Sommes-nous à la veille d’une révolution mondiale?

Nous vivons sur la planète-Terre. Elle nous procure généralement des produits qui couvrent nos besoins. Dieu a créé des biens que les humains devraient normalement recevoir et partager. Mais ces derniers sont de statures différentes. Les nantis ont ce pouvoir d’atteindre les sommets et donc d’appréhender ces biens et les détourner à leur guise.

Pour bien gérer cette  fortune mondiale, ces supermans ont l’ingéniosité de créer des institutions - entonnoirs (Bourses, FMI, Banques etc.) par lesquelles, ils font transiter les produits de la terre-mère. Ces institutions travaillent en étroite collaboration et s’épaulent mutuellement.

Ainsi donc, une poignée de gens comparées à la population mondiale, ont ce privilège d’avoir accès et la mainmise sur la richesse du globe par des transactions à travers  toute la planète, technologie aidant. Ce système économique appelé capitalisme prend forme et parcourt son chemin en faisant boule de neige secrétant derrière lui en fondant un suc appelé la finance.

Seulement, au fil des années, ces entonnoirs de mauvais aloi commencent à suinter d’en bas, perdant ainsi du liquide. La cupidité et les spéculations de Wall Street et les fortes rémunérations et bonus des traders, la concussion des banquiers et des assureurs et la politique de finance publique partiales du FMI dans le monde sous l’œil impuissant de l’Etat font que ledit suc arrive à destination considérablement réduit. Le capitalisme devient d’ores et déjà dépravé,  sauvage et donc dangereux. L’éthique et l’équité en font défaut. Le népotisme s’installe et se ramifie de haut en bas et l’on assiste à une turbulence boulimique autour de l’abreuvoir de sorte que la majorité des communs des mortels tenus à l’écart - je ne sais par quel hypnotisme - ne trouve pas de quoi s’abreuver, hormis quémander quelques bols de suc (crédits) à des conditions bien déterminées. Les capitalistes, eux, s’adonnent corps et âme au festin allant jusqu’à étaler d’une manière ostentatoire leurs capitaux en nature: immenses et somptueuses résidences meublées avec magnificence, ornées non sans extravagance; d’énormes et jolies gratte-ciels en guise de sièges de société; des montures de luxe terrestres, maritimes et aériennes; avec  tout l’entretien que ces machins sophistiqués exigent. En face de ces paradis, nous avons des guerres onéreuses que l’on livre à tous ceux qu’on soupçonne de convoiter sa richesse ou guêter sa place.

Ironie du sort, ce n’est qu’après que la quasi-totalité du monde eut adopté ce système économique que celui-ci  - devenu monstre - perd son masque de libéralisme doux et entreprenant pour nous montrer la laideur acquise et les maux causés.

A cause de ses thésaurisations sacrées et ses irresponsables gaspillages, le capitalisme sauvage fait des ravages directement ou indirectement aux quatre coins du monde. Les secteurs sensés être arrosés sont menacés de sécheresse et de mort. Et le système n’en manque point étant donné que la privatisation a fait tâche d’huile et a touché quasiment tous les domaines. Le chômage va donc augmenter faute de création d’emploi et du fait de licenciement. Les petites et moyennes entreprises génératrices d’emplois (pain) sont touchées de plein fouet et donc sujettes à l’effondrement. Les établissements sanitaires et hospitaliers (santé) dont une partie relève du privé vont manquer de médicaments, de matériel et donc de soins. Les famines et les maladies rongent déjà des pans entiers d’humanité dans l’hémisphère Sud du globe. Environ deux milliards d’âmes ne mangent pas  à leur faim. Un nombre non négligeable de gens vivent sous le seuil de pauvreté dans l’hémisphère Nord chez les pays dits riches! Toute cette honte humaine advient à un moment où le monde entier, grâce  à ces projections braquées sur lui depuis l’espace, est visible montrant au grand jour ses richesses - ses folies et ses malheurs affreux.

Un contraste qui choque et risque de susciter des réactions aussi bien au Nord qu’au Sud de la planète! C’est beau de nous parler de démocratie? Mais elle ne doit pas être uniquement politique. Elle a à être aussi socio-économique. Si on consulte un dictionnaire, il donnera cette explication: «démocratie; forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple. Etat ainsi gouverné». La souveraineté appartient-elle au peuple? J’en doute fort bien. Si c’était le cas, le peuple n’aurait pas toléré ces injustices criantes qui se faufilent dans ses rangs en quête perpétuelle de victimes. Même un gouvernement n’est pas maître de ses décisions ! Il est  conditionné pour ne pas dire manipulé par cette oligarchie qui - encore une fois -, par sa finance, l’a porté au pouvoir. La preuve: on a trop hésité à parler de sanctions contre les responsables de la crise. D’ailleurs, il serait  impossible de les dénicher; tellement les fils sont enchevêtrés que l’on tomberait que sur des bouc-émissaires. Par contre appeler à la rescousse les contribuables et les épargnants est chose facile. Mais comment va-t-on pouvoir boucher les trous auxquels sont destinés ces fonds notamment l’argent des contribuables? Un plan d’austérité s’imposerait, ce qui bafouerait le quotidien des ménages. Une morosité qui entraînerait un profond mécontentement.

Aussi faudrait-il revoir de fond en comble le système devenu vorace, qui vous pique des crises déstabilisatrices et compromettantes. Il faudrait soigner la tête du monde qui convulse par intermittence tant que le mal est réversible. Sinon nous nous acheminons vers le chaos !

 

Ali ALHARGOUM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com