TV : Une fusion d’amour ou de divorce ?
Gagner en audience, c’est comme ce vilain virus de jalousie qui conduit aveuglément et droit au mur des gens sages pour des comportements bizarres. Même entre frères et surs ! C’est cette autre loi de tuer pour pouvoir exister. Un peu comme l’histoire de Caïn et Abel. De vie, d’envie et de mort. Ainsi a voulu faire T7 du destin de sa petite T21. Mais au final, c’est le meilleur qui gagne sur le terrain. Et sans aucun doute.
Il nous arrive très souvent de fermer l’il sur une pile d’anomalies qui pullulent, en toutes saisons, dans les programmes de notre chaîne nationale de télévision. Nous avons dû passer des choses
et des années de vaches maigres avalant ainsi et sans eau une poignée de comprimés -qui nous reste dans la gorge- contre l’amertume du vide culturel dans nos murs. Avec des feuilletons et des passages médiocres sur le petit écran, d’aucune étoffe, et qui n’avancent absolument en rien. Sauf d’avancer à reculons et vers nulle part. Les téléspectateurs, contraints et contrits, ont dû très souvent zapper pour aller vers d’autres chaînes concurrentes, mieux constituées et plus intéressantes. Le pire c’est que des chaînes faites par des professionnels sont en train de naître tous les jours comme des champignons. Vive le satellite ! Les années et les saisons de routine coulent et passent en douce laissant les gens croire (et rêver) que les choses allaient changer de mine avec des responsables et des jeunes qui ont un peu de jugeote et la tête bien entre les épaules.
Rêver ! Oui. Pourquoi pas ? Et l’on a vu que c’est possible. Pour une fois, nous avons remarqué de l’impartialité dans l’air et constaté du bon travail chez des artistes. Pratiquement, tous ou presque ont eu cette année la chance de créer et de figurer à la télé. Et c’est tant mieux ainsi. Pour une fois, on peut se vanter de quelques productions qui se respectent plus ou moins, où il y a une pincée de recherche, un trait de créativité et une fourchette d’humour décapant qui accrochent les téléspectateurs, les tenant chevillés sur leur canapé chaque soir, rien que par les histoires tirées de leur quotidien. Il y a eu donc une sorte de réveil, une prise de conscience pour tous les goûts. Et chacun a bien eu sa dose le long de ce mois Saint.
Sa dose, c’est sa part de droit. Car ces productions sont, au final, financées par l’argent public. C’est-à-dire par les contribuables et la facture que payent les concitoyens à la STEG fait foi. Ces contribuables ont tous les droits de contester et de dire que ceci est bon ou n’est pas bon.
Pour revenir à nos brebis et au vif du sujet, ceux qui affectionnent l’humour n’ont pas eu de quoi se plaindre. Le Mois Saint a été tantôt ponctué par de l’humour intelligent, tantôt rythmé par un autre humour débile et peu intéressant. Un peu limité, mais c’est de l’humour quand même et il a son propre public malheureusement.
Pour les mordus des feuilletons, rares parmi eux ceux qui n’ont pas trouvé du bonheur en suivant une panoplie d’épisodes qui racontent des scènes de vie. Des scènes de notre vie. Et tout le monde s’est presque dit que tout va et (ira) pour le mieux.
Pas vraiment !
Les surs ennemies
Durant la première quinzaine de Ramadan, tout allait à merveille dans la répartition du programme entre les deux chaînes publiques. T7 et T21 ont accordé leurs violons et ont fait de sorte que les spectateurs ne ratent rien du puzzle de leur Choufli hal et de Sayd Errim. Le premier passe léger et tout en humour, au milieu de la nuit, sur la première. Quant au second, qui saisit de plus en plus les gens de la classe moyenne, grandement concernée par l’histoire qui est un peu la leur, est diffusé sur la seconde. La chaîne cadette, au moment où on débarrasse la table des mets et des plaisirs du ventre.
Tout le monde a cru que les deux «surs» s’étaient concertées et avaient mis leur pendule à l’heure, se relayant sagement, respectueusement comme des adultes avec leurs deux feuilletons à succès.
Apparemment, l’audience à T7 vers 19h30 et plus a reculé d’un cran au profit de T21. Sayd Errim magnétise petits et grands, riches et moins riches, attire de plus en plus les Tunisiens Soudainement et sans prévenir et respecter quiconque, on en décide autrement et on bascule le tout. On change l’horaire et on avance la transmission de Choufli hal, seul produit qui peut concurrencer, bousculer, déranger sinon gêner la petite sur. Pas l’ombre d’une petite annonce sur la bande générique. Pas un mot sur les journaux. Rien ne dit qu’il y a eu avance ou retard dans toute la grille et tout continue comme si rien ne s’est vraiment passé.
Déduction : un public non averti, pris pour dupe ou pour imbécile heureux et qui n’a aucun poids devant ces gens costauds qui décident à leur guise de faire ce qu’ils ont en tête sans respecter l’opinion publique. L’avis de ces gens qui payent les frais sans être bien servis ne compte pas. D’ailleurs, il n’a jamais compté chez nous
Une chaîne adulte, vieille d’au moins d’une quarantaine d’années, qui impose avec tout son poids sa forte loi, se comportant de la sorte, sans multiplier les efforts pour être mieux cotée et gagner davantage en audience et en crédibilité. Mais aller jusqu’à perturber sa petite sur qui revient à la même maison, ceci est inadmissible !
Morale de l’histoire : On aurait bien compris la chose si c’était contre une autre chaîne privée. Mais là, ça nous donne des idées sur ce qui se passe dans les coulisses de notre chaîne nationale. Bien aimée. Un minimum de respect s’il vous plaît pour tous ces gens qui aiment leur télé.
A bon entendeur !
Z. ABID

