Marchés financiers: La dégringolade se poursuit





Paniqués, les marchés financiers ont à nouveau dégringolé hier, craignant une récession profonde et durable, et ce, malgré tous les plans de soutien annoncés ces dernières semaines.


 


Le Quotidien-Agences


Hier les principaux marchés européens dégringolaient. Londres cédait 5,95%, Francfort 7,32% et Paris 6,92%, dans le sillage de Tokyo, qui a chuté de 9,6% en clôture, terminant au plus bas depuis plus de cinq ans.


Ailleurs en Asie, Séoul a dégringolé de 10,6%, Hong Kong de 8,3%, Shanghai de 1,92%. Bombay plongeait de 9,83%.


Les principaux marchés européens et asiatiques ont perdu environ la moitié de leur valeur depuis le début de l'année.


"Les investisseurs paniquent", a résumé un courtier à Séoul.


Des prévisions pessimistes, du côté des entreprises, et plusieurs indicateurs décevants ont justifié vendredi les pires scénarios.


L'économie britannique s'est contractée au troisième trimestre pour la première fois depuis 1992. Les analystes ont été surpris par l'ampleur de la baisse, -0,5%, alors qu'ils tablaient en moyenne sur un recul de 0,2%.


Très inquiétant pour l'avenir, l'indice composite des directeurs d'achats (PMI) pour les secteurs manufacturiers et des services de la zone euro a atteint en octobre son plus bas niveau depuis sa création il y a 10 ans.


Autre indice de la faiblesse du commerce international, le trafic aérien de marchandises a chuté de près de 8% en septembre, le plus fort recul depuis 2001.


Jeudi soir, le numéro un mondial des logiciels Microsoft a évoqué la probabilité d'un "ralentissement économique prolongé". Une entreprise américaine sur quatre prévoit de supprimer des emplois dans les douze prochains mois, selon une étude. Les mauvaises nouvelles se sont notamment accumulées dans le secteur automobile, dont les actions étaient massacrées vendredi en bourse.


En Europe occidentale, le constructeur français PSA Peugeot Citroen a prévu un "fort recul" du marché automobile "de l'ordre de 17% au quatrième trimestre" et "de 8% sur l'ensemble de l'année 2008", annonçant en conséquence des "réductions massives de production" au quatrième trimestre.


Les plans sociaux se multiplient, avec 850 suppressions d'emplois chez Volvo, 1.800 chez Chrysler, alors que Volkswagen pourrait se séparer de 25.000 intérimaires.


Dans un autre secteur, le spécialiste américain des photocopieurs Xerox prévoit 3.000 suppressions d'emplois dans le monde.


Le Japon s'inquiète tout particulièrement pour ses grandes entreprises exportatrices, pénalisées par l'envolée du yen en plus de la baisse des marchés occidentaux.


La deuxième économie mondiale a subi sa pire contraction en sept ans entre avril et juin (-0,7% par rapport au trimestre précédent), et beaucoup d'économistes considèrent le pays d'ores et déjà en récession.


L’Euro au plus bas


Hier, la monnaie japonaise s'échangeait à son plus haut niveau face au dollar depuis plus de 13 ans et depuis 6 ans face à l'euro.


Et la tendance à la baisse de l'euro pourrait encore s'accélérer, la Banque centrale européenne s'étant dite jeudi "en position de diminuer les taux sans ajouter de risques inflationnistes à moyen terme".


La devise européenne a d'ailleurs poursuivi hier sa dégringolade par rapport au billet vert, tombant sous la barre des 1,26 dollar et touchant en séance un plus bas depuis trois ans.


Autre pays exportateur, la Corée du Sud a vu sa croissance ralentir à son plus bas niveau depuis 2004. Le pays est touché par un ralentissement plus rapide que prévu de ses ventes à l'étranger.


L'ancien président de la banque centrale américaine, Alan Greenspan, n'a pas rassuré en déclarant jeudi soir que le marché du crédit vivait "un tsunami comme on en voit un par siècle".


________________________________


 


* L’Asie et l’Europe la main dans la main


Les dirigeants des pays asiatiques et européens, réunis hier à Pékin dans le cadre de l'Asem, ont annoncé leur volonté de consacrer leur sommet de deux jours à la recherche d'une parade conjointe et forte à la crise internationale. "Nous allons concentrer nos discussions sur les moyens de répondre à la crise financière internationale", a déclaré le Premier ministre chinois Wen Jiabao en ouvrant les travaux dans le cadre solennel du Palais du peuple, place Tianmanmen.


Prenant la parole à sa suite, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé à une action conjointe des deux continents.


"Dans cette enceinte, nous représentons trois cinquièmes de la population mondiale (60%) et nous produisons la moitié du PIB mondial. Une action conjointe de notre part peut faire la différence", a-t-il lancé.


"L'Asie et l'Europe doivent agir avec leurs partenaires pour restaurer la croissance, la stabilité et la confiance mondiales avec des politiques fortes et cohérentes", a ajouté Barroso, mettant également en garde contre toute tentation protectionniste.

Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE), a souhaité, lors d'un entretien bilatéral avec son homologue chinois Hu Jintao, que "soit mis à profit ce sommet de 43 pays pour préparer la réunion de Washington du 15 novembre".


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com