Seïf Ghezal: «Convaincre et bien préparer les futures échéances»
* Vous venez d’entamer une carrière professionnelle en Europe. Comment ça se passe avec Young Boys Berne ?
Notre début de saison n’a pas été très heureux, et ce, pour diverses raisons. Le coach a eu du mal à bien préparer l’équipe et il a été vite limogé. Son successeur a d’autres conceptions tactiques puisqu’il préfère évoluer en 3-4-3 et ce changement a nécessité du temps pour être adopté par les joueurs, habitués depuis longtemps au 4-4-2. Nous avons été éliminés au second tour de la Coupe de l’UEFA et nous occupons une place au milieu du tableau en championnat de Suisse.
* Sur le plan personnel, arrivez-vous à vous imposer malgré ces problèmes ?
Dieu merci, je n’ai pas mis trop de temps pour m’adapter et convaincre entraîneurs, dirigeants et supporters. En championnat nous avons disputé onze rencontres et j’étais titulaire à dix reprises. Avec le schéma tactique actuel, j’occupe une position centrale en défense et je n’ai pas eu de difficultés pour trouver mes repères. C’est dire que je suis très bien là où je suis en attendant de briller davantage et de taper de nouveau aux yeux des recruteurs.
* C’est dire que vous cherchez déjà à changer d’air et à aller rejoindre un autre club ?
C’était mon ambition dès le départ. J’ai préféré débuter ma carrière professionnelle dans un championnat européen de niveau moyen pour m’adapter et acquérir de l’expérience avant de viser plus haut. Pour le moment, je donne entière satisfaction et j’estime que je serai prêt, dès la fin de cette saison, à aller jouer dans un championnat plus relevé, en Allemagne ou en France par exemple. Mon actuelle expérience servira de tremplin pour endosser le maillot d’un club plus huppé et j’estime que j’en suis capable.
* En E.N, la concurrence est très forte et vous risquez de ne pas être titulaire à part entière. Cette situation ne risque-t-elle pas de retarder votre passage dans un grand club ?
Tout d’abord, c’est un honneur de porter le maillot national et de servir mon pays tant que je peux le faire. Quant à la concurrence, elle concerne tout le monde et nous devons la respecter et en profiter pour progresser et convaincre davantage. Elle ne me fait pas peur et le coach a fait comprendre aux joueurs qu’il fera jouer les plus en forme et les plus méritants. Nous sommes là pour servir l’équipe et respecter les choix du staff technique.
* Ce match contre les Seychelles servira à préparer celui plus dur contre la France et surtout ceux du Tour principal des éliminatoires du Mondial et de la CAN 2010 qui s’annonce, a priori, très difficile. Comment allez-vous l’aborder ?
D’abord, il ne faut pas oublier que ce tour n’est pas encore terminé et que nous visons encore la première place du groupe 9. Nous devons l’emporter sur un large score et profiter d’une probable défaite du Burkina Faso. Il s’agit donc d’un match important qui nécessitera du sérieux et de la concentration pour le gagner de manière convaincante. Par contre, le match amical contre la France aura une toute autre importance. Face à un adversaire de gros calibre, nous tenterons de sortir le grand jeu et de montrer nos progrès à tous les niveaux. Un bon résultat au Stade de France servira de stimulant et de bonne préparation, aussi bien tactique que mentale pour le Tour principal des éliminatoires du Mondial et de la CAN 2010. Le Onze national demeure l’un des grands d’Afrique et nous aurons sûrement notre mot à dire quels que soient nos futurs adversaires.
Propos recueillis par Kamel ZAÏEM

