Il est temps pour une vraie culture de la consommation !
Enfin, un Institut national de la consommation en Tunisie ! Une exclamation qui prend une tout autre consonance aujourd’hui, alors qu’une crise financière internationale sans précédent fulmine aux quatre coins du monde. Car, faut-il le rappeler, cette crise a commencé avec les consommateurs américains acculés par le marché à ne plus être en mesure d’honorer leurs crédits immobiliers.
Si, pour les investisseurs, le consommateur est un acteur essentiel du marché, pour les spéculateurs, il n’est plus qu’un jouet qui finit inéluctablement par payer les folies des autres, que ce soit de manière directe en perdant un patrimoine péniblement acquis ou, de manière indirecte, en payant de sa poche les sommes réunies par les Etats pour renflouer les opérateurs financiers compromis.
En Tunisie, nous nous sommes interdit ce genre de traditions’’ qui sont malheureusement monnaie courante sous d’autres cieux. Voire, la philosophie du Président Ben Ali va bien au-delà en attestant que l’Homme (le consommateur, le contribuable, le citoyen) est au centre de toutes les politiques de l’Etat et en faisant que tout converge vers sa dignité et son bien-être.
C’est là que la culture de la consommation prend son origine en Tunisie, allant du respect indispensable des standards de qualité à la régularité des contrôles de toutes sortes sur tous les produits, du plus tangible au plus numérique’’, en passant par tout ce qui est possible et imaginable pour que le consommateur en ait invariablement pour son argent.
Seulement, toute cette armada semble tout à coup insuffisante. Les événements internationaux, dans un monde de plus en plus globalisé et où nous avons choisi l’ouverture, montrent ainsi que la culture de la consommation doit encore aller plus loin pour que le consommateur soit encore plus profondément conscient de la signification de tout ce qui se passe autour de lui pour, en définitive, être en mesure de faire le meilleur choix.
C’est dans cette perspective que la Commission de l’agriculture, de l’industrie et du commerce relevant de la Chambre des Députés vient d’adopter un projet de loi portant sur la création d’un Institut national de la consommation. Une institution dont la mission est d’abord d’apporter une assistance technique aux structures en charge du dossier de la consommation et de mettre à leur disposition toutes sortes d’études et recherches juridiques et socioéconomiques traitant de la consommation. Mais il reste que son objectif primordial est de développer l’information du consommateur et de contribuer à la diffusion d’une culture moderne de la consommation pour qu’il sache toujours exactement à quoi s’en tenir.
Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn

