Les jeunes et le sens de la solidarité : Aidons les autres, Dieu nous aidera !





«Donnant-donnant», tel est le principe chez plusieurs personnes. Normal, si nous évoluons dans un contexte où la matière règne ! Toutefois, ceux qui sont dotés d’un grand sens d’altruisme n’attendent pas de contrepartie. Ils aident les autres du mieux qu’ils peuvent sans jamais penser à la «rentabilité» de leurs actes. Ce qui prime pour eux, c’est de rendre justice, de réparer les préjudices et de se sentir utiles. Leur seule récompense est de voir le sourire se dessiner sur les visages des personnes qui les entourent. Les jeunes gens sont-ils justement solidaires les uns avec les autres ?


 


Tunis - Le Quotidien


Lorsqu’un élève s’absente, la majorité de ses camarades demandent de ses nouvelles. S’il s’avère être malade, plusieurs seront prêts à aller à son chevet. S’il a perdu un parent, nombreux sont ceux qui seront présents pour lui faire preuve de leur compassion. Plus encore, certains sont prêts à sacrifier une partie de leur argent pour venir en aide aux amis ayant des difficultés financières. De tels comportements sont à louer surtout par ces temps où les gens sont enclins à toujours faire des calculs. En effet, la solidarité et la générosité dont font preuve les jeunes ne peuvent que conforter pour l’avenir. Ces qualités juvéniles donneront naissance à une société solidaire et équilibrée puisque ce sont ces jeunes d’aujourd’hui qui porteront le flambeau de demain. Ce constat est confirmé par Khalil, 17 ans. Il pense qu’on est tous redevables de s’entraider. «Les œuvres de bienfaisance caractérisent les personnes civilisées et développées. Nous autres, arabo-musulmans, sommes censés être altruistes. Nous devrions être solidaires pour que le bien général règne. Hélas, rares sont ceux qui tiennent aux vertus de notre culture musulmane. Qui, à elle seule, nous inculque tellement de bonnes choses et nous incite à être charitables et solidaires. C’est justement la raison pour laquelle les Occidentaux nous dépassent à plus d’un titre. Pour ma part, je fais ce que je peux pour aider mes amis. Lorsque je vois quelqu’un appeler au secours, je cours lui tendre la main même si je dois m’exposer moi-même au danger. Lorsque je vois une vieille personne traverser la rue ou porter un lourd bagage, je lui propose mon aide même si je dois changer d’itinéraire. L’être humain, de par sa nature, ne se sent pas forcément concerné quand il voit quelqu’un souffrir d’une invalidité, de pauvreté ou d’une maladie! Pourtant, nul n’est à l’abri ! Si aujourd’hui on est bien et en bonne santé, on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir. Un jour, on sera vieux et faible. Si on aide les autres aujourd’hui, demain Dieu nous enverra quelqu’un pour nous aider à notre tour», dit-il.


 


Akrem, 17 ans, est du genre très solidaire avec les amis. «Autant que faire se peut, j’essaye d’être le plus solidaire et altruiste possible tant que je suis en mesure de le faire. Si je vois un de mes amis en train de se bagarrer, je ne vais pas perdre du temps à chercher qui a tort et qui a raison, je vais illico pour le soutenir. Si l’un de mes amis a besoin d’argent et que je suis en mesure de lui en filer, je ne vais pas chercher les raisons, je le fais c’est tout. Si l’un de mes camarades entre aussi en conflit avec un étranger, je vais le soutenir. Et je suis même prêt à courir des risques. Sinon à quoi bon d’être un ami, un vrai ? Notre conscience joue tout bonnement le rôle du rappel à l’ordre, si nous avons une disposition naturelle à faire le bien, on va écouter cette voix intérieure qui nous encourage à tendre la main aux autres. Il faut combattre l’égoïsme qui est en nous et tendre la main aux autres pour que les personnes nécessiteuses aient droit à une vie digne. Oublier un peu notre cupidité et penser à s’entraider est l’unique moyen de se retrouver tous comme un seul corps», dit-il.


 


Ismaïl 18 ans, semble avoir une prédisposition à faire du bien et se sent toujours solidaire avec ceux qui ont des soucis. «Je pense que la solidarité est un devoir avant toute autre chose. Lorsque je suis en face de quelqu’un qui souffre, je ne peux pas faire la sourde oreille. Je n’hésite jamais à rendre le sourire à quelqu’un et je ne crois pas que cela demande beaucoup d’efforts. Certains, font du bien pour avoir une certaine mainmise sur les plus faibles. Ils attendent toujours une contrepartie en retour. Une sorte d’esclavage enrobé dans un gant de générosité. Or celui qui donne ne doit jamais s’attendre à une récompense. On doit le faire pour que la société atteigne un certain équilibre. On ne perd jamais rien lorsqu’on vient en aide aux personnes nécessiteuses ou en détresse. Si on sacrifie une partie de notre argent pour rendre heureux d’autres, on ne perd rien. Nous ne sommes pas à quelques dinars près ! Et puis, notre plus grande récompense est de voir la souffrance des autres amoindrie», dit-il.


 


Marouane, 19 ans, défend également les bienfaits de la solidarité. «La solidarité, la fraternité, l’altruisme et la générosité ne sont pas seulement des actes de bienfaisance. Ce sont avant tout des devoirs qui permettront à toute la société de vivre de manière équilibrée et harmonieuse. Une personne pauvre, âgée ou dans le besoin, a le droit de vivre comme les autres et c’est de notre devoir à tous de l’aider. Personne ne peut garantir qu’il va être à l’abri du besoin durant toute sa vie. Si j’aide quelqu’un aujourd’hui, je trouverai sûrement quelqu’un qui me tend la main si je suis à mon tour dans le besoin, c’est la loi divine et ce n’est pas à discuter. Et puis, il faut se montrer humain ! Nous devons donner à manger à un animal affamé, que dire alors d’un être humain ! Je suis solidaire avec les personnes nécessiteuses et je n’hésiterai pas à me priver de ce que j’ai pour rendre le sourire aux autres. Le bénévolat est un ensemble de bonnes actions qui se fait de manière naturelle sans attendre aucune récompense ni contrepartie. Je ne peux pas fermer l’œil si je trouve un vieil homme malade sans repas ou une vieille dame délaissée par ses enfants. Je ne peux pas continuer à vivre normalement non plus si des jeunes comme moi ne trouvent même pas de quoi manger. Je fais de mon mieux pour les aider et même si je n’ai pas beaucoup d’argent à leur offrir, je fais en sorte de me montrer compatissant et solidaire avec eux. Ne serait-ce qu’avec quelques sous et à travers des mots tendres et un sourire sincère. Cela ne me coûte rien du tout mais leur fait beaucoup de bien», dit-il


 

Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com