La réalité du terrain

A seize jours de l’élection présidentielle américaine, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Barack Obama a reçu dimanche le soutien de poids de Colin Powell, ancien secrétaire d’Etat du républicain George W. Bush.

Un soutient de nature à stimuler les démocrates dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle alors que les sondages accordent en moyenne 5 points d’avance à Obama au niveau national.

Autant dire qu’on se dirige vers un premier président afro-américain aux Etats-Unis. Un fait nouveau qui devrait apporter un sang nouveau dans la politique américaine, mise à mal dans son fondement aussi bien par la crise économique internationale que par son enlisement sur la scène internationale dans la foulée des guerres que les Américains mènent aussi bien en Irak qu’en Afghanistan.

Doit-on s’en réjouir pour autant ? Et doit-on, surtout, croire à un changement fondamental dans la politique américaine ?

La question se pose en sachant que le futur président américain doit composer avec une réalité sur le terrain qui, tout compte fait, le dépasse.

Premier dossier que le futur président doit traiter d’urgence concerne, bien sûr, la crise économique. Or, et au delà des discours politiques prometteurs, que peut vraiment apporter Obama, ou, le cas échéant, Mc Cain ?

En fait, et comme ça été dit un peu partout dans le monde, la crise actuelle est avant tout une crise idéologique. Cela, dans le sens où c’est l’idéologie capitaliste qu’il faut désormais revoir.

Or y a-t-il aujourd’hui quelqu’un aux Etats-Unis qui oserait vraiment poser la question. Le dédain de président actuel pour la proposition européenne d’organiser une conférence internationale sur la question en dit long sur l’état d’esprit américain en la matière.

Cela concerne aussi le choix de politique internationale américaine. Les USA se sont implantés à coups de centaines de milliers de soldats en Irak et en Afghanistan, et, quand bien même Obama gagnerait, il n’aura pas vraiment de choix que de continuer sur la lancée. C’est qu’il reste avant tout un Américain, et il pensera toujours, comme tout Américain qui se respecte, que le monde entier a besoin de l’oncle Sam pour résoudre ses problèmes.

Faut-il pour autant dire qu’il n y aurait aucun changement en vue ? Certainement pas, mais les changements devront surtout être de style. Sur le fond il ne faut pas, pense-t-on, s’attendre à un changement radical.

En tout cas, l’avenir proche nous le dira.

 

M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com