaux marchés pour les investisseurs russes. Nous cherchons un nouveau partenariat gagnant-gagnant avec l’Afrique.


C’est d’ailleurs dans ce même contexte que nous étudions actuellement un projet d’une prise de participation au capital de la Banque Africaine de Développement (BAD) afin de contribuer avec les autres partenaires au développement du continent africain au niveau des différents domaines.


Cette prise de participation aura un impact positif mutuel, puisqu’elle nous permettra d’améliorer nos relations avec les pays africains et notre positionnement au niveau de ce continent, et elle permettra aussi aux partenaires africains de tirer profit du savoir-faire et de l’expérience russes.


 


Quelles sont les ambitions de la Russie en Afrique et en Tunisie ?


Nous pensons que ce n’est plus normal que nos relations économiques soient dépendantes de l’Europe, puisque près de 60 % de nos échanges sont réalisés avec des pays européens. Ainsi, nous croyons qu’il est temps de diversifier nos relations, à travers le renforcement de nos partenariats notamment avec les pays africains.


Il y a, actuellement, un réel potentiel de coopération, aussi bien sur le plan bilatéral que régional entre la Russie et l’Afrique, en particulier au niveau des matières premières, des ressources naturelles... Aujourd’hui, il est plus rentable pour un investisseur russe d’exploiter un gisement en Afrique qu’un autre en Russie. On croit, également, que l’Afrique dispose d’un potentiel énorme de matières premières, et nous essayons d’en tirer profit pour notre développement et aussi celui des pays africains.



Et en contrepartie, quels seraient les bénéfices des pays africains ?


Je disais, tout d’abord, que nous cherchons un partenariat gagnant-gagnant avec l’Afrique. A vrai dire, nous essayons de profiter du potentiel de l’Afrique à tous les niveaux, et en contrepartie, les pays africains pourront bénéficier de notre savoir-faire dans les différents domaines.


Nous allons essayer également de réaliser des projets de développement en Afrique au niveau de certains domaines, notamment l’infrastructure, l’éducation, entre autres, en partenariat avec des pays africains, et nous procèderons, par ailleurs, à la formation des cadres de ces pays.


Nous pensons, en outre, que les investisseurs des deux côtés pourront tirer profit du potentiel d’investissement qui existe aussi bien en Afrique qu’en Russie.


 


Pour ce qui est du volet scientifique, quels sont les projets de coopération prévus dans ce cadre ?


Force est de remarquer que la coopération scientifique entre la Russie et les pays Africains n’est pas aussi développée qu’à l’époque de l’Union Soviétique. On passe, aujourd’hui par une période de transition.


Cela n’empêche que nous avons beaucoup de projets scientifiques communs dans certains pays africains, dont certains ont été réalisés et d’autres sont prévus pour les prochaines années.


 


Et en Tunisie ?


Bien évidemment, nous avons des programmes de partenariat scientifique avec des Universités et des Centres de recherche tunisiens, et nous sommes entrain d’étudier le développement de la coopération au niveau de ce volet avec la Tunisie.


 


Et que pensez-vous des relations économiques tuniso-russes ?


Je crois qu’il demeure de plus en plus important de mettre à profit les opportunités de coopération qui existent entre nos deux pays. Il y a des possibilités de partenariat dans différents domaines en Russie et en Tunisie. Les investisseurs des deux pays sont donc appelés à se rapprocher davantage, afin de tirer profit de ces opportunités. Nous pensons qu’il faudrait organiser davantage de rencontres communes afin de permettre à la classe entrepreneuriale des deux pays de se rapprocher et d’échanger les expériences…


 

Propos recueillis par Mohamed ZGHAL


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com