France: Rachida Dati, dos au mur





Fait rarissime, les trois principaux syndicats de gardiens de prison appellent au blocage de leurs établissements le 13 novembre pour dénoncer «le mépris» de Rachida Dati face à la misère carcérale en France.


 


Le Quotidien - Agences


Après les magistrats, c'est au tour des gardiens de prisons de se mobiliser contre leur ministre de tutelle. Les trois principaux syndicats de surveillants pénitentiaires ont appelé lundi soir à un «blocage total» des prisons le 13 novembre prochain. Un mouvement social rarissime chez ces personnels privés du droit de grève.


Ufap, FO et CGT dénoncent de concert le «mépris» de Rachida Dati face à un système carcéral français en grave déshérence. «La pénitentiaire est à l'agonie et la ministre ne le voit pas. Si on continue, il va y avoir le feu», estimait lundi le secrétaire général de FO-pénitentiaire, Christophe Marquès.


Le responsable syndical était, il faut le dire, furieux : Rachida Dati était absente de la réunion prévue à la Chancellerie lundi matin. Les syndicats réclamaient cette rencontre depuis le 7 octobre dernier. Ils voulaient évoquer avec la ministre la situation alarmante des prisons françaises, dans lesquelles s'entassent 63.185 détenus pour moins de 51.000 places et dans lesquelles quatre détenus se sont suicidés en un mois.


«Mépris»


Furieux de l'absence de Rachida Dati, qui s'était faite remplacer par son chef de cabinet, UFap, FO et CFGT ont ensuite boycotté un second rendez-vous organisé dans l'après-midi. La Chancellerie assure toutefois que «la constitution de groupes de travail sur des thèmes choisis par les syndicats», comme les conditions de travail ou la gestion de la détention, leur a été proposée, ainsi qu'un audit de l'ensemble des établissements pénitentiaires et une rencontre le 7 novembre prochain.


Des promesses en l'air, pour les organisations de gardiens : «Ils ont dit OK à tout mais avec quels moyens ?» demandait Christophe Marquès. «Ce ne sont que des paroles», convenait son homologue de l'Ufap Jean-François Forget.


Et tous de faire part de leur désaffection croissante à l'égard de la Garde des Sceaux. «La ministre n'a pas su se rendre disponible, elle avait dix jours pour le faire», estimait Jean-François Forget. Pour Christophe Marquès, «elle se moque de nous». Le leader syndcal menace : «Si Rachida Dati ne comprend pas, on va lui montrer qu'on est capable de mobiliser pour qu'elle soit obligée d'organiser non pas des groupes de travail mais des réunions de crise».


Journée d'action


La grogne a déjà provoqué les premiers conflits. A Lyon, les gardiens sont en grève mardi. Le syndicat FO-Pénitentiaire de Villeneuve-les-Maguelonne, près de Montpellier, appelle à une action mercredi. Il dénonce notamment une directive de la ministre, qui demande aux surveillants de passer toutes les deux heures dans les cellules pour limiter les risques de suicide. Selon le syndicat, cette directive ne fait qu'accroître «l'épuisement du personnel» ainsi que «les traumatismes des détenus les plus fragiles psychologiquement».


Rachida Dati peine à se réconcilier avec les personnels de la justice. Si la Garde des Sceaux était absente du ministère lundi, c'était notamment du fait d'une visite à Metz pour rencontrer des magistrats. Mais la ministre a été accueillie par des manifestants hostiles à cette visite-suprise et à sa politique. Au final, les magistrats ont refusé de rencontrer Rachida Dati.


Jeudi dernier, plusieurs centaines de juges avaient manifesté à Metz contre les «pressions» exercées par la Chancellerie. Et jeudi prochain, c'est - chose rare - l'ensemble des syndicats de magistrats qui appelle à une journée d'action nationale contre la politique de la Garde des Sceaux.


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* Filmés en train de battre un jeune homme: Deux policiers français en garde à vue


Le Quotidien - Agences


Deux policiers soupçonnés d'avoir porté des coups à un jeune homme de 20 ans mardi dernier lors d'une interpellation à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, ont été placés hier matin en garde à vue dans les locaux de l'IGS, la police des polices, à Paris.


Ces deux agents en poste au commissariat de Gagny, dans le même département que Montfermeil, un gardien de la paix de 26 ans et un sous-brigadier de 38 ans, sont suspectés d'être les policiers que l'on voit, dans une vidéo filmée par un témoin, asséner à Abdoulaye Fofana un coup de crosse de flash-ball et plusieurs coups de tonfa (longue matraque dure) dans le hall de son immeuble. La vidéo a été mise en ligne sur le site Rue 89.


Cette vidéo avait été versée dès la fin de semaine dernière à l'enquête confiée jeudi par le parquet de Bobigny à l'inspection générale des services. Outre les deux policiers placés en garde à vue pour «violences par dépositaire de l'autorité publique avec arme», l'IGS doit entendre «une dizaine» de leurs collègues dans la journée. Vers 22h mardi dernier, ces policiers avaient interpellé le jeune homme chez lui, après des échauffourées dans le quartier entre des jeunes et la police, qui avait essuyé des jets de pierre. Abdoulaye Fofana s'est vu attribuer 2 jours d'interruption totale de travail (ITT) et l'un des policiers, qui a eu le pouce cassé, un mois d'ITT.

Fofana a été déféré vendredi au parquet de Bobigny qui l'a mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son jugement le 10 décembre. Le jeune homme a contesté être impliqué dans les jets de pierre contre les policiers, assurant qu'il regardait un match de football en famille ce soir-là.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com