Les jeunes et la culture : Les études seules ne suffisent pas…

«La culture est ce qui nous reste après avoir tout oublié». Si cette définition demeure une référence, la notion de culture est l’objet de nombreux sens et théories. En fait, pour élargir l’éventail de nos bagages, nous sommes censés développer nos acquis et accroître nos connaissances intellectuelles, littéraires, artistiques… Les jeunes cherchent-ils justement à avoir une culture générale riche et approfondie ?

Et comment pensent-ils y parvenir ?

 

Tunis-Le Quotidien

«Un tout complexe qui englobe les connaissances, les croyances, l’art, la morale, la loi, la tradition et toutes autres dispositions et habitudes acquises par l’homme en tant que membre d’une société». Telle est la définition de la culture selon Edward Burnet Tylor. Les jeunes, étant encore en phase d’apprentissage, ne peuvent donc pas atteindre la maturité culturelle. D’ailleurs, aucune modification spectaculaire des fonctions intellectuelles n’a lieu au cours de l’adolescence. Parce que la capacité de compréhension se développe graduellement. C’est durant cette période, en fait, que les pensées commencent. La capacité des jeunes à résoudre des problèmes complexes est, en fait, tributaire de l’accumulation des connaissances et de l’éducation qu’ils acquièrent. Plusieurs jeunes misent sur la culture afin de se bâtir une culture panachée.

 

Amira El Amri, élève de 19 ans, en fait partie. Elle tient justement à approfondir ses connaissances et à être toujours au diapason des nouveautés. «On ne peut pas se contenter des études et de l’enseignement si l’on aspire à une culture riche et variée. D’abord, personne ne peut garder en mémoire tout ce qu’on apprend en classe. Seules quelques idées, quelques notions et quelques passages restent. Ceux qui nous marquent. Ceux que nous aimons le plus. Mais en général, on oublie vite. Les études nous aident juste à sortir de l’ignorance. Et c’est à nous de faire le reste. Pour ma part, je ne rate aucune occasion pour approfondir mes connaissances et enrichir mes acquis. Toutefois, je ne peux pas prétendre tout aimer. Concernant certains secteurs, je me contente d’avoir des notions de base et quelques connaissances qui ne font pas de moi une personne ignorante. Par exemple, la politique et les mathématiques ne sont pas du tout mes dadas. En revanche, je suis toujours assoiffée de lecture. Le livre est mon plus fidèle ami. J’aime aussi tout ce qui a un rapport avec l’art. Je vais aux expositions de peinture, je suis toujours au rendez-vous pour la foire du livre, j’adore voir des pièces de théâtre et je suis une assidue des nouveautés technologiques», dit-elle.

 

Raja Babbou, 19 ans, pense que la culture s’enrichit avec l’âge et l’expérience. «Généralement, personne ne va à l’école pour se cultiver ! Nous allons en classe pour réussir à avoir un diplôme. Ce diplôme n’est pas un objectif en tant que tel. Nous le considérons comme l’unique moyen de trouver un emploi. Donc, personne ne va à l’école avec l’intention de tout retenir. D’ailleurs nous apprenons nos leçons pour réussir nos examens et non pas pour approfondir notre culture personnelle. Cela dit, si l’être humain aspire à un haut niveau de culture, il doit y mettre du sien. Pour ce faire, nous sommes redevables de lire, d’être au courant de ce qui se passe dans le monde et d’avoir une culture panachée et variée. Il faut avoir les notions de base dans tous les domaines. D’ailleurs on peut ne pas maîtriser tel ou tel domaine, mais on ne peut pas dire qu’on ne connaît absolument rien d’un secteur parce que nous sommes censés avoir reçu les notions de base dans tous les domaines durant notre parcours scolaire. Le reste est une question de penchants et d’aspirations personnelles. Moi, j’aime l’histoire, l’art, la littérature, les technologies, etc. Je suis donc redevable d’accroître mes connaissances ne serait-ce que dans ces domaines précités».

 

Hamza, candidat au bac de 20 ans, est de formation économique. Le jeune homme pense qu’on ne peut pas être spécialiste en tout, mais chacun est redevable au moins de bien maîtriser sa spécialité. «Je n’ai pas honte de dire que j’ai des connaissances très limitées dans le domaine de la littérature, de la poésie, de l’histoire, etc. En revanche, si je ne maîtrise pas l’économie et la gestion, il y a hic ! On ne peut pas dire que les études ne nous apprennent rien. Au contraire, c’est grâce à nos cours scolaires que nous arrivons à avoir des acquis. Et ce dont nous sommes moralement débiteurs, c’est de développer ces acquis et d’enrichir encore plus nos connaissances. Mais au fur et à mesure que l’on gagne en maturité, nous sommes également redevables d’avoir des connaissances globales qui touchent à tous les domaines de la vie. Toutefois, je pense que rien n’est à négliger. Les médias peuvent enrichir nos connaissances. D’ailleurs, on peut même apprendre plusieurs choses rien qu’en visionnant un film, ou à travers une émission radiophonique, un article journalistique, ou même une discussion interpersonnelle. L’essentiel est d’avoir l’humilité d’apprendre et la soif d’avancer».

 

Aymen, candidat au bac de 20 ans, trouve qu’une personne ne vaut pas grand-chose sans culture. «Nous sommes absolument redevables de développer nos acquis et d’approfondir nos connaissances. L’être humain ne peut pas évoluer s’il ne cherche pas continuellement et graduellement à s’améliorer et à s’enrichir. Pour ce faire, les études seules ne suffisent pas ! Il faut faire preuve de curiosité. Il faut avoir cette envie de dévorer des informations en plusieurs domaines, même ceux qu’on ne juge pas spécialement intéressants. On ne peut pas se contenter seulement des choses qu’on aime. C’est l’unique moyen de s’enrichir. Moi, j’écoute le journal télévisé, je lis des journaux, je vois des documentaires, j’écoute des émissions à la radio et tout cela me sert. Beaucoup».

 

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com