L’anticipation comme garde-fou !





Juste avant de partir à Washington pour participer aux travaux du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale sur les effets de l’actuelle crise financière internationale, le gouverneur de la banque centrale de Tunisie a tenu à faire passer un nouveau message.


A propos de l’économie réelle, il a certes convenu qu’aucun pays ne peut se prétendre à l’abri des effets de la crise si l’économie mondiale baissait son rythme de croissance, mais il a clairement montré que, pour tout ce qu’il est humainement possible de réaliser, la Tunisie s’est prémunie depuis longtemps contre ce genre de vicissitudes avec ses réformes de fond pour donner toute sa vigueur et toute sa solidité à nos équilibres, notre croissance et notre compétitivité.


C’est une réponse aux interrogations des Tunisiens mais c’est aussi une répartie aux appels faits un peu partout dans le monde pour juguler les effets de la crise et dont il est à craindre que le ton alarmiste ne mélange les choses aux yeux de nos concitoyens.


Pour n’en citer que deux exemples parmi les plus écoutés, voici ce qu’en pensent le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation internationale du travail (OIT). «L'économie mondiale connaît un ralentissement sensible après avoir été secouée par deux chocs considérables : une envolée des cours du pétrole et des produits de base, et la crise financière qui se propage», a déclaré Olivier Blanchard, conseiller économique du FMI et directeur du Département des études de l'institution. «Ceux qui n'ont aucune responsabilité dans la crise [financière] mais qui dans l'immédiat et le futur en paieront le prix en perte d'emplois et de revenus doivent recevoir un soutien», a déclaré Juan Somavia, directeur de l’OIT.


A leur adresse et à tous les autres, le Gardien du Temple est clair : «Nous pouvons affirmer que les mesures permettant de nous prémunir contre les risques pouvant résulter de cette crise ont d’ores et déjà été prises et nous pensons qu’elle n’aura pas d’impact direct sur le secteur financier, à l’exception peut-être d’une baisse des produits de placement des avoirs en devises». En d’autre termes, l’anticipation naturelle des risques du marché, et ce, depuis plusieurs années est notre meilleur garde-fou.


La Tunisie est également protégée par les niveaux de sa «globalisation». La participation étrangère en dehors de celle des actionnaires de référence, par exemple, ne dépasse pas 3% de la capitalisation boursière. De plus, la capitalisation actuelle de notre Bourse des valeurs mobilières est inférieure à 20% du PIB (pouvant dépasser les 100% dans les Bourses de certains pays).


 


Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com