Consultation sur l’emploi: Le secteur des TIC créera-t-il 50 000 emplois d’ici fin 2009 ?





Pourquoi la Déclaration du secteur privé à l’occasion du SMSI Tunis 2005 est en train d’être relue avec beaucoup d’attention par tous ceux qui se sentent concernés par la grande Consultation sur l’emploi qui bat aujourd’hui son plein ?


 


Tunis-Le Quotidien


Oui, pourquoi s’intéresse-t-on à ce Blue Print vieux de trois longues années ? C’est très simple, parce qu’il renferme les recommandations des professionnels du secteur des technologies de l’information et de la communication. Recommandations qu’ils estiment de première urgence si la Tunisie souhaite que les ambitions du XIe Plan voient le jour.


Dans son prédécesseur (le Xe Plan) on prévoyait la création de 30 000 postes d’emploi pour les diplômés de l’enseignement supérieur spécialisés en TIC et la contribution du secteur des TIC à hauteur de 7,8% du PIB. Pour la période 2005-2009, le Programme Présidentiel fixe comme cap la création de 50 000 postes d’emploi pour les diplômés en TIC et de porter la contribution à 18% du PIB.


Et la question qui s’impose est évidemment la suivante : Le secteur des TIC créera-t-il 50 000 emplois d’ici fin 2009 ? Une question qui ne fait pas peur aux gens du secteur privé qui y répondent sans sourciller et de manière qui ne laisse aucune ambiguïté sur leur souci que chacun assume sa responsabilité : ‘‘Ces objectifs sont à la portée de notre pays compte tenu des atouts importants dont il dispose, à condition que des mesures encourageant l’innovation, la production de valeur ajoutée, l’investissement et l’emploi dans les TIC se substituent à certains freins identifiés.’’


Voilà, c’est dit ; les gens du secteur privé estiment qu’il existe des freins importants qui compromettraient nos objectifs de 50 000 emplois.


Pour eux, il faut passer par le développement du marché local et l’adaptation des règles des marchés publics aux spécificités de l’économie du savoir si l’on veut vraiment créer ce brio qui permettra de Stimuler et dynamiser le marché local de telle sorte que l’on voit ces 50 000 emplois.


Pour eux, les constatations sont sensiblement les mêmes de 2005 à 2008 avec un marché local des TIC trop étroit pour permettre un développement suffisant du secteur. La taille de ce marché, sans commune mesure avec le potentiel de l’économie nationale, dont la croissance est vigoureuse, est restée limitée à cause de la faiblesse de la commande publique alors qu’elle représente les deux tiers du potentiel de projets TIC, l’absence de cadre juridique pour l’externalisation, la concurrence déloyale de structures techniques publiques à la fois juge et partie, la non concrétisation des projets déjà programmés souvent à cause de l’inefficacité des procédures des marchés publics.


50 000 emplois dites-vous ? Déjà, la déclaration du secteur privé estimait qu’afin d’atteindre les objectifs de développement qu’il s’est fixés en termes d’emploi et d’investissement, l’Etat doit veiller à stimuler la commande publique, dont le potentiel représente les deux tiers du potentiel national des projets dans les TIC, et ce en quantité et en valeur ajoutée locale.


Il doit rapidement engager les grands chantiers de mise à niveau des systèmes d’informations des institutions publiques, y compris les entreprises sous tutelle de l’Etat, de l’industrie, des grands projets d’administration communicante et d’e-gov (e-industry, e-id, e-social-security, e-justice, e-tax, e-learning, e-health, e-procurement, e-culture), s’assurer que toutes les entreprises sous sa tutelle disposent d’un portail web et enfin stimuler le secteur marchand qu’il contrôle, à travers des expériences de commerce électronique.


Coup sur coup, il ne lâche pas le morceau. Les entreprises tunisiennes publiques mettant en œuvre les services de type TIC (développement, ingénierie, intégration, formation, conseil) devraient confier un minimum de 30% du montant total des services TIC à des prestataires locaux. Les grandes structures du secteur public doivent avoir recours à la sous-traitance et ce par la mise en œuvre d’un cadre juridique favorisant l’externalisation au secteur privé. Etant donné l’importance des objectifs assignés au secteur dans le programme présidentiel, il convient d’instituer un conseil supérieur paritaire des TIC (50% public, 50% privé) au service du développement, qui suivra les réalisations, évaluera les performances, décidera des orientations stratégiques, ordonnera les études sectorielles et de positionnement et les actions de mise à niveau de l’environnement. Dans le cadre de la mise à niveau, rendre obligatoire le diagnostic de système informatique et de système d’information, à l’instar des diagnostics financiers, techniques, commerciaux, et marketing afin d’atteindre l’objectif de développement de la compétitivité des entreprises industrielles et de service.


Tout un programme ! Mais à question difficile, réponse difficile. Autrement, comment espérer que le secteur des TIC puisse créer 50 000 emplois d’ici fin 2009?


 


Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com