Femmes exemplaires … Safiyah Bint Huyay (2) : La mère des Croyants





Safiyya accepta immédiatement l’invitation à l’Islam du Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui. Une fois affranchie, il l’épousa. Certains peuvent se demander comment Safiyya put accepter l’Islam et épouser le Prophète - paix et bénédictions sur lui - alors que son père avait été un ennemi acharné et que le sang avait abondamment coulé entre Juifs et Musulmans. On peut trouver des éléments de réponse dans ce que Safiyya relatait de sa jeunesse en tant que fille du chef des Banou An-Nadîr.


Elle - qu’Allah soit satisfait d’elle - disait : "J’étais la favorite de mon père et de mon oncle Yasser. Chaque fois que j’étais en compagnie de l’un de leurs enfants, ils me portaient dans leurs bras. Quand le Messager d’Allah - paix et bénédictions sur lui - arriva à Médine, mon père et mon oncle allèrent le voir. C’était très tôt le matin, entre l’aube et le lever du soleil. Ils revinrent bien plus tard. Ils étaient complètement usés et déprimés, et rentraient d’un pas lourd et lent. Je leur souris comme toujours, mais ni l’un ni l’autre ne fit attention à moi parce qu’ils étaient si misérables. J’ai entendu Abou Yasser demander à mon père :


" - Est-ce lui ?


- Oui c’est bien lui.


- L’as-tu reconnu ? En es-tu sûr ?


- Oh oui ! Je ne l’ai que trop bien reconnu.


- Qu’éprouves-tu à son égard ?


- De l’hostilité ! De l’hostilité à jamais."


Cette conversation fait évidemment référence à la Torah des Juifs. Elle prédisait la venue d’un Prophète qui allait mener ceux qui le suivraient à la victoire. Avant l’arrivée du Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui - à Médine, les Juifs avaient pour habitude de menacer les adorateurs d’idoles de Yathreb à la venue du Messie. Avec lui, ils prétendaient exterminer les tribus qui refusaient de croire en Dieu. Le Prophète Jésus - paix et bénédictions sur lui - avait été clairement décrit dans la Torah sans pour autant être accepté par les Juifs quand il vint à eux. De même, la Torah décrivait clairement le dernier Prophète de sorte que les Juifs puissent le reconnaître aisément. Ainsi Ka`b Al-Ahbâr, l’un des Juifs de l’époque qui avait embrassé l’Islam racontait que ce Prophète était décrit dans la Torah en ces termes :


"Mon serviteur, Ahmad, l’Elu, naîtra à la Mecque puis émigrera vers Médine (ou Tayyibah - une des autres appellations de Yathreb). Sa communauté sera celle qui louera Allah à tout moment".


Amr Ibn Al-As rapportait qu’on peut lire aussi dans la Torah : "O Prophète, Nous t’avons envoyé afin que tu témoignes, que tu apportes la bonne nouvelle, que tu mettes en garde et que tu sois un refuge pour les illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon messager. J’ai fait de toi un soutien pour les gens. Tu n’es ni grossier ni vulgaire, tu ne colportes pas les commérages, tu ne réponds pas au mal par le mal, tu absous plutôt et pardonnes. Allah ne le rappellera à Lui avant d’avoir redressé la communauté déviante. Ce jour-là, elle dira : "Il n’y a d’autre dieu que Lui". Avec lui, les aveugles verront, les sourds entendront et les cœurs scellés s’ouvriront".


Ces passages de la Torah ont convaincu le plus érudit des rabbins juifs, Abdallah Ibn Salâm d’embrasser l’Islam lorsqu’il vit Mohammad - paix et bénédictions sur lui. Ce sont également ces détails qui avaient permis à Houyay Ibn Akhtab de le reconnaître. Toutefois, Houyay comme la majorité des Juifs était profondément déçu que le dernier Prophète - paix et bénédictions sur lui - soit un descendant d'Ismaïl et non d'Ishaq (à savoir les deux fils du Prophète Ibrahim, que la paix soit sur eux). Ils proclamaient être les descendants exclusifs d'Ishaq, par son fils, Ya`qâb (connu également sous le nom d’Israël), qui eut douze fils donnant les douze tribus d’Israël.


Au-delà du refus de l’origine du dernier Prophète, Houyay n’appréciait pas l’idée de perdre son emprise et son pouvoir sur son peuple. C’est pourquoi il était déterminé à secrètement lutter contre le Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui. Lui et les autres chefs juifs concluaient, en effet, des traités de paix avec les Musulmans et se hâtaient de les rompre aussitôt que cela leur semblait favorable de le faire.


Malgré sa parenté avec Houyay, Safiyya avait un cœur pur. Elle avait toujours souhaité adorer son Créateur et Seigneur, Celui qui avait envoyé Moise, Jésus, et enfin Mohammad (que la paix soit sur eux tous). Ainsi, saisit-elle immédiatement l’occasion de suivre le dernier Prophète et de l’épouser. Safiyya avait certes trouvé en Mohamed - paix et bénédictions sur lui - le plus doux et le plus prévenant des époux, sans pour autant être bien acceptée par ses autres épouses, particulièrement à son arrivée. Anas rapporta qu’un jour le Prophète - paix et bénédictions sur lui - trouva Safiyya en train de pleurer. Quand il l’interrogea sur la cause de ses larmes, elle répondit qu’elle avait entendu Hafsa la décrire de façon peu flatteuse comme "une fille de Juif".


Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - rétorqua : "Tu es assurément la fille d’un Prophète (Haroun), la nièce d’un Prophète (Moise), et l’épouse d’un Prophète (Mohamed). Y a-t-il là de quoi être méprisant à ton égard ?" Il dit ensuite à Hafsa : "Ô Hafsa, crains Dieu !"


Un jour, le Prophète voyageait en compagnie de Safiyya et de Zaynab Bent Jahsh. Le chameau de Safiyya se blessa. Zaynab ayant un chameau supplémentaire, le Prophète lui demanda de le donner à Safiyya . Zaynab répondit : "Devrais-je donner à cette Juive ?" De colère, le Prophète - paix et bénédictions sur lui - se détourna d’elle pendant deux ou trois mois afin de lui exprimer son désaccord. Quelques trois années plus tard, quand Mohammad - paix et bénédictions sur lui - arrivait au terme de sa vie, Safiyya compatissait profondément et sincèrement : "Ô Messager d’Allah, si seulement je pouvais souffrir à ta place". Certaines de ses épouses la prirent à la légère ce qui agaça le Prophète. Il s’exclama : "Par Allah, elle dit vrai !"


Même après la mort du Prophète - paix et bénédictions sur lui, elle connut de moments difficiles. Une de ses esclaves alla trouver le Commandeur des Croyants Omar pour lui dire : "Ô Commandeur des Croyants ! Safiyya aime le shabbat et elle conserve des liens avec les Juifs !" Omar s’en enquit auprès de Safiyya qui lui répondit : "Je n’aime plus le shabbat depuis qu’Allah l’a remplacé par le vendredi. Les seuls contacts que j’ai conservés avec les Juifs sont ceux de ma famille". Elle interrogea sa servante pour savoir ce qui l’avait poussée à mentir à Omar. Elle répondit : "C’est le diable" Alors Safiyya l’affranchit.

Safiyya vécut avec le Prophète - paix et bénédictions sur lui - pendant environ quatre ans. Elle n’avait que vingt et un ans quand le Prophète - paix et bénédictions sur lui - mourut. Elle resta veuve les trente neuf années qui suivirent. Elle décéda à son tour en l’an 50 de l’Hégire à l’âge de soixante ans - puisse Dieu être satisfait d’elle.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com