Les jeunes et la reprise des cours : C’est la rentrée la vraie !
Fini Ramadan, les veillées, la somnolence, l’école buissonnière et l’absentéisme, les jeunes vont devoir mettre les bouchées doubles à présent pour la reprise des cours. Ils sont également redevables de changer leur rythme de vie après quatre mois (ou presque) de farniente. Hier, tous les établissements scolaires ont rouvert leurs portes aux élèves et étudiants. Plusieurs parmi ces derniers considèrent cette journée comme celle de la rentrée, la vraie. Nombreux sont ceux qui se sentent enthousiastes à l’idée de se mettre enfin au travail. Certains semblent, toutefois, marcher au pas de tortue. L’été et Ramadan leur laissent un arrière-goût de lourdeur et il va leur falloir encore du temps pour rompre avec la lenteur et la paresse Témoignages.
Tunis-Le Quotidien
Après la courte trêve de l’Aïd, les jeunes gens reprennent leurs cours. La majorité des élèves ont l’impression d’inaugurer la saison scolaire actuellement. La première quinzaine d’études ne leur a pas permis de démarrer l’année normalement.
C’est ce que confirme Emna, 18 ans, élève en troisième. La jeune fille n’a rien pu assimiler durant la première quinzaine. «Pour être franche, je ne me sentais pas du tout prête pour la rentrée en septembre. La deuxième quinzaine de Ramadan a toujours été pour moi synonyme de veillées, de soirées et de fêtes Je n’étais pas prête psychiquement au travail. D’ailleurs, j’arrivais en classe les yeux mi-clos. Tout ce à quoi je pensais, c’était les heures de sommeil manquantes que je voulais récupérer, les crampes à l’estomac et la gorge sèche. Etudier dans de telles conditions était quasiment impossible ! Je n’arrivais pas du tout à me concentrer en classe. Je poussais des bâillements répétitifs à m’en décrocher la mâchoire. C’était atroce et quoi que je fasse, il m’était impossible de me concentrer tellement j’avais sommeil. Mais je n’étais pas la seule à être dans un tel état ! Pratiquement tous les élèves somnolaient Les professeurs aussi d’ailleurs ! Et ce, sans parler du taux d’absences et de ceux qui faisaient l’école buissonnière», dit-elle.
Hend, élève de 18 ans, partage le même avis. La jeune fille reconnaît aussi qu’elle n’a pas été vraiment présente en classe. «Ouf, on va finalement commencer à étudier comme il se doit. Durant ces deux dernières semaines de jeûne, je ne pouvais pas me concentrer en classe. Je ne pouvais même pas entendre les enseignants. Il y avait une sorte de bourdonnement dans ma tête qui rendait la concentration impossible. Les enseignants à leur tour, avaient l’air très fatigués. Et ce qui rendait la tâche encore plus difficile c’était l’atrocité de la chaleur. De plus, la moitié des élèves faisaient l’école buissonnière, les autres arrivaient toujours en retard. C’est toujours négatif d’avoir un mauvais départ. On a l’impression d’avoir perdu ces deux semaines en vain. Heureusement qu’on n’a pas raté grand-chose. C’est à peine si les cours ont commencé. Cela reste donc récupérable moyennant quelques efforts supplémentaires ces jours-ci. En tous cas, je suis très heureuse de pouvoir me mettre enfin au travail Il est grand temps», dit-elle
Emir, étudiant de 20 ans, n’a pas l’impression d’avoir raté ces premiers cours. Le jeune homme très enthousiaste d’étudier enfin la spécialité qu’il aime s’est donné à fond, défiant la chaleur, la soif et la somnolence. «J’ai essayé tant bien que mal de vaincre la faim, la fatigue et l’assoupissement durant Ramadan. Je suis la formation dont j’ai toujours rêvé et je ne pouvais pas me permettre un faux départ sinon je risquerais de «boiter» pendant une bonne période. N’empêche que je n’ai pas pu être à jour. Je compte bien récupérer dans les jours à venir», dit-il.
Karim, élève de 16 ans, ne se sent toujours pas prêt pour la reprise. «Certes, c’est actuellement qu’on peut parler de la vraie rentrée. Mais j’ai encore du mal à démarrer ! Je n’ai pas pu assister aux cours durant les deux semaines dernières. Je veillais presque jusqu’à l’aube et je ne pouvais vraiment pas me lever du lit le matin ! Je faisais très souvent l’école buissonnière pour me payer des heures supplémentaires de sommeil. Il va falloir que je fasse preuve de plus de sérieux à présent, mais cela ne va pas être facile parce que je suis encore gagné par une sensation de lourdeur», dit-il.
Abderraouf, élève de 17 ans, avoue ne pas pouvoir carburer s’il a faim ou s’il manque de sommeil. «Lorsque j’ai un creux à l’estomac, je «tombe en panne» ! Je n’assimile plus rien. Lorsque je suis fatigué, que je manque de sommeil et que je ne me suis pas dopé avec une bonne tasse de café, je n’arrive pas à ouvrir les yeux. Bref, la rentrée cette année, c’était la cata ! Et puis je veillais au café jusqu’à une heure tardive et je me réveillais tout le temps avec une tête à faire peur. C’est maintenant qu’on peut parler de la vraie rentrée. Les jours passés, ce n’était que rodage’’», dit-il.
Abir CHEMLI

