Défi planétaire…

La terrible crise financière, qui s’est déclenchée aux Etats-Unis, se répand comme une trainée de poudre à travers l’ensemble de la planète. Peu ou prou, les bourses européennes et asiatiques accusent en effet le coup et subissent de plein fouet les effets pervers de cette crise qui n’a pas encore fini de révéler toutes ses mauvaises surprises. A la Bourse de Paris, le CAC 40 a ainsi plongé de 6,2%, hier, en fin de matinée, retrouvant du coup son plus bas niveau depuis janvier 2005. Logée à la même mauvaise enseigne, la Bourse de Vienne déplore une baisse de 8,4% contre une chute libre de 15,4% pour la Bourse de Moscou où les échanges ont été suspendus sur les deux principaux marchés.

En Asie, la situation n’est guère plus reluisante. C’est ainsi que l’indice Nikkeï japonais a perdu, hier, 4,25% atteignant son plus bas niveau depuis quatre ans et demi, au moment où à Hong Kong et en Chine, le Hang Seng et l’indice de la Bourse de Shanghaï fléchissaient respectivement de 4,3% et de 5,23%

Last but not least, les Bourses arabes du Golfe n’ont pas été également épargnées par cette déferlante baissière qui ne semble pas près de connaître son épilogue. L’adoption du plan Paulson, vendredi dernier, par la Chambre des représentants américains n’a  visiblement pas réussi à calmer les investisseurs, d’où le risque majeur d’assister dans les jours à venir à des faillites en cascade d’institutions financières, si une stratégie efficace commune n’est pas mise en place par les gouvernements dans les plus brefs délais.

Faute de permettre de manière effective la libre circulation des marchandises et des personnes comme elle l’avait promis, la mondialisation aura été finalement un remarquable vecteur de transmission de crises. Celles-ci sont de plus en plus redoutables et n’épargnent plus aucun secteur. De la flambée spectaculaire des prix du pétrole et des matières premières, au renchérissement sans précédent des cours des céréales sur le marché international, les marasmes se succèdent en effet depuis quelque temps à un rythme à couper littéralement le souffle. Que faire pour s’en sortir à bon compte et connaître le bout du tunnel?

Partant de l’évidence qu’il y a péril en la demeure , le monde a plus que jamais besoin de consacrer la solidarité et l’unité pour dépasser ce mauvais cap.

La crise financière actuelle, qui est la conséquence logique et attendue d’un libéralisme à tout crin régissant l’économie mondiale, nous rappelle en fait l’extrême urgence d’instaurer un nouveau système financier multilatéral, résolument plus contrôlé et doté nécessairement de garde-fous pour éviter, autant que faire se peut, des krachs aussi destructeurs. De même qu’on gagnerait énormément dans la foulée à jeter les bases d’une mondialisation à visage plus humain.

La globalisation, dans sa configuration actuelle, qui s’est développée au détriment des populations les plus vulnérables, constitue en effet une véritable bombe à retardement, dont on commence à mesurer la portée désastreuse.

 

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com