Emploi : cherche profs désespérément !





Qui a dit que les métiers ‘‘littéraires’’ étaient en perte de vitesse ? A l’heure où de grandes interrogations s’imposent à la Tunisie sur les questions de l’emploi et que se présentent à elle des choix très délicats dans les métiers qui auront désormais le vent en poupe, cette question sur les cursus ‘‘littéraires’’ semblent enclins à prendre une tout autre ampleur ou, du moins, à susciter de la tempérance et de la réflexion.


Une incitation à réfléchir de nouveau et à laquelle nous invitent les dernières estimations de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) où elle soutient que la pénurie d'enseignants qualifiés demeure un problème crucial à travers le monde et qu’il faudrait recruter 18 millions d'enseignants supplémentaires pour parvenir à répondre aux besoins de l'enseignement primaire universel d'ici 2015.


Attention, examinons les projections de l’UNESCO et demandons-nous si la Tunisie est capable de transformer cette réalité en puissante opportunité d’emploi (‘‘à l’export’’, qui plus est !).


C’est à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque année le 5 octobre, que l'UNESCO a choisi cette année de mettre l'accent sur la nécessité de développer des politiques éducatives en direction des enseignants, seules capables d'assurer un recrutement durable et de qualité. L’UNESCO souligne même des régions où le problème sera encore plus grave, comme elle le prévoit pour le continent africain où les besoins sont particulièrement criants. Il aurait ainsi besoin de 3,8 millions d'enseignants supplémentaires pour satisfaire à l'enseignement primaire universel. Ce déficit d'instituteurs se traduit dans des pays comme le Rwanda ou le Mozambique par des classes qui peuvent atteindre jusqu'à 60 élèves. Or, il est généralement admis qu'au delà de 40 élèves, l'éducation ne peut être dispensée correctement.


L’UNESCO enfonce encore le clou en annonçant que, même lorsque le nombre global d'enseignants est suffisant, certaines zones isolées et défavorisées peuvent être confrontées à des problèmes tenaces de recrutement et de maintien en poste des enseignants.


Une pénurie d'enseignants qualifiés qui est l'un des plus grands défis à relever pour atteindre les objectifs de l'Education pour tous. Mais le problème n'est pas seulement quantitatif. L'insuffisance de la formation est aussi un lourd handicap. Selon l’Institut de statistique de l'UNESCO, dans les pays en développement, il n'est pas rare de trouver des maîtres dont le niveau ne dépasse pas le deuxième cycle du secondaire.


Comment pouvons-nous répondre à cette perspective indéniable de recrutement de professeurs en nombre suffisant et ayant une formation de qualité ?


C’est à partir d’aujourd’hui qu’il faudrait peser la situation et décider si nous pouvons nous positionner sur ce créneau et si notre système est capable de proposer ‘‘à l’exportation’’ des enseignants suffisamment ‘‘compétitifs’’ pour imposer des Tunisiens et des Tunisiennes sur le marché. Et il ne faudrait pas, non plus, nous bercer d’illusions si nous ne pouvons pas présenter une telle compétitivité car beaucoup de pays vont être sur le coup et la concurrence sera rude.


 


Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com