Les jeunes et la morale: Le bien finira par l’emporter

Plusieurs comportements sont inhérents à la période juvénile : frime, opportunisme, trahison, etc. Ceux, honnêtes et réglos, se font de plus en plus rares. Nous assistons à une quasi-métamorphose des valeurs, des croyances et des principes chez bon nombre de jeunes gens. Les uns croient  à cet effet, que la fin justifie toujours les moyens… Les autres ne sont guidés que par leurs pulsions et donnent libre cours à leurs instincts. Peu importe si, au passage, ils piétinent nombre de règles de conduite. Où est-ce que les jeunes placent-ils justement la morale ? Croient-ils aux valeurs ? Et comment traduisent-ils cette tendance malhonnête et matérialiste chez leurs pairs ?

 

Tunis-Le Quotidien

Mensonge, boniments, trahison, frime, calcul, plusieurs jeunes, pourtant censés être encore en âge innocent, savent comment cacher leur jeux. Ils peuvent user de tous les moyens pour parvenir à leur fin foulant aux pieds principes et valeurs.

 

Aymen, élève de 18 ans, confirme ce constat. Le jeune homme pense que les personnes honnêtes sont une denrée très rare de nos jours. «Si la malhonnêteté existe ? Ô que oui ! Je peux même confirmer que ce sont les personnes immorales qui dominent à présent. Mais je ne peux pas dire non plus que les bonnes personnes n’existent plus. Le bien continue d’exister depuis la nuit des temps. Même chez les jeunes. Je ressens d’ailleurs fréquemment que nous assistons à une bataille entre le bien et le mal. Certes, les personnes qui calculent, qui accordent beaucoup d’importance au paraître et qui sont prisonnières de leurs bas instincts peuvent gagner à court terme. En contrepartie, les personnes honnêtes, correctes, fidèles et qui s’attachent aux principes, peuvent souffrir. Mais je suis certain que le bien finira toujours par l’emporter. Il faut juste se montrer patient et avoir la foi. Quant aux raisons de la dégradation des valeurs chez certains jeunes, je pense que cela fait partie de toute une conjoncture universelle. De nos jours, l’on voit certains de nos pairs mener une vie très aisée. Ils exhibent leurs biens et n’arrêtent pas de frimer. Il est donc tout à fait compréhensible que les autres veulent être comme eux. Peu importe le moyen d’y parvenir ! En outre, il est difficile pour les uns comme pour les autres de se montrer fidèle et honnête parce tellement la tentation est forte. Et puis surtout, la majorité n’a pas le sens de la frugalité… De toute manière, je suis sûr que les plus corrects et les plus patients sont ceux qui gagneront en fin de compte»…

 

Wael, 17 ans, ne nie pas non plus le «règne» de certains comportements blâmables. «A vrai dire, on ne peut plus différencier les vraies bonnes personnes des fausses. La majorité porte des masques et sait très bien cacher son jeu. Il n’est plus étonnant de nos jours d’être poignardé dans le dos à un moment où on s’attendait le moins… et par les personnes les plus proches. C’est triste, mais c’est hélas une vérité incontestable ! Certains présumés amis nous «jettent» dès qu’ils nous jugent inutiles. L’amitié prend malheureusement fin lorsque les intérêts des uns et des autres s’opposent. Idem pour les relations affectives. Si une fille trouve un homme plus riche ou plus beau, elle est capable de renier totalement le partenaire qu’elle est censée aimer. Les garçons, à leur tour, mènent une double ou parfois une triple relation parce qu’ils craquent devant le premier nombril en l’air ou devant le premier regard séducteur. La morale? Rares sont ceux qui y tiennent à présent ! Hélas, dans la vie des jeunes et des moins jeunes, ce sont les intérêts, les tentations et la matière qui priment …»

 

Myriam, 17 ans, élève, pense que la majorité des personnes sont obnubilées par les intérêts. «L’amitié, l’amour, le dévouement, la fidélité et la bonté sont certes des valeurs sûres. Mais très peu de gens y tiennent de nos jours. Nous assistons à une course après la matière. De rudes conflits naissent entre les plus proches à cause des intérêts. Même deux frères peuvent devenir ennemis si leurs intérêts s’opposent. On peut assister à des affrontements sans merci entre les plus proches à cause de la matière. Dans de telles conditions, il est difficile que l’on mette les valeurs au devant de la scène ! Cela ne veut, en aucun cas dire que je tolère ce genre de comportement ! Au contraire, je continuerai à m’attacher à mes principes même si je dois faire cavalier seul ! Sauf que j’essaye de découvrir les origines de ce phénomène. Ce genre de comportement reste inexcusable parce que, contrairement aux animaux, nous sommes dotés de la raison qui devrait nous permettre de faire le tri et de ne pas nous laisser guider par les besoins et les tentations. Ceci est loin d’être une œuvre facile, certes ! Il s’agit d’une véritable lutte entre nos besoins et la forte tentation d’une part, et entre notre raison et nos principes, d’autre part. Cela nécessite d’abord une prédisposition naturelle au bien, une forte personnalité et une grandeur de l’âme. Ceux qui arrivent à leurrer les autres, ceux qui parviennent toujours à leurs fins et ceux qui succombent aveuglément à toutes les tentations, vont se réjouir par moments. Les autres ne vont pas du tout mener une vie facile. Mais en fin de compte, le bien l’emporte. Toujours».

 

Rihame, 17 ans, partage le même avis. La jeune fille est persuadée que les mauvaises personnes finiront par perdre même si on les voit comblées et joyeuses. «La justice divine tranchera en fin de compte. Plusieurs personnes disent que plus elles s’attachent aux principes et à la morale, plus la vie leur tourne le dos. Justement, c’est lorsque toutes les issues sont fermées qu’on est contraint de tenir bon ! C’est lorsque la tentation nous «harcèle» qu’on doit faire preuve de force et de résistance. Ceux qui gagnent aujourd’hui en usant de fourberie et de moyens détournés finiront par le payer… Tôt ou tard. Ce n’est que justice».

 

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com