Mercredi noir sur les Bourses mondiales: Le cauchemar continue





* Londres au secours des banques britanniques


 


La Grande-Bretagne a lancé hier un plan massif de soutien à son secteur bancaire et appelé à un plan de sauvetage européen, sans empêcher une descente aux enfers des bourses du monde entier.


 


Le Quotidien-Agences


Le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé hier avoir "invité" les autres pays de l'Union européenne à adopter un "plan européen de financement" du système bancaire.


Il a précisé être "en consultation active sur un plan de financement européen" et en avoir discuté en début de matinée avec le président français Nicolas Sarkozy. L'idée d'un plan européen, évoquée la semaine dernière par la France, avait été écartée fermement par Berlin, qui préférait une approche nationale.


Londres a annoncé un vaste plan de sauvetage bancaire, qui comprend notamment une nationalisation partielle des premières banques du pays, via une prise de participation pouvant aller jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros).


"C'est un pas important en avant mais ce n'est pas le seul", a affirmé le ministre des Finances. "Je n'exclus rien, nous ferons tout ce qu'il faut".


Mais les initiatives gouvernementales qui se sont multipliées depuis l'adoption du Plan Paulson, doté de 700 milliards de dollars, vendredi aux Etats-Unis, semblaient incapables d'enrayer la spirale baissière sur les marchés.


A Londres, malgré l'annonce du plan britannique, la bourse reculait de 7,82%  un niveau plus bas depuis plus de quatre ans.


Les bourses européennes battaient souvent des records à la baisse. Paris perdait 8,18%, l'indice CAC-40 retombant à son plus bas niveau depuis décembre 2003, Francfort cédait 7,41%, Milan 6,11%, Amsterdam 9,05%.


A Moscou, les deux Bourses RTS et Micex ont interrompu les échanges 35 cinq minutes après l'ouverture après avoir enregistré des baisses de 11,25% et 14,35%.


La déconfiture


Les marchés européens ont pris le sillage de Tokyo où l'indice Nikkei a clôturé hier sur une chute de 9,38%, la pire depuis le "lundi noir" de 1987, après avoir frôlé les 10% de perte en séance.


"Cela dépasse l'imagination. Le public a d'énormes craintes pour l'avenir", a réagi le Premier ministre japonais, Taro Aso, qui a promis "des mesures".


La déconfiture a gagné toute l'Asie: en clôture, Hong Kong a perdu 8,2%, Séoul 5,81%, Sydney 5% et Shanghai 3,04%. A la mi-séance, Bombay cédait 8,16% et Bangkok 8,37%. A Jakarta, la séance a été suspendue alors que le principal indice chutait de 10,38%.


Dans le Golfe aussi, l'affolement gagnait les bourses des riches monarchies pétrolières après trois journées consécutives de repli: -7,5% en Arabie Saoudite, -8,3% au Qatar, -9,6% à Dubaï.


Les mesures se sont multipliées de toutes parts pour tenter, en vain, d'endiguer la crise de confiance qui empêche les banques de se prêter entre elles et paralyse l'économie réelle.


Tout en laissant espérer une prochaine baisse des taux, le président de la Fed Ben Bernanke a ainsi souligné que "les perspectives de croissance économique se sont dégradées" et que "les risques pesant sur la croissance ont augmenté".


Mardi, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait annoncé une nouvelle mesure de soutien avec l'achat de billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités.


Peine perdue. Wall Street est tombée dans la foulée à son plus bas niveau depuis cinq ans après une chute de 5,11% du Dow Jones et de 5,80% du Nasdaq, contaminant ensuite les marchés asiatiques.


"Ce genre de mesure ne fonctionne plus. C'est comme d'insuffler du sang dans un cœur alors que les artères fuient de toutes parts", a estimé Hiroichi Nishi, courtier chez Nikko Cordial à Tokyo.

La première banque italienne UniCredit a annoncé la suppression de 700 postes dans sa division banque d'investissement l'an prochain.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com