Le chef de la Délégation de la Commission européenne en Tunisie: «La crise financière internationale ne touchera pas ouvertement l’économie réelle de la Tunisie»





L’Union Européenne est notre premier partenaire économique et notre prospérité dépend intimement de la sienne. Il est dont tout à fait naturel de s’interroger sur l’impact qu’auraient sur le système financier de la Tunisie les effets de l’actuelle crise financière internationale; interrogation que nous avons confiée à M. Adrianus Koetsenruijter, ambassadeur, chef de la Délégation de la Commission européenne en Tunisie, lors de sa visite à Sfax avec nombre d’autres ambassadeurs de l’UE en Tunisie à l’occasion de la quasi fin des travaux de gain de terrain et de dépollution de la plage de Taparura.


 


Sfax-Le Quotidien


Le Quotidien: Alors que la santé économique du Maghreb dépend de la santé de l’Union Européenne, sa première partenaire, quelles vous semblent les perspectives de l’UE par rapport à la crise financière internationale et quel en sera impact sur le Maghreb et la Tunisie ?


M. Adrianus Koetsenruijter : Contrairement à la politique des Etats-Unis (par exemple son déficit budgétaire astronomique), l’Union Européenne a toujours entretenu des indicateurs très solides au niveau de l’économie réelle et cela est de nature à nous protéger contre les effets de la crise. Et somme, nous entretenons beaucoup de prudence dans notre politique socio-économique aussi bien que dans le volume de création de la monnaie…


Cependant, à part les répercussions sur le système financier (même si les mesures actuelles et à venir vont protéger les banques), des échos issus de la crise sont attendus en Europe. On va ressentir sans le moindre doute un effet de récession mais pas aussi fortement que cela se produira aux Etats-Unis.


Les conséquences de la crise vont évidemment aller au-delà de l’Union Européenne et je pense que la Tunisie va également le ressentir, surtout dans le domaine du tourisme et de l’investissement en 2009. Mais il faut comprendre le fond : ‘’Plus prudent’’ implique ‘’Moins touché’’ !


 


Le Quotidien : L’UE a-t-elle lancé une coordination avec les pays du Sud, particulièrement avec la Tunisie ? Peut-être qu’un Fonds spécial serait utile dans ces conditions ?


M. A. K. : Il n’existe pas de coordination en ce moment… cependant, il est prévu qu’il y aura une grande réunion de concertation le 11 novembre prochain à l’échelle régionale… et il rien ne s’oppose à ce que la Tunisie soulève ce point.


 


Le Quotidien: Malgré des fondamentaux en bonne santé et une grande diversification de l’économie tunisienne, son économie réelle risque-t-elle quand même d’être profondément touchée?


M. A. K.: Honnêtement, je pense que l’économie réelle de la Tunisie ne sera pas ouvertement touchée… Je suis optimiste, je crois que les effets ne vont pas toucher le pays en profondeur.


Mais si la crise financière internationale ne touchera pas ouvertement l’économie réelle de la Tunisie, je pense que les ambitions de parvenir à un taux de développement du PIB de l’ordre de 7% ou 8% en 2009 sont grandement compromises.


Pourtant, je reste convaincu que votre pays réussira à réaliser des taux de développement de l’ordre de 3% ou de 4% et il n’est pas du tout exclu que les résultats soient même meilleurs.


 


Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com