J.C.C. 2008: Juste une pensée pour Mustapha Fersi
Au programme des JCC 2008, une omission de taille. Un trou qu’il faut à notre avis se presser de combler avec clairvoyance. La nouvelle équipe à la tête des journées cinématographiques, qui s’ouvriront aujourd’hui, a oublié de lancer un petit mot de gratitude à un des piliers qui ont participé à bricoler l’histoire du cinéma tunisien et qui ont hissé pierre par pierre et avec art l’édifice filmique de chez nous. Mustapha Fersi, décédé en 2008, est un des pères fondateurs de la jeune Tunisie culturelle et qui n’est malheureusement pas sur la liste des hommages.
Les Tunisiens et les Tunisiennes ainsi que les cinéphiles les plus avertis s’attendent à beaucoup de choses croustillantes, colorées et mordantes dans les JCC 2008. Outre les rendez-vous du cinéma du monde que découvriront avec bonheur les amoureux du grand écran, il y aura une batterie de manifestations accompagnant la grand-messe biennale chapeautée cette année pour la première fois par une femme. Madame Dorra Bouchoucha est un profil connu de la place et qui fait sans aucun doute notre fierté nationale de par le monde.
Comme chaque session, on s’est donc bien préparé à l’avance pour l’événement qui va faire rythmer (et flamboyer) le Tout-Tunis en mettant le paquet et les bouchées doubles pour que tout se passe à merveille (et du moins comme on le souhaite). Et pour bien cerner le programme de ces journées de tous leurs côtés, il y a eu question de tout faire et le bien faire. D’après les murmures dans les coulisses des bureaux des JCC, il s’agit d’un pari et d’un défi pour toute l’équipe afin de mener à bon terme l’événement. Au programme, en marge des projections qui vont donner de la lumière à nos quelques salles d’ombre (les quelques unes qui font encore de la résistance pour ne pas éteindre les dernières bougies), des conférences et des rencontres avec les grands de chez nous et d’ailleurs, des négociations et des ventes de nouveaux produits filmiques et autres hommages à des hommes. Ceux qui ont gratifié le ciel cinématographique par leur imaginaire créatif. Et puisqu’on est dans les hommages des grands et des dignes, on ne peut qu’être navrés par les quelques omissions enregistrées. Nous pensons ici à feu Mustapha Fersi qui nous a quittés le 7 février 2008. Sur la liste de ces hommages, son nom, malheureusement, ne figure pas et quel dommage ! On aurait pu y penser un tout petit peu en lançant à sa mémoire une pensée de sympathie. Rien que pour tout ce qu’il a donné pour le rayonnement de la culture dans son pays. A-t-on oublié que, de son vivant, l’homme était directeur général au sein du ministère de la Culture ? A-t-on oublié qu’il était l’un des premiers fondateurs de la SATPEC ? A-t-on oublié qu’il était cet homme de tout terrain où il a travaillé comme réalisateur adjoint dans le film «Jha» où Omar Chérif a incarné un des rôles principaux ? A-t-on oublié que le défunt était derrière la découverte de Claudia Cardinale en intervenant en personne auprès de ses parents afin qu’elle intègre le cinéma ?
Le long parcours de Mustapha Fersi passe en revue une autre foule d’interrogations sur l’absence de son nom sur le programme de ces journées qu’il a gravées avec ses idées et son courage. L’histoire de notre cinéma est grandement colorée par le dévouement de ce grand monsieur omis par les siens. On aurait au moins pu mentionner son nom et honorer sa mémoire. Dommage !
Z. ABID

