L’emploi en temps de crise

La Tunisie est-elle vraiment capable de créer des emplois pour un nombre important de demandeurs parmi les 500 mille comptabilisés aujourd’hui (dont 100 mille diplômés du supérieur), alors que nos ressources matérielles et morales sont éprouvées par la double pression des prix des matières premières et de la crise financière internationale ?

Pourrait-on dire que si nous sommes laborieusement parvenus à composer avec la hausse des prix du blé, du riz, du soja, de l’acier, du pétrole… nous aurions encore assez de souffle pour faire face aux effets de la grosse crise financière internationale décrite par beaucoup comme la plus grave depuis l’effondrement de 1929 ?

Il faut dire que ce n’est pas la même chose. Alors que la hausse des prix des matières premières frappe directement dans les ressources de notre budget de l’Etat (nous obligeant même à décider une loi de finances complémentaire), la crise financière n’aura manifestement qu’un effet très marginal sur notre économie, paradoxalement parce que celle-ci n’est pas aussi immergée dans le libéralisme international qu’on le pense.

D’autre part (et c’est à notre sens le point le plus important), avez-vous remarqué que ce sont exactement les mêmes mécanismes qui servent aussi bien à se prémunir des crises financières mondiales qu’à créer l’environnement le plus propice à l’emploi ?

Pour contrecarrer ces crises, il faut une économie saine avec un bon taux de développement, des investissements (plutôt que de la spéculation), des ressources saines comme l’épargne…

Eradiquer en profondeur le problème de chômage ne peut advenir sans réunir quatre conditions essentielles :

-Augmenter le taux de développement jusqu’à 7% au moins

-Rehausser sensiblement le taux d’investissement au-delà des 28% et le taux d’IDE au-delà des 5,5%

-Renforcer sérieusement le taux d’épargne (épargne de l’entreprise, de l’individu et de l’Etat)

-Augmenter la capacité de formation dans les spécialités prometteuses ; par exemple en doublant notre capacité actuelle de «production» d’ingénieurs qui est aujourd’hui de l’ordre de 4000 ingénieurs.

Vous avez compris? Tout le monde est sur le pont pour réussir à donner une toute nouvelle dynamique à l’emploi qui se trouve être, encore et toujours, la première priorité du Président Ben Ali… crise ou pas !

 

Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com