Dar Lasram : Belle moisson…
Le luthiste Khaled Ben Yahya a choisi de faire son art loin des clichés et d’explorer de nouvelles pistes. Avec Achok Pathak et Jakie Detraz, le dialogue des cultures et des civilisations se présente sur des airs libres.
Khaled Ben Yahya n’est pas à son premier concert en Tunisie. Les mélomanes, les vrais, connaissent bien le talent de ce luthiste tunisien qui a parcouru le monde accompagné de son luth .Diplômé de l’Institut Supérieur de Musique de Tunis, notre artiste a choisi de s’installer en France pour poursuivre ses études musicales mais aussi pour chercher d’autres voies au- delà des phrasés consommés et des redites artistiques. Des récitals à succès sur les prestigieuses scènes françaises, des passages dans les émissions culturelles… Khaled Ben Yahya a su trouver son chemin et imposer son cachet. «J’ai cherché à démontrer que la musique arabe n’est jamais une musique traditionnelle enfermée sur elle-même. Au contraire, c’est une musique vivante, capable d’évoluer loin des stéréotypes», nous a confie Khaled Ben Yahya qui a choisi de présenter et de défendre la musique arabe et surtout ses instruments à sa façon ! La tête grouille d’idées et la mémoire est nourrie par des mélodies qui ont rythmé et bercé son enfance et sa jeunesse :cet artiste a trouvé dans le luth le confident fidèle. Ses compositions sont des douces confidences, des murmures de l’âme; «wissal», «moudaaba», «Retour» et d’autres compositions ont ponctué son premier album traduisant une passion conjuguée à une douce révolte face aux clichés. Passionné, innovateur et surtout ouvert sur les musiques du monde, Khaled Ben Yahya ne s’est pas contenté de tourner d’un festival à un autre avec une musique très différente de ce qui existe sur la scène. Au contraire, il a choisi l’ouverture dans ces facettes les plus intelligentes. L’aventure, une expression qui reflète des bribes des expériences menées par cet artiste en France. Une longue histoire qui ressemble dans quelques détails à celle d’un bon nombre de nos étudiants à l’étranger qui luttent contre vents et marées pour réussir. La quarantaine, Khaled Ben Yahya est aujourd’hui un nom bien connu du côté des producteurs qui ont trouvé dans sa musique un cachet original et une âme vivante. D’un projet à un autre, ce luthiste est un vrai troubadour. C’est dans ce cadre qu’il a croisé le duo Achok Pathak et Jakie Detraz et depuis les ragas ont croisé nos «maquams» dans un joli spectacle intitulé «le voyage de Marco Polo» et ce dans le cadre du festival des voix de la Méditerranée à Strasbourg. «Cette rencontre avec des musiciens d’horizons différents m’a permis d’enrichir mes connaissances musicales et d’élargir mes voies ; Achok Pathak est un vrai maître qui a hérité ses traditions musicales de son père qui était la premier maître des ragas en Inde. Belle rencontre pour nous deux car on a pu croiser nos musiques et échanger des connaissances et des techniques différentes. C’est dans ce cadre que ce concert s’inscrit ; c’est un vrai dialogue entre mon luth, le sitar de Achok Pathak et la tabla de Jakie Detraz…Trois âmes, trois cultures et trois civilisations fusionneront, demain, sur la scène de Dar Lasram au bonheur de tous les passionnés des fusions», souligne Khaled Ben Yahya. Pour Achok Pathak qui a débarqué sur la terre de Carthage, jeudi à 14h00, et pour la première fois, le pari mérite le détour et la découverte des ambiances tunisiennes, durant ce mois sacré, est une aubaine à ne pas rater. Quand à notre national Khaled Ben Yahya, il s’envolera à Paris juste après le concert de «Ya mawlana» de Dorsaf Hamdani, prévu pour le 18 de ce mois, pour une nouvelle tournée en attendant le lancement de son nouvel album qui sera une belle surprise pour les férus des ambiance jazzy.
IMEN ABDERRAHMANI

