Abdelaziz Ben Raïs : Révélation posthume





Avec le peu de matière à sa disposition, le professeur Khaled Lasram nous a offert un bijou appelé : “Abdelaziz Ben Raïs”. L’édition d’un livre est toujours un événement heureux dans le paysage de la création. Que dire de la parution d’un beau livre, qui plus est sur les arts plastiques. Après “Tunis naguère et aujourd’hui” de Zoubeïr Turki, Sud Editions se plaît dans ce nouveau genre un brin exigeant et nous gratifie d’un petit bijou intitulé “Abdelaziz Ben Raïs”, qui va trouver sa petite place sur les étalages de nos librairies et bibliothèques. Jeudi soir, il y avait foule à Dar El Jeld de la Médina de Tunis. Nous avons vu entre autres le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et son cortège officiel. L’occasion était aussi des retrouvailles et l’ambiance,fort conviviale. Comme au bon vieux temps. “Le nom de Ben Raïs m’était tout au début inconnu. Au fil de notre travail avec le chercheur et professeur Khaled Lasram, aidés par les nouvelles technologies et autres supports d’informatiques et les quelques collectionneurs, nous avons appris à aimer ce peintre, perdu de vue depuis une cinquantaine d’années. Nous n’avions pas assez de toiles. Il faut vraiment aller les chercher chez les mordus d’art. Nous avons trouvé chez les uns, un Ben Raïs, chez d’autres quatre, cinq ou douze Ben Raïs et nous avons collecté une soixantaine. D’ailleurs jusqu’à la veille de la publication, nous est parvenue une toile appartenant à un avocat, “La fille à la poupée”. Notre rôle est de valoriser la peinture de chez nous. Faites-le lire et offrez-le. Je crois que vous faites une bonne action”, a notamment dit Mohamed Masmoudi, patron de Sud Editions. Il était entouré de Khaled Lasram, auteur de l’ouvrage et qui enseigne l’histoire de l’art à l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis. Cet ancien de la Sorbonne qui affectionne le travail sur la peinture orientaliste française notamment celle de l’Egypte de la période de 1869 à 1914 nous prépare pour les jours à venir un ouvrage sur le premier portraitiste tunisien, Ahmed Ben Osman. “Je remercie l’éditeur qui a cru à mes recherches et m’a apporté tout le soutien afin de défricher le début de la peinture figurative chez nous. Mon travail n’est pas une simple biographie mais un travail approfondi sur les facteurs idéologiques, sociologiques et artistiques de cette époque de la première moitié du XXème siècle, et sur son insertion dans la peinture, sur son langage nouveau et significatif et sur le choix de ses sujets. Il y a deux jours, un collectionneur est venu me voir avec un carré d’un scène de plage et ça m’a touché. Le galeriste Moncef Msakni nous a prêté les deux originaux qu’on a accrochés ici-même. Je lance donc un appel pour que les collectionneurs se manifestent un peu plus. Ceci va pousser nos chercheurs à se mettre au travail pour réveiller d’autres talents que l’histoire a omis”, a précisé Khaled Lasram qui a voulu rendre un hommage posthume à cet “illustre-inconnu”. Abdelaziz Ben Raïs (1903-1962) était un sourd-muet. Mais sa sensibilité à son entourage était très développée et à fleur de peau. Il peignait tendrement et avec de petites touches les ambiances modernes et traditionnelles et sans jamais tomber dans “l’exotisme et le folklorisme”. Ses toiles dégagent beaucoup de sincérité. Pour les intéressés, le livre offre un bon continu rendant compte de la démarche de ce peintre, intermédée avec des analyses des lectures fondées. Ses 160 pages sont généreusement illustrées avec des toiles photographiées par Nicolas Fauqués. Quant à la jaquette, c’est un réel plaisir pour les yeux et une véritable invitation à la lecture. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com