Le compte à rebours a commencé
L’Etat hébreu vient de lancer des nouvelles diatribes contre le Hezbollah et la Syrie qu’il menace de «destruction énorme» en cas du moindre incident.
«Ce qui s’est passé à Beyrouth en 2006 se produira dans chaque village d’où l’on tire contre Israël», a affirmé le général Gadi Eisenkott, commandant en chef de la région militaire nord d’Israël, en allusion au bombardement massif lancé par Israël contre le QG du Hezbollah dans la capitale libanaise durant le conflit qui les ont opposés entre le 12 juillet et le 14 août 2006.
«Tout ce que j’ai dit concernant le Hezbollah sur une riposte dure, s’applique encore davantage à la Syrie”, a-t-il ajouté.
Un discours déjà entendu, seulement il prend cette fois-ci une nouvelle signification surtout lorsqu’on essaye de le lire à travers les derniers développements dans la région.
Ces déclarations interviennent, en effet, au moment où on évoquait des pourparlers syro-israéliens, sous l’égide de la Turquie. Au moment aussi où des progrès politiques significatifs sont observés au Liban.
Il va donc sans dire qu’Israël, passé maître d’art en termes de basses manigances, veut par cette nouvelle escalade verbale torpiller ces nouvelles avancées.
Mais ce qui paraît être encore plus évident c’est qu’Israël veut, à travers ce discours, lancer une mise en garde aux deux alliés proclamés de l’Iran dans la région sur une éventuelle implication de la Syrie et du Hezbollah en cas d’agression israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.
Cela n’est d’ailleurs plus un secret pour personne qu’Israël s’active d’arrache-pied pour une guerre contre l’Iran. Selon des indiscrétions parues dans la presse américaine et israélienne, Tel-Aviv n’attend que le feu vert américain pour lancer l’assaut, la machine de guerre étant fin prête depuis, dit-on, mars dernier.
Hier encore l’armée israélienne a indiqué qu’elle allait installer deux antennes-radars géantes dans le désert du Néguev (sud) dans le cadre de son dispositif de guerre contre l’Iran.
Or, le plus nul des stratèges sait très bien qu’Israël ne peut en aucun cas se mobiliser contre l’Iran sans baliser son front nord. L’armée israélienne qui fait l’amer constat de sa débâcle contre le Hezbollah sait très bien qu’aussi bien ce dernier que la Syrie ne resteront pas les bras croisés.
De ce point de vue, cette mise en garde du général israélien n’est qu’un avant-propos, les premières indications que l’armée israélienne est bel est bien résolue à attaquer l’Iran. Et pour elle le temps presse. Il s’agit de le faire maintenant au moment où il y a un flottement côté américain en attendant l’élection du nouveau président.
Qu’on se prépare, le compte à rebours a commencé!
M.A.B.R.

