Reconsidérer l’O.N.U…
De la pénurie alimentaire, en passant par la flambée des prix des matières premières et la crise financière, le monde cumule depuis quelque temps les déboires. Dieu seul sait quand va s’arrêter ce cercle vicieux d’événements affligeants qui alimentent les psychoses et suscitent des craintes et des appréhensions objectives et légitimes.
Au regard des enjeux considérables qu’implique de fait cette situation complexe et inédite, la communauté des nations se doit d’agir d’urgence et avec la célérité requise afin de trouver les solutions idoines et renverser la vapeur. L’Organisation des Nations unies qui vient de célébrer son 65e anniversaire est placée à cet effet aux premières loges. Fondée en 1945 en remplacement de la Société des Nations pour mettre fin aux guerres entre les pays et fournir une plate-forme de dialogue, l’ONU est une organisation internationale dont la charte est basée sur de nobles principes et objectifs consacrant la légalité internationale, la coopération dans les domaines du droit international, la sécurité internationale, le développement économique, le progrès social et les droits à l’homme. La question qui s’impose d’emblée est de savoir si l’organisation onusienne a réussi, depuis sa création, à s’acquitter pleinement de la mission de la plus haute importance qui lui est dévolue en tant que valeur refuge et garde-fou pour réguler les relations internationales et juguler, autant que faire se peut, les foyers de tension et les conflits. Sans vouloir jeter l’anathème, le bilan de l’ONU est plus que mitigé.
De nombreux observateurs avertis s’accordent à penser, en effet, que l’ONU n’a pas réalisé les objectifs escomptés, pour ne pas dire qu’elle a lamentablement échoué dans sa mission.
Les raisons de ce couac relèvent en fait du secret de Polichinelle. Le «Grand Machin», comme le qualifiait le général de Gaulle, est devenu en effet un simple instrument aux mains des grandes puissances pour imposer leur diktat et leur desiderata. Voire, une courroie de transmission des décisions prises dans d’autres sphères et autres lieux. Ne nous étonnons pas d’ailleurs si la légalité internationale en a pris un sacré coup et si la loi de la jungle et les décisions léonines régissent désormais les relations internationales.
L’état lamentable de la stabilité et de la paix dans le monde, interpelle l’ensemble de la communauté internationale. L’amélioration de la situation passe nécessairement par le renforcement de l’intégrité de l’ONU et surtout sa restructuration, devenue un impératif auquel on ne saurait se dérober davantage. Il importe aujourd’hui de donner à l’Organisation les moyens de son épanouissement et de son action.
A continuer à tourner autour du pot et reporter cette urgence, il y a risque à compliquer davantage la situation. Une situation où les pires scénarios sont malheureusement envisageables, quand le bon sens et la raison continuent à jouer aux abonnés absents…
Chokri BACCOUCHE

