Crise financière: Bush se «réveille»





Le pays dont a hérité Bush à son premier mandat était puissant, prospère et admiré. Aujourd’hui il connaît des déboires sans fin.


La crise financière actuelle, Bush aurait pu la prendre à bras-le-corps depuis longtemps. Ce n’est que ces dernières semaines qu’il en a pris conscience.


Et de quelle manière !


Il est loin le temps où Bush inaugurait son premier mandat en affirmant que la superpuissance n’avait besoin de personne pour exercer sa politique étrangère. Mal d’ailleurs lui en a pris car, en se concertant avec d’autres nations, il se serait épargné l’équipée inique en Irak, l’assassinat de Saddam Husseïn, président d’un pays souverain et libre. Il aurait fait l’économie de mensonges éhontés relatifs aux soi-disant armes de destruction massive. Il aurait également fait l’économie d’une guerre désastreuse économiquement et qui aura peut-être contribué à la flambée du baril de pétrole. Flambée que d’aucuns rendent en partie responsable du marasme économique ambiant dans le pays et qui aura eu, certainement, une incidence dans la crise financière et bancaire actuelle.


L’illustration vient d’en être donnée par le pétrin dans lequel se débat actuellement l’industrie automobile américaine. General Motors et Chrysler sont en train d’enregistrer un recul notable dans leur vente, recul qui profite à la marque Toyota.


Dans un pays où l’automobile relève du mythe de la réussite, ce constat donne à réfléchir. Mythe dont la principale illustration est constituée, depuis une vingtaine d’année, par l’engouement pour les 4x4. Lesquels véhicules sont aujourd’hui délaissées en faveur des petites cylindrées à cause de leur appétit gargantuesque de carburant. Dame, le lambda américain n’a plus un pouvoir d’achat qui lui permette d’acquérir de tels engins. De plus, le système des crédits bancaires susceptible de lui faciliter cette acquisition vient de voler en éclats.


Il y a, me diriez-vous, la puissance militaire impressionnante. Impressionnante ? Du moins sur le papier. Car, dans quelques décennies, nombre de pays disposeront de la bombe nucléaire, arme essentiellement dissuasive. Quant à l’armement classique, on en a vu les «exploits» en Afghanistan, en Irak ou, par Israël interposé, au Liban contre le Hezbollah.


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* Sauver la face


 


C’est donc une bien pâle fin de règne que celle que vit actuellement le président américain. L’Amérique se retrouve dans une totale nudité.


Cela n’a rien de réjouissant pour le locataire de la Maison-Blanche.


Certes, il y a la fin des relations conflictuelles avec la Corée du Nord, celle-ci annonçant sa décision de poursuivre le démantèlement de ses installations nucléaires suite au retrait de son nom de la liste des pays accusés d’encourager le terrorisme.


C’est un acquis à ne pas dédaigner. Mais que pèse-t-il devant le tsunami d’échecs essuyé par l’oncle Sam sur la scène internationale ?


Et quand on pense que tout ce remue-ménage financier va profiter essentiellement au candidat démocrate, Barak Obama, l’on peut affirmer sans hésitation que l’échec de Bush signifierait l’échec de son parti. Et certainement pour un bon bout de temps. Le temps que l’ordre américain soit remplacé par un ordre multilatéral, opération délicate tant les décombres qui seront occasionnés par feu l’ancien monde seront importants. Déblayer dans le tas est une œuvre presque surhumaine.


Le président Bush doit certainement méditer ces jours-ci sur les aléas du destin. Avoir hérité d’une nation puissante, prospère et admirée pour en arriver à la situation calamiteuse d’aujourd’hui, il y a lieu d’être amer. Il lui faut donc laisser une trace, si minime soit-elle pour sauver la face.


Le projet vient de prendre forme à l’occasion de la crise financière actuelle. L’on sait que par une désinvolture calculé ou inconsciente, Bush avait laissé faire les choses. Cela ne l’a pas empêché aujourd’hui de prendre un ton offensif à l’égard de ceux qui portent la responsabilité de la catastrophe. Mais sans nommer personne ni institution ! Il a appelé à s’atteler à la restauration de la confiance d'une façon sérieuse. Mais sans dire comment ! Le seul élément positif de ses interventions, c’est qu’il a reconnu la responsabilité de l’Amérique dans cette triste affaire.


On le voit, ainsi, fidèle à sa tactique, transformer son statut d’accusé en celui d’accusateur. Mais aujourd’hui, plus personne n’est dupe.


 

Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com