Ali Sabri Belaïd: Ce Narcisse des temps modernes

Il a un baluchon bien garni d’idées et d’images dans sa tête. Ali Sabri Belaïd sait bien manier ce que lui passe par la tête et le transformer en des œuvres. Sur les cimaises de la Galerie des arts de Ben Arous, il partage avec le public ses «Estimations» et ce jusqu’à la fin de ce mois.

 

Rebelle, Ali Sabri Belaïd a choisi dès ses débuts d’aller loin de ces poncifs et stéréotypes qui ombragent le paysage artistique. Rejetant les standards de l’université comme ceux de la scène, il s’est vite démarqué par ses idées et projets artistiques emplis de folie. Diplômé de l’Institut Supérieur des Beaux -Arts de Sousse, spécialité sculpture, ce jeune artiste ne s’est pas laissé guider par certains clichés et pratiques qui dominent le paysage. Attentif à son entourage, confiant et ouvert aux idées et expériences nouvelles, Ali Sabri Belaïd a tenté mille et une pistes pour libérer son talent et imposer son regard. Du 4e art au 7e art en passant par la musique et le stylisme, ce sculpteur de formation s’est abreuvé des expériences des autres pour élargir ses horizons et enrichir son style. A la Galerie des arts à Ben Arous, il expose actuellement une cinquantaine d’œuvres ou plutôt d’« Estimations», le titre de cette exposition, où il continue à confirmer sa démarche. «Je ne cherche pas à plaire. Je cherche à m’exprimer en toute liberté, à raconter ce que je suis, loin des fioritures et des masques. J’essaie d’avancer à pas sûrs, tout en restant à l’écoute de ma génération. «Estimations», ma nouvelle exposition d’aquarelles, s’inscrit dans cette vision», explique l’artiste.

A vingt-huit printemps, le peintre semble avoir tout essayé pour trouver son propre style, loin des influences nationales. «Je refuse les cloisons entre les arts, car je crois que les expressions artistiques se complètent. Je me cherche dans le théâtre, le cinéma, les arts plastiques, le stylisme… Chaque support a son charme et ses codes, j’ai beaucoup appris de ces petites expériences. Je refuse d’imiter le style des autres, d’adopter des idées et des images qui me sont étrangères ou qui ne répondent pas à mes convictions et à mes choix. Ce qui m’étonne vraiment est que certains grands noms ne font depuis des années que reproduire leurs propres œuvres. Ce qui compte pour eux est leur compte bancaire. L’art, c’est une autre paire de manches», a noté l’artiste, condamnant ces artistes qui continuent à peindre les paysannes défilant dans leurs habits traditionnels, les portails de la Médina et les terrasses de Sidi Bou Saïd.

«En sculptant ou en peignant, j’essaie toujours d’être fidèle à mon époque, d’être contemporain et de raconter ma société comme elle est, sans fards… Je cherche à explorer toutes les réformes pour retrouver l’artiste. Des pulsations de la société je nourris mon art, mon esprit et mon âme», renchérit l’artiste ou plutôt ce Narcisse amoureux de son propre art. Un Narcisse qu’on souhaite voir garder les pieds sur terre puisqu’il s’apprête à s’envoler pour la Belgique puis la France pour exposer des bribes de ses réflexions et de ses recherches artistiques.

D’autres projets ? Ali Sabri Belaïd souhaite relancer des projets cinématographiques et musicaux en stand-by.

 

I.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com