Le Caucase risque de s’embraser de nouveau : Pourquoi Israël arme-t-il l’Azerbaïdjan ?





Une situation dangereuse est en train de naître au Caucase si l’on se fie à ces reportages qui révèlent qu'Israël continue de vendre de l’armement militaire à l'Azerbaïdjan et dont la valeur atteint des centaines de millions de dollars. Ces ventes d’armement militaire représentent une bombe incendiaire dans la région volatile du Caucase du Sud, là même où le monde entier, complètement stupéfait, vient tout juste d’assister à une courte guerre sanglante entre la Russie et la Géorgie, et d’où la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par Moscou a modifié le paysage géopolitique de la région, peut-être de façon définitive.


 


Le Quotidien - Agences


Paradoxalement, les israéliens qui accusent l'Iran et la Syrie de fournir de l’armement au Hamas et au Hezbollah sont maintenant devenus d’importants marchands d’armement qui vendent tout un éventail d'armes offensives à l'Azerbaïdjan. Ils vendent ces armes à un moment où Ilham Aliyev, le président de l'Azerbaïdjan, a menacé à plusieurs reprises de reprendre le Haut-Karabakh par la force militaire.


Par ailleurs, il n’y a pas que les ventes militaires qui unissent ces jours-ci Israël à l'Azerbaïdjan. Le 2 octobre, un journal azéri, DAY AZ, a publié une interview de Joseph Shagal, un député à la Knesset israélienne et le président du Groupe interparlementaire Israël Azerbaïdjan, qui a déclaré: « Les associations économiques et les alliances militaires sont possibles avec un partenaire tel que l'Azerbaïdjan. » Shagal a affirmé que les ventes d'armes par Israël sont strictement contrôlées par le gouvernement. Il a ensuite ajouté: « Israël ne fournirait jamais d’armes à un pays si cela pouvait nuire à la sécurité des États voisins. » Cet homme a apparemment été sourd aux nombreuses menaces belliqueuses d’Aliyev visant à rallumer la guerre avec le Haut-Karabakh.


Maintenant que tous ces faits sont connus du publics, une question se pose: Est-ce que l'administration Bush est complice de ces ventes d'armes israéliennes ou y a-t-elle simplement consenti? Dans les deux cas, le résultat est le même. Certes, les États-Unis ont publié de tièdes avertissements contre l'usage de la force dans le Caucase, mais ils n'ont rien donné. La preuve est l'échec de l'épisode militaire géorgienne en Ossétie du Sud qui a perturbé la stabilité régionale et a engendré la crainte d'une nouvelle Guerre froide. Ce qu'il faut maintenant, c'est une déclaration énergique et sans équivoque des États-Unis démontrant leur opposition à toute nouvelle course à l’armement dans la région du Caucase de même qu’à l'usage de la force dans les conflits non résolus. Toutefois, ni le vice-président Richard Cheney, ni le secrétaire d'État adjoint John Negroponte n’ont fait une telle déclaration au cours de leur visite respective qu’ils ont effectuée à tour de rôle à Bakou, en septembre.


Lobbying


Malheureusement, le développement des liens économiques et du soutien militaire entre Israël et l'Azerbaïdjan fait suite aux promesses de l’American Jewish Committee (AJC) de faire du lobbying en faveur de l'Azerbaïdjan. Cet engagement a été annoncé à Bakou par David Harris, le président de l'AJC, qui s'y est rendu suite à l'invitation du président azéri Ilhan Aliyev. Dans des éloges éhontés pour avoir protégé la liberté de religion, Harris a déclaré: « La tolérance religieuse en Azerbaïdjan est un modèle pour le monde entier. » Harris est soit ignorant ou sans pitié face aux pogroms et aux massacres d'Arméniens à Soumgaït et de Bakou à l'époque où l'Union soviétique était en train d'imploser. Et il ignore apparemment le crime culturel commis plus récemment à Djugha par l'armée azerbaïdjanaise alors qu’ils ont détruit des centaines de pierres tombales khachkars, dans un cimetière arménien qui remonte à l'époque médiévale.


Harris est allé plus loin. Il a déclaré: « L'AJC se rend compte depuis longtemps de l'importance de l'Azerbaïdjan, comme un véritable ami des États-Unis et d'Israël. » Il a déclaré aux journalistes qu'il avait longuement discuté de la question du Haut-Karabakh et, en particulier, du rôle du Groupe de Minsk de l'OSCE. Il a promis d'exhorter les États-Unis à accorder plus d'attention « pour soutenir la mission du Groupe de Minsk de l'OSCE. » À la lumière du parti pris de Harris pour Bakou, cette promesse devra être suivie attentivement. Enfin, Harris a rendu hommage à ses hôtes dans ces mots: « Nous avons évalué cette occasion d'en apprendre plus sur ce puissant allié dans une région critique et pleine de défis. Nous attendons avec impatience de partager nos points de vue sur le rôle central de l'Azerbaïdjan lors de notre retour aux États-Unis. »


Par conséquent, nous assistons à une inquiétante combinaison de ventes d'armes à l'Azerbaïdjan, de liens militaires possibles avec Israël, et d’un soutien à Bakou qui se fait entendre par l'American Jewish Committee (AJC), l'un des plus importants et des plus influents groupes de défense juive aux États-Unis. Ces événements sont à peine connus ou compris des gens à la base de la communauté juive. Ils ne se rendent pas compte de la manière dont l'intrusion d'Israël et de l'AJC dans la région instable du Caucase augment la possibilité d'une guerre. Ils ne se rendent pas compte qu’il n’y a seulement qu’un cessez-le-feu fragile qui sépare les forces militaires azéries et arméniennes et que le fait de fournir de l'armement et des encouragements à un leader belliqueux en Azerbaïdjan ne fait qu’accroître la possibilité d'une nouvelle guerre.


Dans de telles circonstances, il est indispensable de tout dévoiler au public et de lancer des appels à Israël de même qu’au public juif des États-Unis pour que ces jeux dangereux s’arrêtent. C'est un défi que le gouvernement de l'Arménie ne peut ignorer de même que l'Armenian Assembly of America et sur lequel doivent se pencher d'autres organismes de défense aux États-Unis.

D’après Armenianow.com/


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com