Section vidéo aux J.C.C. 2008: Alléchante programmation !
Hichem Ben Ammar, chargé de la sélection et de la programmation de la section vidéo aux J.C.C. 2008, a présenté hier matin les détails d’une programmation qui mérite toutes les attentions.
En ces temps où le cinéma s’achemine de plus en plus vers l’électronique, la vidéo devient une denrée rare que nombre de spécialistes tentent de préserver. Aujourd’hui, beaucoup de voix s’élèvent pour resserrer les clivages entre les films et les vidéos. Hichem Ben Ammar, en est conscient et se montre comme l’un des plus fermes défenseurs de cette forme d’art qui devrait avoir son droit de cité dans nos festivals spécialisés comme les J.C.C.. C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué notre universitaire lors du point presse d’hier matin, histoire, dit-il, de «bousculer le statut de la vidéo en matière de cinéma».
Pour ce qui est de la section vidéo de la 22e session, «on a choisi le documentaire engagé et plus spécialement celui dont la ligne éditoriale est en prise directe avec l’actualité brûlante» dit-il. Il y aura, en effet, des uvres sur le Liban, l’Irak, le sida, le banditisme et l’identité culturelle dont l’approche s’assimile au reportage, sans pour autant s’attarder sur les portraits ou l’évocation patrimoniale, a-t-il expliqué.
Hichem Ben Ammar a aussi présenté des documentaires en hommage à certaines personnalités éminentes dont on cite le cinéaste soudanais Gadalla Gubara décédé en août 2008. Mustapha Akkad, assassiné en Jordanie, est l’objet d’un film documentaire «Akkad, from Aleppo to Hollywood» signé par Mohamed Belhadj, directeur de la production à Al Jazira documentaire. La Tunisienne Leila Menchari sera elle aussi le personnage dont parle le documentaire «M par M» qui propose un face-à-face entre notre nationale Leila Menchari et Jeanne Moreau. Un autre portrait non moins intéressant «H’nifa» qui passe en revue la vie si mouvementée de la chanteuse algérienne décédée dans les années 90.
L’Algérie a une place de choix dans cette session des J.C.C. et sera présentée dans ses différentes facettes à travers des uvres signés par des réalisateurs de la trempe de Malek Ismaël. Rappelons, que ce dernier a signé il y a peu « Aliénations » qui passe au vitriol une Algérie malade de son temps. Dans la foulée, son film, un long métrage programmé lors de la section vidéo, «La Chine est encore loin», s’attaque au système scolaire en Algérie. «Goulili» qui se traduit par «Dis moi si tu sais» signé par l’Algérienne Sabrina Draoui, lève le voile sur un fait qui mine de l’intérieur l’Algérie, en présentant avec audace, chose qui ne manque pas au cinéma algérien, un dialogue entre deux femmes, l’une est voilée et l’autre ne l’est pas. Hichem Ben Ammar fait le tour de bien d’autres uvres qui méritent d’être vues et revues. A titre indicatif citons le documentaire signé pour le scénario et la voix off par Madonna. La chanteuse s’engage en effet pour jeter la lumière sur les enfants orphelins du sida qui eux-mêmes peuvent en être les victimes. Youssou N’dour ne manquera pas à la photo de famille des J.C.C. 2008, puisqu’un film documentaire portera sur sa vie. Elément important à relever, cette uvre sera accompagnée en musique par le pianiste tunisien non-voyant Moncef Jannoud, pris en charge depuis l’âge de six ans par une famille Suisse
Cette session vidéo nous réserve des uvres fondamentales et des réalisateurs influents qui ne manqueront pas de nous donner une vue d’ensemble sur l’Afrique telle qu’elle est conçue par les cinéastes arabes, européens et bien entendu africains. En perspective, à priori, de l’art sans fard. C’est du moins le souhait de Hichem Ben Ammar.
Mona BEN GAMRA

