Contrôle d’hygiène: Le ministère de la Santé met le paquet…





Appelés à multiplier les efforts pour faire face à la succession de trois événements très spéciaux, à savoir la rentrée scolaire, Ramadan et l’Aïd, les services d’hygiène relevant du ministère de la Santé publique ont intensifié leurs interventions dans les circuits commerciaux et les milieux scolaires. La nature ainsi que les résultats des actions d’inspection engagées à l’occasion de la rentrée ont été présentées hier par les responsables du ministère.


 


Tunis-Le Quotidien


L’exposé des différents programmes d’intervention élaborés et exécutés par les services de la Santé publique a été fait lors d’un briefing de presse organisé à cet effet, hier matin, au siège du ministère de la Santé publique.


Ainsi, MM. Mabrouk Ndhif et Mongi Hamrouni respectivement directeurs de l’Hygiène et de la Protection de l’Environnement et de la Direction de la Médecine Scolaire et Universitaire ont passé en revue les principaux axes des programmes d’actions de leurs départements respectifs.


Chapitre contrôle sanitaire à l’occasion du mois de Ramadan et de l’avènement de l’Aïd, M. Mabrouk Ndhif a commencé par souligner que l’intervention de son département a démarré un mois avant Ramadan. Les actions de contrôle sanitaire des produits s’inscrivent en fait dans le cadre de l’application d’une note circulaire de juillet 2008. Menées par les services du ministère de la Santé publique en collaboration avec les ministères et les organisations impliquées, elles ont été axées sur les différents niveaux de la chaîne alimentaire. D’après le responsable,  le contrôle a commencé au début du mois d’août. L’intervention a notamment ciblé les industries agroalimentaires, en particulier l’industrie laitière, des conserves et des boissons.


Dès le début du mois du jeûne, le contrôle s’est poursuivi jour et nuit et a couvert tout le territoire national. Touchant tous les maillons de la chaîne commerciale et renforcés par des séances de permanence dans les laboratoires d’analyses et d’hygiène, les quelque 62 970 inspections opérées au cours de la période écoulée de Ramadan se sont soldées par 4440 avertissements, 152 propositions de fermeture . 600 procès ont été par ailleurs entrepris à l’encontre des contrevenants. Cela n’empêchait pas le responsable de signaler des cas d’intoxication . Il a déclaré dans ce cadre que 54 foyers d’empoisonnement alimentaire ont été signalés durant la période s’étalant du 1er janvier et 22 septembre courant. « 44 foyers découverts sont d’ordre  domestique, 5 signalés dans des commerces publics, 2 en milieu scolaire et 2 dans le circuit touristique », précise-t-il.    


Toujours d’après M. Ndhif, ces opérations ont par ailleurs permis de s    aisir et de détruire une quantité globale dépassant 71 tonnes de produits suspects. Auxquels il faut ajouter 2285 litres de boissons (lait, huile, jus…), 1324 pots de yaourt et… 15537 sacs en plastique noir!


En prévision de l’Aïd El Fitr, la direction de l’hygiène et de la protection de l’environnement a d’autre part mobilisé 300 équipes de contrôleurs sanitaires. Avènement de l’Aïd El Fitr oblige, les agents de l’hygiène s’occupent actuellement de passer au peigne fin les différents espaces commercialisant les gâteaux et les jouets. Volet jouets, un bilan provisoire de saisie a été donné. Il s’agit d’à peine 600 articles. Un nombre qui doit certainement se multiplier d’ici la veille de l’Aïd après quoi « le volume définitif des quantités saisies seront communiquées », indique-t-on.


Dans le même cadre, il est important d’évoquer  le phénomène des jouets vendus dans les circuits commerciaux illégaux et qui, souvent, ne répondent pas aux normes de l’hygiène et risquent de causer plusieurs problèmes de santé aux consommateurs. Interrogé sur ce point, le responsable du ministère de la Santé publique a considéré qu’il est très difficile de combattre le fléau lorsque l’intervention est limitée au dernier niveau de la chaîne, représenté par les vendeurs ambulants. «En matière des jouets dangereux, la loi tunisienne est claire ; il est interdit de les importer, de les distribuer et de les commercialiser à l’intérieur du pays », devait-t-il rappeler. Une fois sur le marché, il croit qu’« il devient difficile, voire impossible de mettre la main dessus !»


S’agissant du domaine scolaire et universitaire qui a suscité une attention particulière à l’occasion de la rentrée, M. Mongi Hamrouni, directeur de la médecine scolaire et universitaire a annoncé l’adoption du concept « Ecole Promotrice de Santé».  Ce modèle expérimenté aux USA, depuis 10 ans, avant d’être repris par le Canada et la France et certains pays du Golfe consiste à créer un milieu scolaire dans lequel tous les intervenants œuvrent pour le même objectif, à savoir promouvoir un environnement au sein duquel toutes les commodités nécessaires sont disponibles. D’après M. Hamrouni, ce projet-pilote doit démarrer cette année dans 24 écoles, soit une école dans chaque gouvernorat.


En ce qui concerne l’hygiène dans les restaurants universitaires et les cantines scolaires, le responsable a précisé que l’intervention se fait en amont et en aval de la rentrée. Et d’affirmer que le contrôle des repas offerts aux élèves et étudiants est soumis à une inspection permanente. Et de souligner dans le même sens que durant l’année universitaire écoulée, seulement à deux reprises des repas suspects ont été déclarés.


Quant à la qualité des repas à propos desquels la plupart des étudiants demeurent sceptiques notamment envers l’usage abusif du carbonate de sodium, M. Hamrouni assure que c’est irréel : «Le carbonate de sodium est un fantasme! », note-t-il.


 

Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com