Une question vitale

La crise financière qui secoue le monde vient de démontrer une fois de plus le fait qu’une gestion unilatérale des affaires internationales, quelles qu’elles soient, est génératrice de situations dangereuses et parfois même catastrophiques. L’on a souvent dit que «si la bourse américaine éternue, le reste du monde s’enrhume». Et cela perdure depuis des décennies… Mais, cette fois, l’on est à deux doigts du gouffre. Si les mécanismes et les arcanes du monde de la bourse sont si compliqués et difficiles à saisir, il est indéniable que Wall Street demeure le thermomètre de la finance mondiale et que son hégémonie ne fait aucun doute.

Il est également manifeste que le capitalisme, poussé à l’extrême et lâché sans contrôle aux mains des traders, constitue un virus en latence, impossible à maîtriser et dont les effets à long terme sont désastreux. La crise actuelle en est la preuve.

Le pétrole, par exemple, a avoisiné les 150 dollars le baril. Aujourd’hui, il a baissé de moitié et, de partout, l’on convient que les réserves d’or noir sont et seront encore conséquentes… Ce qui met en évidence le sceau des traders, avides de gains, et toujours encore plus fiers d’exhiber les milliards engrangés à travers les spéculations…

Récemment, une grande banque française a été victime d’une fraude de près de 7 milliards d’euros au sein de son activité de courtage et le flou règne encore sur les tenants et aboutissants de l’affaire!

Tout ceci pour dire que la crise actuelle vient, ainsi et dans la douleur, mettre à jour la faillite du système bancaire international. Ce qui a obligé les Etats à intervenir à coups de milliards de dollars et d’euros pour sauver les institutions financières. Démontrant par là que le système capitaliste est devenu trop vieux jeu pour pouvoir favoriser et gérer l’expansion de l’économie d’aujourd’hui. Et l’on s’aperçoit, subitement, comme l’a affirmé hier Gordon Brown, que «le monde aujourd’hui est incertain et instable» !

Si dans le domaine des finances, les gouvernants ont vite réagi pour sauver ce qui peut l’être et intervenir, dans une certaine mesure, dans le circuit interbancaire, il est un secteur vital à extirper des bourses et à «éloigner» des courtiers !

ONU, FMI, FAO ont observé, presque avec indifférence, l’envolée de prix des céréales. Comme pour le pétrole, l’on a avancé, ici et là, des «raisons» toutes fallacieuses de la «crise» du riz, du blé et autres produits de base entraînant, de par le monde, famines et troubles. Et l’on s’aperçoit, aujourd’hui, qu’un peu partout, des spéculateurs s’étaient emparés de cette «manne» pour se sucrer en toute quiétude…

Si les traders ont jonglé avec l’argent des banques pour les mettre finalement à genoux, il est immoral et criminel qu’on les laisse manipuler les ressources alimentaires !

D’où la nécessité impérieuse de retirer du circuit des cotations les produits alimentaires de base. Pour préserver l’équilibre mondial et éviter une catastrophe humanitaire.

 

M.C.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com