Autosuffisance !

Les yeux dans les yeux, la Tunisie est plus que jamais face à la mondialisation. Et cette situation permanente et pérenne est porteuse d’une multitude impressionnante de pressions exogènes qui influent d’une manière ou d’une autre sur nos ressources. Car la crise financière internationale actuelle est loin d’être notre seul souci au moment où elle n’a rien enlevé à l’urgence de contrebalancer les effets de hausse sans précédent des matières premières ; effets beaucoup plus agissants sur la sphère de l’économie réelle.

Par delà la fausse accalmie des prix de pétrole, nous payons aujourd’hui de deux à trois fois plus cher l’acier, le cuivre, l’or, le soja, le blé, le riz… qu’il y a à peine quelques années. Et la Tunisie, qui tient pour quasi sacrée la disponibilité sans faute de tous ces produits pour les entreprises et les ménages, est obligée de gonfler chaque année l’enveloppe de la compensation. Avec le résultat de voir nos précieuses ressources budgétaires aller au différentiel de ces prix au lieu d’être orientées vers les programmes de dynamisation de l’emploi, de l’investissement, de l’exportation, du développement régional…

C’est pour cela que la philosophie de développement du Président Ben Ali est de travailler à nous assurer le plus fort taux d’autosuffisance dans plus de domaines possibles. Le lait, les œufs, le poulet, de nombreux fruits et légumes… sont aujourd’hui dans la marge verte alors que, pendant des années, nous avions été acculés à en importer en masse contre des blocs entiers de nos précieuses réserves de devises.

La ‘‘recette’’ du Chef de l’Etat est simple : on multiplie les études, on encourage l’investissement, on améliore ou on crée des organismes d’appui… de manière à créer une telle dynamique que les producteurs deviennent capables, non seulement de dominer la demande intérieure, mais aussi d’oser des sorties vers les marchés maghrébins, européens et autres.

C’est, à peu de choses près, cette même ‘‘recette’’ qui est en train d’être appliquée aux grandes cultures (particulièrement la céréaliculture), aux périmètres irrigués et à l’agriculture biologique… A peu de choses près, car ces domaines sont plus délicats que ceux que nous avons cités plus haut et leur réussite ne dépendra pas uniquement des investissements et des encouragements. Elle appellera également à une mise à contribution de la Recherche scientifique et des outils de la géographie régionale alors que nous sommes devant deux impératifs majeurs :

— créer les espèces les plus adaptées à notre climat

— choisir les meilleures terres capables de les accueillir

Faut-il également rappeler que les niveaux de production capables de nous mener à l’orée de l’autosuffisance réclament l’ouverture de nos projets à des régions qui étaient jadis connues pour leurs grandes cultures et qui sont aujourd’hui quasiment sous l’emprise de climats semi-arides comme c’est le cas pour la région de Kairouan. Elles viendront ainsi épauler nos espaces céréaliers naturels qui se trouvent autour des régions de Béja, Jendouba, Siliana et le Kef.

Le Chef de l’Etat est sur le pont, attentif comme toujours. Il suit de près le programme d’action relatif aux mesures qu’il a décidées pour les grandes cultures où il insiste sur l’importance d’un meilleur encadrement des agriculteurs, particulièrement dans le secteur de la céréaliculture, devenu une priorité nationale. Pour compléter le schéma, il est également convaincu de l’importance des périmètres irrigués, de la pêche et de l’agriculture biologique avec leurs perspectives très prometteuses sur les marchés extérieurs.

 

Manoubi AKROUT

manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com