Un système à repenser
La crise financière enfle. Malgré l’électrochoc lancé par les banques centrales qui avaient baissé, en milieu de semaine, leur taux de manière concertée, les marchés européens et asiatiques ont plongé, hier, dans le krach boursier. Un mouvement de panique alimenté par la chute de Wall Street semble être à l’origine de ce nouvel effondrement généralisé qui intervient au moment où les grands argentiers se réunissent à Washington.
La situation proprement pathétique et dangereuse dans laquelle se débat le système financier international confirme, encore une fois, l’extrême urgence de mettre en place une stratégie commune pour enrayer cette crise et sauver les meubles avant qu’il ne soit trop tard.
La réunion des ministres de l’Economie et des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés qui s’est ouvert, hier soir, dans la capitale fédérale américaine, est consacrée à la discussion des démarches entreprises par chacun pour faire face à la crise et des moyens de renforcer les efforts collectifs. Une initiative louable est à enregistrer, à ce propos, à l’actif du Japon qui va proposer au G7 la création d’un fonds d’urgence d’environ 200 milliards de dollars pour prêter de l’argent aux petits pays affectés par la crise.
Quant bien même ils seraient englués dans ce marasme, les pays riches doivent nécessairement se départir de leurs égoïsmes et faire preuve d’une solidarité agissante à l’égard des pays pauvres.
La crise actuelle, pour douloureuse et tragique qu’elle soit, constitue en fait une occasion propice, pour la communauté des nations , pour se remettre en question et rectifier le tir afin d’éviter les effets pervers des erreurs du passé. Il est clair qu’aujourd’hui le monde a plus que jamais besoin de jeter les bases d’un système financier multilatéral, banissant les décisions léonines et les errements d’un libéralisme débridé qui cumule depuis quelque temps les dérapages et les revers.
La saga du jeune trader français qui a provoqué dernièrement la faillite de sa banque et celle, plus récemment encore, des fameux subprimes, ces prêts à taux variables à l’origine du big-bang actuel, rappellent au monde l’extrême urgence de mieux contrôler et moraliser le système financier international.
Les enjeux ainsi que les intérêts de tous les pays y sont tellement imbriqués qu’il est aujourd’hui vital en fait de faire en sorte que les finances mondiales ne soient plus les otages de quelques aventuriers aux intentions douteuses et à la cupidité confirmée.
La stabilité et la paix du monde en dépendent.
Chokri Baccouche

