Foued Becheikh : Mélange entre sacré et profane





Du «Tarab», des «Mouachahat», du «Dhikr», Foued Becheikh a su allier tous ces genres musicaux lors de son concert animé à la Maison de la Culture Ibn Rachiq. Malheureusement, le public n’était pas au rendez-vous.


 


Ce fut un concert foncièrement agréable pour ceux qui ont besoin d’un peu de calme pendant les soirées ramadanesques. En effet, l’artiste y a combiné, à la fois, des genres authentiques et romantiques. Quoique donné devant une poignée de fans, ce spectacle était un voyage dans les rythmes chaloupés des chants liturgiques où louanges du prophète, chants traditionnels tunisiens, le «Dhikr» et les rythmes de la Hadhra ont fait un mariage heureux. Accompagné de six instrumentistes, Foued Becheikh connu pour sa voix suave et sa capacité d’interprétation des chants liturgiques et des compositions du patrimoine chansonnier tunisien, a été égal à lui-même, tout au long de ce concert. Pendant une heure et 30 minutes, il a régalé le public d’une bonne douzaine de compositions tirées en grande partie de son dernier album. Le concert a démarré par des notes liturgiques. L’artiste et sa troupe ont enchaîné quatre compositions. «Ya Mokhtar - Ya Mokhtar», «Salat alannabi», des invocations et du «dhikr», ce ton a donné au concert une connotation mystique. Ensuite, l’artiste effectue une douce transition vers des rythmes familiers du tarab. Soudain, il enchaîne quatre autres compositions inspirées des traditions musicales tunisiennes. Dans l’interprétation de ces compositions, il y ajoute toutefois sa touche personnelle. «Bab aleyya», «Chouftou bi ayni», «Habbeitek wahdi», «Houbbi ya ayni», telles sont les chansons du tarab visitées pendant une bonne partie de ce concert. Durant la dernière partie du spectacle, l’artiste a visité quelques compositions des Mouachahat dont certaines sont tirées aussi de son dernier album et d’autres inspirées des chants liturgiques du grand compositeur tunisien Hédi Dounia. Bref, ce concert a été un véritable mélange entre le sacré et le profane et surtout un petit défouloir pour les nostalgiques des chants romantiques, mais également et surtout une réconciliation de ces quelques fans avec les traditionnelles soirées liturgiques du mois de Ramadan. Tel est l’objectif des soirées ramadanesques du Grand Tunis dans lesquelles entre d’ailleurs ce concert. Seule ombre au tableau, le public a brillé par son absence. Cela n’a pas empêché Foued Becheikh d’animer une soirée qui a répondu aux attentes du maigre public ayant pris la peine d’effectuer le déplacement.


 

Ousmane WAGUÉ


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com