35 ans après, des généraux israéliens parlent de «la guerre du Kippour»: «Le 6 octobre 1973, l’Etat-major est devenu une maison de fous»





Une "guerre des généraux" avait déchiré Israël au moment où ce pays faisait face à une offensive militaire simultanée de l'Egypte et de la Syrie en octobre 1973, selon des documents déclassifiés publiés hier par les médias israéliens.


 


Le Quotidien-Agences


Ces documents couverts par le secret durant 35 ans rassemblent les témoignages de généraux et responsables politiques ou militaires entendus par la Commission gouvernementale d'enquête Agranat sur les ratés dans la conduite initiale de la "Guerre du Kippour".


"J'ai appelé le commandant de la région militaire sud Shmouel Gonen (...) Je me suis permis de lui dire qu'à mon avis il n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait sur le terrain", a ainsi déclaré Ariel Sharon, général de réserve qui venait d'être rappelé pour commander une division sur le front égyptien après avoir été démobilisé trois mois plus tôt.


"Les dommages les plus graves de cette guerre sont dus à l'absence des officiers supérieurs sur le terrain", a-t-il encore dit soulignant que cela a provoqué confusions, tensions et dysfonctionnements, selon ces documents.


A la tête de ses hommes, le général Sharon a de son propre chef franchi le Canal de Suez, réussissant à prendre les troupes égyptiennes à revers.


Le général Gonen a de son côté indiqué à la Commission Agranat: "J'ai fait des copies des enregistrements de mes conversations durant la guerre et je les ai mises à l'abri dans un coffre-fort d'une banque, car j'ai l'intention de les utiliser pour des poursuites judiciaires contre Sharon".


Le général David Elazar, chef d'état-major, a reconnu que lorsque la guerre a éclaté, le samedi 6 octobre, l'état-major est devenu "une maison de fous".


Il a dit avoir voulu mobiliser massivement les réservistes, dont beaucoup en prières dans les synagogues pour le jour du Kippour (la fête juive du Grand Pardon), et s'être heurté au refus du Premier ministre Golda Meïr et à celui du ministre de la Défense Moshé Dayan, le célèbre général borgne.


Ce dernier a plaidé que lors du conflit, il avait depuis longtemps quitté l'uniforme. "Depuis 1967, je n'ai pas du tout mis les pieds à l'armée (...) Je ne suis ni un tankiste, ni un artilleur, ni un parachutiste. Depuis 10 ans, je m'occupais plutôt de politique et de questions liées à la défense".


La Commission Agranat a lavé la classe politique pour les manquements durant  la phase préliminaire de la guerre d'octobre 1973, et en a fait assumer la responsabilité à l'armée.


La guerre israélo-arabe du Yom Kippour continue, 34 ans après, à être vécue comme un traumatisme par l'Etat juif dont le mythe de l'invincibilité militaire avait été ébranlé.


Le conflit est une victoire par les Arabes. Il a fait 2.656 morts et 7.250 blessés dans les rangs israéliens et poussé Golda Meïr et le général Elazar à la démission.


Six ans après ce conflit, l'Egypte a été le premier pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1979.


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* Heikal raconte les minutes les plus mémorables de l’Histoire arabe moderne: Sadate était persuadé que quelque chose de grandiose a été réalisé


 


De brefs passages extraits du livre de Mohamad Hassanein Heikal Octobre 73, l’arme et la politique mettent en relief des moments et des impressions du président Sadate dans les premières heures de la guerre.


(...) Le président Sadate s’est levé le 6 octobre à 7h15 du matin. La première chose qu’il a faite a été de tendre la main, de prendre le téléphone et d’appeler le colonel Abdel-Raouf Réda, son directeur de bureau pour les affaires militaires à cette époque. Il s’était déplacé avec un groupe d’officiers de l’état-major à un siège temporaire de 3 chambres au sous-sol du palais Al-Tahra. Le président Sadate était préoccupé par la même question qui le hantait quelques heures avant de se coucher : l’ennemi a-t-il su ?


La réponse a été que l’ennemi a su et ceci s’est manifesté à travers sa réaction sur le front.


(...) A 13h, le samedi 6 octobre, le président Sadate est arrivé au poste «10», - siège du commandement principal des opérations - et s’est rendu dès son arrivée avec le maréchal Ahmad Ismaïl Ali au bureau du commandant général. Là, il a passé quelques minutes au cours desquelles il a jeté un coup d’œil sur les cartes d’état-major. Il s’est intéressé à poser des questions sur les positions des pièces navales, qui avaient auparavant appareillé en mer Rouge et en Méditerranée. Il s’est enquis de la préparation des forces spéciales «Saaqa» qui s’étaient infiltrées au Sinaï, la veille, pour arrêter le fonctionnement du lance-flammes qui constituait un des principaux points dans le plan israélien pour entraver toute traversée (du Canal de Suez) ... Le président Sadate est entré dans la salle d’opération à 13h30. L’ambiance était très tendue où se mêlaient l’espoir, l’inquiétude, le savoir et la foi. Chacun des commandants et des officiers présents dans la salle, qui dépassaient les 100, sentait qu’il vivait un instant décisif dans l’histoire de sa patrie et que le sort de beaucoup serait lié par ce qui a été décidé dans cette salle et transmis sur le champ de bataille ou ce qui est en provenance de là-bas.


(...) A 19h pile, le président Sadate et avec lui tous ceux dont les conditions ont permis d’être présents dans cette salle glorieuse, étaient dans un état d’extase incroyable, après s’être assurés tous que l’opération la plus dangereuse de la guerre, dont ils craignaient les pertes, a eu un succès, dépassant l’imagination. C’était l’instant le plus merveilleux de leur vie, lorsqu’ils ont reçu le rapport préliminaire sur le volume des pertes égyptiennes dans les opérations, jusqu’à ce moment (...). Le président était assuré que quelque chose de grandiose, beaucoup plus que ses rêves les plus extraordinaires, a été réalisé...


(...) Ce qu’a vu le président Sadate durant sa présence au centre de commandement numéro «10» et après son départ est une expérience qui relève de la légende. Il était possible d’expliquer ce qui paraissait mythique par des causes rationnelles et scientifiques.


Premièrement : Il existait une patrie, une nation, sous pression immense qui a mené à faire exploser le noyau interne et solide de cette nation et en conséquence, une énergie difficile à imaginer s’est libérée. Sa puissance s’est propulsée, comme une explosion nucléaire(...).


Deuxièmement : Les précédentes expériences amères, et à leur tête celle de 1967, ont appris à beaucoup, surtout aux Forces armées égyptiennes, que la science et la planification basée sur celle-ci, sont les moyens de cette époque pour réaliser n’importe quel objectif.


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* Netanyahu appelle à l'occupation totale d'Al Qods


Le Quotidien-Agences


Le chef du parti sioniste "Likoud", Benjamin Netanyahu, a fortement critiqué l'ancien premier ministre, Ehud Olmert, en l'accusant d'avoir présenté beaucoup de concessions durant les négociations avec les Palestiniens.

"Les déclarations d'Olmert prouvent le manque de principes et de vertus", a déclaré Netanyahu, lors d'une réunion de son parti dans la ville de Tel Aviv, où il a insisté sur la domination et l'occupation totale de la ville sainte d'Al Qods.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com