Quatre mille GI’s tués en Irak : Bush «peiné» mais «s’entête» à poursuivre





Le seuil des 4000 morts américains a été franchi. Le président américain doit bientôt décider s'il poursuit la baisse des effectifs en Irak ou s'il les maintient à leur niveau actuel.


Le Quotidien-Agences
Le président George Bush est attristé par la mort de chacun des 4.000 militaires américains tués ces cinq dernières années en Irak mais résolu à ce qu'ils ne soient pas tombés pour rien, a fait savoir la Maison-Blanche.
"C'est un moment de gravité", a reconnu Dana Perino, porte-parole de la Maison-Blanche, après la mort de quatre militaires la veille au soir au sud de Bagdad, qui a porté à 4.000 morts les pertes militaires américaines depuis l'invasion de mars 2003.
"Le président ressent chacune de ces morts très fortement et il est peiné pour les familles", a-t-elle précisé, tout en exprimant la détermination du président américain à ne pas changer de cap.
"Une des choses que lui disent les familles des disparus est qu'elles veulent qu'il conduise le pays à mener à bien sa mission, et il est résolu à le faire", a-t-elle affirmé. "Il veut qu'elles sachent que leurs sacrifices n'auront pas été vains."
Bush a présidé hier une réunion du Conseil national de sécurité et attend sous peu un point sur la guerre du commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, et de l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker.
Le président doit décider s'il y a lieu de continuer à réduire les effectifs américains en Irak ou de les maintenir au niveau de 130.000 hommes qui prévalait avant l'envoi il y a un an des 30.000 hommes supplémentaires crédités d'avoir contribué à faire baisser les violences.


Bush ne regrette rien
Bien que purement symbolique, le franchissement du seuil de 4.000 morts américains en Irak pourrait déclencher un nouveau débat aux États-Unis, en pleine campagne des primaires, estime Anthony Cordesman, expert de l'Irak au centre d'études stratégiques et internationales de Washington.
"Ceux qui sont contre la guerre y verront une nouvelle raison d'y mettre fin. Ceux qui la soutiennent insisteront sur les progrès militaires et affirmeront qu'à l'avenir, les victimes seront moins nombreuses", dit-il.
Les prétendants démocrates Hillary Clinton et Barack Obama ont promis, s'ils sont élus, un calendrier de retrait des "boys". Le futur candidat républicain John McCain reste partisan du maintien de la présence militaire américaine en Irak.
Dans son discours marquant le cinquième anniversaire du début de la guerre, le 20 mars 2003, le président George Bush avait estimé jeudi que le retrait des troupes favoriserait Al Qaïda et l'Iran.
Il avait dit "ne rien regretter" de sa décision de déclencher la guerre, qui a fait plonger sa cote de popularité au fil des années, tout en admettant un "coût humain et financier élevé".
Bush a lancé la guerre en espérant une victoire rapide avec un minimum de pertes. En mai 2003, il annonçait la fin des principales opérations de combat sous une banderole "Mission accomplie", mais l'armée américaine s'enlisait dans les mois suivants face à l'insurrection.
"Je doute que le cap des 4.000 ait le même impact que celui des 3.000. La vision à l'époque était que les choses allaient empirer", estime Stephen Biddle, chercheur au Conseil des relations étrangères à Washington.
"Aujourd'hui, par contraste, la perception générale de l'Irak par l'opinion publique est moins négative et la couverture médiatique au cours des six derniers mois s'est concentrée sur la réduction de la violence et des pertes américaines".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com