«Chouyoukh Salatine Ettarab» : Chants sacrés, sacrés chants





«Chouyoukh Salatine Ettarab» a entamé depuis hier une tournée en Tunisie. La troupe syrienne qui a animé vendredi son premier concert, a rendu un vibrant hommage à Sabri Moudallal, un géant du tarab oriental, à travers cette tournée qui s’achève aujourd’hui au Théâtre Municipal de Tunis. Quand on parle du tarab oriental, on ne peut omettre de parler de Abdelkader Hajjar, Omar Batchi, Bokri Kordi, Sabah Fakhri et Sabri Moudallal, décédé dernièrement. C’est d’ailleurs à ce géant du tarab oriental et des «Mouachchahat» que «Chouyoukh Salatine Ettarab» rend actuellement un vibrant hommage. Car, Sabri Moudallal, cette figure de proue des invocations et chants sacrés de Damas et d’Alep, fut un guide et même un maître spirituel pour «Chouyoukh Salatine Ettarab». Tout au long du concert animé par la troupe syrienne, les musiciens ont visité les meilleures compositions de cette figure de marque de la musique syrienne. Au Théâtre Municipal de Tunis et en présence d’un public nombreux, la troupe syrienne, conduite par le maestro Samir Ajjoum a signé une prestation honorable et a enchanté l’assistance. Il y avait sur scène six instrumentistes et quatre interprètes chevronnés, en l’occurrence Omar Sabouni, Omar Sarmini, Abouda Hallaq et Samir Ajjoum. La soirée qui a commencé à 22h10 a embarqué les présents dans la chaleur des rythmes sacrés. Les musiciens syriens ont commencé par visiter des compositions de «Mouachchahat» syriens. Le tout était accompagné d’invocations et de paroles poétiques à connotation sacrée et mystique. Avec beaucoup de talent et de la manière, les vocalistes de «Chouyoukh Salatine Ettarab» ont reproduit des morceaux inspirés du style chansonnier des grandes veillées sacrées de Damas et d’Alep, avec une verve créative. Des «Mouachchahat» en passant par le tarab oriental ancien, on pouvait déceler ce cachet sacré, à la fois ancien et moderne. Il y avait dans la façon de produire de ces musiciens syriens une certaine fidélité à la religion, au sacré et à l’authenticité. Tantôt les vocalistes ont chanté en lançant au public des vers de poèmes à connotation élogieuse, tantôt, ils ont visité des invocations et des chants de louange au Prophète, dans un ton très vociférateur. Le Mawali au rendez-vous «Chouyoukh Salatine Ettarab» n’a pas voulu s’enfermer seulement dans les genres «Mouachchhat» et du tarab ancien. Parmi les compositions présentées, à cet effet figure le «Mawali», un genre musical moyen-oriental, très populaire en Egypte et en Syrie. Les quatre vocalistes du groupe se sont produits à tour de rôle sur la scène. Chacun d'entre-eux a interprété à sa manière les compositions de son choix. Le spectacle et la danse ont été au rendez-vous. Car Samir Ajjoum, qui dirige cette troupe, malgré son poids, et sa voix grave, mais agréable, a reproduit certaines gammes de danse. Comme dans les soirées populaires du «Mawal» Samir a dansé en reculant avec des applaudissements. Parmi les compositions visitées, on cite notamment «Khini Min Azabika», «Fal Makal» «Amana, mana», «Ya Jamil», mais aussi «Ya Tounes Al Açala», un morceau dédié à la Tunisie. Dans leur prestation, les vocalistes du groupe ont eu aussi droit à des applaudissements nourris du public. Créée en 1994, «Chouyoukh Salatine Ettarab», compte des dizaines de musiciens. La troupe syrienne a fait une tournée à travers plusieurs pays arabes et jouit d’une notoriété internationale. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com