Scandale au FMI: Une crise en cache une autre !






Comme s’il ne suffisait pas à la planète d’endurer le martyre à cause de la crise bancaire et boursière qui la frappe de plein fouet, voilà qu’un scandale est venu entacher l’une des deux vénérables institutions financières internationales, le Fonds monétaire international (FMI). Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI est en effet impliqué dans un scandale à base de sexe. Les dommages risquent d’être importants pour le FMI lui-même auquel on reproche de ne pas avoir prévu la présente tourmente. Mais aussi pour le responsable de l’institution.


Le sexe et le fric gouvernent, dit-on, le monde. Le sexe est cette impulsion violente qui émane du tréfonds de notre corps et nous pousse irrésistiblement vers une créature du sexe opposé. Elle est une force qu’il est difficile de domestiquer et qui peut briser une personnalité si elle n’est pas satisfaite. Car le besoin d’aimer et d’être aimé constitue le premier terreau de la puissance dont les hommes rêvent.


Le deuxième terreau est le fric. Tout comme le sexe, l’argent est indispensable à notre survie, la survie matérielle s’entend. C’est à un besoin fondamental, vital que répond l’inclination au profit. L’argent est avec l’amour —car c’est par le sexe que l’on peut accéder à la valeur Amour— l’autre puissante énergie de la nature. Ils sont les leviers de l’Histoire et des mutations qui la traversent.


Que l’on me pardonne cette entrée en matière un peu pontifiante ! Cela s’explique par le souci de placer certains faits —mais sans les justifier— dans le vrai contexte du scandale qui vient de secouer le Fonds monétaire international en la personne de son directeur comme ce fut le cas, il y a quelques mois, pour le directeur de la Banque mondiale.


Sans nous y arrêter longuement, car tout le monde connaît le scandale lié à la personne de Paul Wolfowitz, nous ne pouvons que faire observer la convergence des deux faits. Et nous dire que la collusion du sexe et du fric, parvenus au faîte de leur expression, peuvent mettre à mal le destin de l’humanité. Et que faute de les discipliner et de les canaliser pour parvenir à la culture, cette culture qui doit amener les hommes vers le but de notre destinée, à savoir le sacre de l’humain, faute de cela donc, l’avenir ne peut que s’assombrir sous les effets de la mondialisation. Pour en revenir au directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, il faut noter la similitude des deux scénarios. D’abord, liaison avec une subordonnée mais sans abus de pouvoir selon les dires de l’intéressé lui-même. Ensuite, favoritisme (alors que Wolfowitz c’était une accusation de népotisme), sous forme d’un piston accordé à une jeune Française, fille d’un ami de la famille, ce qui exclut, selon DSK, l’accusation de relations sexuelles.


En ce qui concerne ce dernier, l’on n’en est donc pas arrivé à la remise en question de son poste directorial. Mais l’impression de repentance qui se dégage de ses déclarations laissent planer des menaces sur son avenir à la tête de l’illustre institution financière. Tout cela sans parler d’éventuelles complications au plan conjugal et au plan politique.


En effet, DSK est l’époux d’Anne Sinclair, journaliste qui tenait le haut du pavé dans le paysage médiatique français. A son mariage, elle avait dû démissionner d’une émission-clé de la programmation de TF1, à l’audience dominicale assez fournie. Elle a donc sacrifié une brillante carrière journalistique en faveur d’une union qui ne pouvait, donc, souffrir aucun écart. Las, la voilà humiliée dans ses sentiments devant le monde entier puisque les médias sont friands de tels déboires. Que l’on se souvienne de la souffrance endurée par Hillary Clinton trompée par son mari avec Monika Lewinsky, une fonctionnaire dans l’Administration américaine. Certes, Hillary Clinton avait fait contre mauvaise fortune bon cœur. Mais une telle blessure ne se cicatrise pas aisément.


 


* Un planning chamboulé


Au plan politique, les répercussions peuvent être plus graves. Tout d’abord pour le président Nicolas Sarkozy qui avait appuyé fortement DSK dans sa nomination à la tête du FMI. C’est certainement pour lui une grosse déception. Pour DSK les répercussions politiques ne sont pas moins graves.


Le planning politique de l’ancien ministre de l’Economie français comportait un retour en France dans la perspective des prochaines élections présidentielles. La perspective était prometteuse dans la mesure où Ségolène Royal, la candidate qui l’avait écarté de la course à l’Elysée, a perdu un peu de son aura dans le cœur des Français. Cette affaire vient à donc point nommé pour la revigorer.


En outre cette histoire —circonstance aggravante— a surgi en pleine crise financière, une crise aussi terrible que le jeudi noir de 1929. C’est dire donc que DSK n’est pas près d’en finir avec ce cauchemar.


 

Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com