Crise financière: L’Europe veut mettre les pendules à l’heure





Les quatre pays européens du G8 se sont réunis hier à Paris pour remettre un peu d'ordre et arracher une stratégie commune à des partenaires européens apparus désunis face à la crise financière internationale.


 


Le Quotidien-Agences


Au lendemain de l'adoption du vaste plan de sauvetage des banques américaines, le président français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE) a reçu hier après-midi à l'Elysée la chancelière allemande Angela Merkel, le président du conseil italien Silvio Berlusconi et le Premier ministre britannique Gordon Brown.


Les présidents de la Commission européenne José Manuel Barroso, de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet ont également été présents.


"Le résultat escompté, c'est clairement beaucoup plus de coordination", a déclaré la ministre française de l'Economie Christine Lagarde.


Le sommet constitue la première étape de l'hypothétique "remise à plat" du système financier international que Sarkozy a proposée à ses pairs, à l'occasion d'un sommet du G8 éventuellement élargi à la Chine ou l'Inde et qui pourrait se tenir en novembre.


A ce stade, il ne devrait pas accoucher de mesures concrètes. Le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Puttering, a tenu à rappeler hier à Madrid que ce "G4" ne pouvait servir qu'à faire des propositions et que les véritables décisions devaient être prises à 27.


"C'est une réunion des Européens du G8 pour préparer les échéances internationales à venir", prend-on soin de préciser dans l'entourage du président français. "On va parler de la crise financière, de ce que l'on peut faire, on va essayer d'élaborer une position européenne commune sur ces sujets. On ne va pas sauver la planète".


En ordre dispersé


D'autant que la préparation de la réunion, particulièrement délicate, a fait éclater au grand jour de sérieuses divergences entre les 27 sur les remèdes à utiliser pour protéger le système financier européen.


L'idée avancée jeudi par la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, dans un journal allemand, de constituer un fonds européen de sauvetage des banques, projet pour lequel un montant de 300 milliards d'euros a été cité, a été accueillie par un tir de barrage.


Pas question d'"accorder des chèques en blanc aux banques, qu'elles se soient comportées de manière responsable ou pas", a vertement répliqué Merkel, qui préfère réagir "au cas par cas".


L'idée d'un tel fonds a également été rejetée par Trichet et Juncker. Quant à Gordon Brown, s'il a reconnu que la crise financière avait une "dimension européenne", il a jugé "normal" que des solutions soient recherchées au niveau de chaque pays.


La décision de Dublin d'offrir une garantie de deux ans sur tous les dépôts dans les six grandes banques irlandaises a suscité la réprobation des autres pays européens. Le sommet devrait d'ailleurs adresser au moins un message implicite aux Irlandais, selon un diplomate français.


A défaut d'un plan unique, les Européens souhaitent harmoniser leurs réponses à la crise. "L'intérêt européen commande un effort intense de coordination et de convergence des actions à mener", a écrit vendredi Sarkozy dans une lettre à Barroso, également adressée aux vingt-six partenaires de la France dans l'UE.

Dès demain, la Commission de Bruxelles doit proposer aux ministres de l'Economie des 27 une série de mesures. Parmi lesquelles, une meilleure réglementation des rémunérations des dirigeants d'entreprise, notamment les "parachutes dorés", cibles de critiques après les récentes nationalisations de banques.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com