Un challenge à la portée
La crise financière virulente, qui secoue actuellement le monde, n’a pas fini décidément de révéler toutes ses mauvaises surprises.
Le Fonds monétaire international prévoit ainsi une année 2009 morose pour l’économie mondiale, en révisant à la baisse sa prévision de la croissance mondiale à 3%; celle des pays développés ne devant pas dépasser 0,5%.
Des perspectives économiques mondiales plutôt sombres donc, faisant planer le spectre de la récession qui menace de nombreuses économies dont notamment celle des Etats-Unis.
La zone Euro n’est guère mieux lotie. Dans le panorama établi par le FMI, 2009 sera une année de croissance quasi nulle en France, nulle en Allemagne et négative en Espagne, en Grande-Bretagne et en Italie. Autant dire que le monde va entrer, dare dare, dans une période de vaches maigres avec toutes les conséquences négatives que ce scénario implique sur la croissance, l’investissement et l’emploi.
Mondialisation et ouverture des économies obligent, aucun pays ne sera en fait à l’abri de ce tsunami financier à l’issue très incertaine. Certains tireront bien évidemment le diable par la queue beaucoup plus que les autres, mais tous seront logés à la même mauvaise enseigne.
Si l’économie mondiale entre dans une phase de récession, son impact sera malheureusement direct sur l’économie nationale. Résolument ouvert sur l’extérieur, notre pays n’est point à l’abri des soubresauts qui secouent l’environnement économique international, d’où l’extrême urgence de mettre en place une stratégie adéquate à même de permettre à notre pays de sortir de cette zone de fortes turbulences avec le moins de dégâts possibles.
La situation actuelle requiert en fait une mobilisation tous azimuts. Elle interpelle tous les Tunisiens sans exclusive. La Tunisie, qui table pour 2009 sur une croissance de 6%, fait face en fait à une challenge, certes ardu mais qui reste malgré tout à notre portée. L’économie nationale, désormais rompue aux dures épreuves imposées de fait par les aléas et les vicissitudes d’une conjoncture mondiale difficile et instable, a les moyens de s’en sortir à bon compte. Le renforcement de notre capacité concurrentielle est un impératif de premier plan au même titre que l’audace, l’agressivité et la créativité que nos opérateurs économiques doivent nécessairement consacrer et faire prévaloir pour préserver et renforcer nos parts de marché à l’exportation.
C’est à ce prix que l’on saura mener à bon port notre barque et donner corps à nos ambitions légitimes d’entrer au Panthéon des nations développées
Chokri BACCOUCHE

