France-Tunisie (3-1): Une mi-temps de rêve et puis s’en va !





Que faut-il retenir de ce match amical France-Tunisie ? La première mi-temps avec ses promesses et ses satisfactions ou la seconde avec ses déceptions et son… naufrage ? Pour positiver disons qu’une défaite dans un test vaut mieux qu’un résultat positif qui cache les imperfections.


 


On craignait pour cette équipe de Tunisie encore en chantier un début de match difficile, mais son entame fut plus heureuse que prévue. Coelho a joué la carte de la prudence en prévision d’une réaction attendue de la part des Tricolores qui tiennent à une réhabilitation devant leur public et surtout à sortir un grand match pour sauver la tête de Domenech, leur coach.


Les Aigles de Carthage ont évolué en 4-5-1 avec le seul Jemaâ sur le front de l’attaque et Felhi au poste de pivot qui vient soutenir l’axe central en phase défensive. Cette tactique prudente a permis aux nôtres de tenir le coup durant toute une mi-temps face à un adversaire qui n’arrivait pas à se débarrasser de ses doutes et qui n’a été dangereux qu’en rares occasions malgré son penchant offensif avec un trio redoutable en attaque composé de Benzema, Henry et Ribéry.


Pendant quarante-cinq minutes, Mathlouthi n’a que très rarement été inquiété alors que les hommes de Coelho étaient plus appliqués, à l’image d’un Ben Khalfallah rayonnant à l’entrejeu malgré le manque de soutien. Mieux encore, sur une bévue de Fanni et une hésitation de Boumsong, Jemaâ va enflammer le Stade de France après un dribble déroutant qui a mis dans le vent son ange-gardien et un tir qui a trompé la vigilance de Mandanda. Ce fut le délire dans les gradins où une imposante galerie tunisienne était au rendez-vous. C’était le meilleur scénario possible pour le Onze nationale face à des Bleus de plus en plus minés par le doute. ce but va donner des ailes aux coéquipiers de Hagui, impérial dans sa zone. On a vu une équipe tunisienne confiante et inspirée qui aurait pu terminer cette mi-temps avec ce but d’avance n’eut été ce diable de Henry qui, suite à une combinaison avec Gourcuff, trouva la faille pour fusiller Mathlouthi d’un très joli tir dans la lucarne.


Les espérances et les promesses d’une première mi-temps de rêve dans les rangs tunisiens vont laisser la place à une forte déception à la reprise, d’autant plus que le même Henry va profiter de la passivité de la défense pour se retrouver seul devant Mathlouthi et donner aux siens un avantage très heureux.


La suite va être douloureuse pour les hommes de Coelho qui ont curieusement perdu tous leurs repères sur le terrain, se contentant de défendre et de dégager le ballon sans grande conviction. Côté français, la rentrée de Ben Arfa va s’avérer payante puisqu’il a su animer le côté droit de son équipe. Dans le camp tunisien, on a attendu des changements pour rectifier le tir et sortir d’une léthargie qui ne faisait que s’accentuer. Mais Coelho a perdu trop de temps avant d’entamer une série de remplacements peu utiles pour remonter la pente, surtout après ce stupide troisième but français réussi par Benzema qui a profité des erreurs successives de Mikari, Hagui et Felhi.


Assommés par ce retour en force des Tricolores, les nôtres ont sombré, se contentant de limiter les dégâts. La rentrée de Boujelbène, Essifi, Darragi et Ben Saâda n’a en rien arrangé leurs affaires et ils terminèrent le match assez laborieusement. Les Aigles de Carthage, avec l’effectif actuel, ont montré au cours de cette seconde mi-temps leurs limites et leur manque de métier et de personnalité qui leur ont joué un mauvais tour.


Des satisfactions, il y en a eu avec un premier half encourageant tout de même. Sur le plan individuel, on peut se frotter les mains en découvrant un très bon meneur de jeu, Ben Khalfallah. Côté déceptions, on cite en premier lieu la petite prestation de Belaïd qui fut pourtant le plus en vue contre les Seychelles -dans un tout autre cadre- alors que Ben Yahia, malgré toute sa bonne volonté, a été presque absent.


A propos d’absences, celles de Nafti et Mnari, deux joueurs très expérimentés, ont handicapé l’entrejeu, alors que l’apport d’attaquants costauds, à l’image de Chermiti, Chikhaoui, Dos Santos ou Selliti, a nettement fait défaut à une ligne d’attaque très légère malgré la bonne prestation de Jemaâ.


 


Kamel ZAÏEM


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* Leurs impressions


* Humberto Coelho


«Je pense que c'était un très bon match. En première mi-temps, on a fait douter la France. En deuxième mi-temps, ils ont profité de nos erreurs. On aurait pu faire 2-2, mais je suis content. Il nous manquait des attaquants, mais notre défense a trop subi. Mais on a fait douter la France. La France a un rythme supérieur. Domenech il est déjà là depuis longtemps. Ils ont des automatismes. J'ai des joueurs de qualité en dépit d'une moyenne d'âge très basse. Je suis sûr qu'avec le football qu'on a montré en première mi-temps, on va faire une grande équipe».


 


* Franck Ribéry


«On a bien entamé ce match, on a essayé de jouer assez haut, de les presser. La Tunisie, on peut le dire, jouait devant son public, avec beaucoup de supporteurs tunisiens. Des supporteurs français sont également venus nous supporter. Les Tunisiens ont mis beaucoup d'agressivité, ils étaient présents dans les duels. On prend ce but un peu dommage parce qu'on peut éviter de le prendre. On a eu la chance de voir Titi (Henry) qui marque un super but qui nous remet dans le match et qui nous redonne confiance pour la deuxième mi-temps. Et on a fait une bonne deuxième mi-temps, comme en Roumanie. Ca fait du bien. On a fait un bon nul en Roumanie, important, et ce soir, c'était important également de gagner pour notre public, pour la confiance et pour le coach aussi».


 


* Thierry Henry


«On fait beaucoup d'erreurs. Il faudra faire attention, mais on sait maintenant qu'on peut revenir. On a les jambes. Gourcuff, c'est facile de jouer avec lui. Sur le premier but, c'est une action qui vient de loin, mais comme je le disais quand tu joues en redoublement à une touche de balle, ça devient plus difficile pour l'adversaire. En première mi-temps, quand on a commencé à courir avec le ballon et à le faire tourner, c'est devenu plus délicat pour l'adversaire. On a les joueurs pour».


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* Le fair play de Ben Arfa


Hatem Ben Arfa, d'origine tunisienne mais copieusement sifflé par le public du Stade de France, a déclaré mardi qu'"il n'en voulait pas" aux spectateurs.


"On s'attendait tous à ça, a-t-il affirmé. On l'avait vu contre le Maroc et l'Algérie, on va dire que c'est devenu une habitude même si je ne sais pas s'ils le pensent vraiment. Mais je ne leur en veux pas vraiment.


C'est un peu dommage mais ce n'est pas grave. Je connais l'être humain, il fait parfois des erreurs. Ils ont besoin d'exister, il y avait plus de Tunisiens que de Français, il faut les comprendre."


"C'est sûr que c'est bête mais du moment qu'il y avait du spectacle et que tout le monde s'est fait plaisir, ce n'est pas le plus important?", a-t-il poursuivi.


"C'était un match important pour la communauté tunisienne et française pour qu'elles se rassemblent, a ajouté le joueur de Marseille. Pour moi, c'était une fierté."


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* Fiche technique


A St-Denis (Stade de France): France bat Tunisie 3 à 1 (mi-temps: 1-1)


Temps: doux


Terrain: moyen


Eclairage: bon


Spectateurs: 74.564


Arbitre: Anton Genov (BUL)


* Buts


France: Henry (40’, 48’), Benzema (58’)


Tunisie: Jemâa (30’)


* Avertissements


France: Toulalan (66’)


Tunisie: Boussaidi (84’)


* Formations


France: Mandanda - Fanni, Boumsong, Abidal, Clichy - Toulalan, A. Diarra - Ribéry (Ben Arfa, 46’), Gourcuff (Briand, 81’), Henry (cap./Malouda, 84’) - Benzema (Sinama-Pongolle, 69’).


Sélectionneur: Raymond Domenech


Tunisie: Mathlouthi - Boussaidi, Hagui (cap.), Ghezel, Mikari - Belaïd (Essifi, 69), Ragued (Darragi, 73’), Felhi (Nafkha, 86’), Ben Yahia (Boujelbene, 65’), Ben Khalfallah (Mosrati, 90’ + 1) - Jemâa (Ben Saada, 79’)

Sélectionneur: Humberto Coelho


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com